Vers un (dé) Financement 2019 de la Sécurité Sociale

Le gouvernement a présenté le 26 septembre dernier son projet de loi de financement de la sécurité sociale(PLFSS). Commentaires syndicaux.

Le gouvernement a présenté le 26 septembre dernier son projet de loi de financement de la sécurité sociale(PLFSS). Voir  https://www.economie.gouv.fr/projet-loi-financement-securite-sociale-2019

C’est donc le Ministère de l’économie et du budget qui « pilote » ce dossier, alors qu’il relève normalement du Ministère de la santé, ce qui en dit long sur ses intentions. La suite de la présentation est édifiante. La simple visualisation des axes développés indique à quel point les questions de sécurité sociale sont soumises au diktat de l’économie.

 

« Confirmer la trajectoire de redressement des comptes sociaux  »

On pourrait se réjouir du retour à l’équilibre des comptes de la sécu – la fin du fameux « trou » de la sécu – sauf que cela se traduit par le renoncement aux soins de beaucoup de patients modestes. Un déficit organisé par le racket exercé sur les cotisations sociales qui ne cesse de se poursuivre depuis des années. Un retour à l’équilibre trouvé également par le transfert des prestations aux Complémentaires maladie, que beaucoup de patients ne peuvent se payer.


« Libérer l’activité économique, soutenir ceux qui travaillent et entreprennent »

Nous y voilà ! Il s’agit pour le gouvernement de pérenniser les allègements de « charges patronales ». Or, les « charges patronales » sont des cotisations, une part socialisée du travail (c'est-à-dire du salaire). L’augmentation de la CSG, proposée en contrepartie des « baisses de charges » (voire présentée comme améliorant le pouvoir d’achat des salariés, au détriment des retraités) met en évidence la mainmise de l’État sur la Sécurité Sociale, grande conquête sociale arrachée par la lutte des travailleurs pour permettre à tous les citoyens de faire face aux aléas de la vie.

 

« Protéger les plus vulnérables »

De qui se moque le gouvernement ? D’emblée, il explique qu’« Il fait le choix de modérer la progression des dépenses sociales en revalorisant à 0,3 % en 2019 et en 2020 les allocations sociales. Les moyens dégagés en faveur des prestations accompagnement les plus fragiles et celles permettant l’insertion dans l’activité seront ainsi redéployés. Les prestations ciblées sur les plus fragiles bénéficieront de revalorisations exceptionnelles ». Or, le taux d’inflation (source Insee) dépassera en 2018 les 2%. Drôle de revalorisation !

En clair, le gouvernement déshabille (beaucoup) Paul pour habiller (un peu) Jacques. Et on peut se douter que ce « ciblage des plus fragiles » se fera par des procédés des plus humiliants.

 

« Investir pour transformer notre système de santé »

N’aurait-il pas fallu commencer par là ? Développer la prévention, lutter contre les addictions aux psychotropes, trouver une meilleure cohésion entre médecine de ville et hôpitaux, très bien. Mais ce projet de loi reste très en deçà des besoins, notamment en personnels médicaux (hôpitaux, EHPAD).

La santé ne peut être traitée comme une donnée comptable ! Elle mérite un peu de hauteur de vue et donc un réel investissement pour faire face aux besoins des personnels et des patients.

 

(Extrait d'un tract CGT dans ma boîte, auquel j'ai contribué)

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