L’autre équation que doit résoudre la CGT

Lu dans la revue Ensemble !, (le mensuel des adhérents de la CGT) sous le titre "CGT et ONG : le climat se réchauffe." Quelques commentaires.

Lu dans la revue Ensemble !, (le mensuel des adhérents de la CGT)  "CGT et ONG : le climat se réchauffe."

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Invité dans une réunion sur le « new great deal » à Saint-Denis (93), Philippe Martinez résumait ainsi l’équation que doit résoudre la CGT. D’un côté, « sur une planète morte, il n’y a plus d’emplois » ; de l’autre, « si le choix pour sauver la planète, c’est de perdre son boulot, le discours syndical va être compliqué ».
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 Nous en sommes là depuis longtemps : d’une part, « il faut gagner sa vie » ; d’autre part, pour gagner sa vie, on peut être amené à accepter un travail pas toujours des plus reluisants éthiquement parlant. Mais même sans parler d’état d’âme (de conflits éthiques), on peut parler de travail alimentaire, sans véritable intérêt pour soi ou pour la société.

Mais voilà, le système économique et social actuel est ainsi fait. Pour vivre quand on n’est pas un rentier ou un grand patron, il faut travailler, participer à la vie économique, faire croître la part de richesses.

Hormis pour une minorité qui y trouve du sens, peu de monde ne trouve vraiment de plaisir à cela.

Il faut de plus reconnaître que la notion de « richesse » et la corrélation entre travail et richesse se sont gravement détériorées.

Exemple : quand je vois l’omniprésence de la publicité pour la gamme de voitures qu’on appelle SUV et quand je constate que ces campagnes portent leurs fruits (vénéneux), je suis sidéré. De la richesse çà ? Polluer l’air, encombrer nos rues, faire monter le thermomètre global ! De la richesse à courte vue qui assombrit un peu plus l’avenir de nos enfants.

Je me souviens d’un graffiti : « le travail est une pollution qui crée toutes les autres ». ça fait une trentaine d’années.

Il est toujours d’actualité.

Pour que les syndicats s’en emparent, il y a encore du chemin à faire. L’idée soulevée depuis peu de « double urgence climatique et sociale » (portée notamment  par la CGT) va dans le bon sens.

Mais de là à scier la branche (professionnelle) sur laquelle on est assis (et parfois, c'est ce qu'il faudrait faire), il y a encore du chemin.

Camarades, encore un effort !

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