Rouages ?

Commenter les tweets (ici du secrétaire d'Etat Gabriel Attal) n’est pas dans mon habitude, mais parfois ils révèlent tant de cynisme qu’il est nécessaire de dénoncer un état d’esprit.

J’ai relevé ceci (rapporté par le Canard Enchaîné du 6 novembre dernier) :

Tweet du sous-ministre Gabriel Attal (30/10) : « Si l’Etat gérait ce que font les 70 000 bénévoles des Restos du cœur, cela coûterait 200 millions d’euros par an. Les associations ne sont pas un coût mais une chance. Pour notre pays et notre économie. Elles représentent aussi des ‘’coûts évités’’ pour l’Etat ».

Il ne s’agit en rien ici d’une quelconque « reconnaissance », mais d’une instrumentalisation du monde associatif, assimilé à un simple rouage de l’Etat permettant d’assurer la paix et la cohésion sociale, mises à mal par le néolibéralisme, c’est-à-dire le capitalisme.

Il en va de même avec le syndicalisme, ramené à un simple « partenariat social ».

Il est heureux que la solidarité s’exerce hors de l’Etat, duquel il serait vain de tout attendre. Mais il faut se mettre en tête que l’Etat est à son propre service  et à celui du système capitaliste. Dès que l'expression des solidarités le dérange, il va manier la répression, comme c’est le cas avec les personnes et associations solidaires des migrants ou des personnes mal-logées.  D'une manière générale le mouvement social.

Ce n’est pas à nous de voler au secours de l'Etat et lui permettre de voler les prolétaires pour servir les riches.

Tout au plus pouvons-nous lui présenter des revendications. Et ce sont toujours par les rapports de force que nous (et nos ancêtres) avons obtenu gain de cause. Non pas par une quelconque gentillesse des pouvoirs constitués.

Alors, les déclarations de ministres prétendant faire l’éloge du monde associatif ou syndical, il faut au minimum s’en méfier et dénoncer leur démagogie.

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