Le mépris des peuples est leur handicap

Le mouvement citoyen et sa marche paisible, souvent festive, toujours pacifique, donnent l’impression d’une sorte de catharsis de tout un peuple, pas seulement pour se libérer de la peur, mais pour libérer leur patrie du mal qui la poursuit depuis la colonisation et bien au-delà

A la coupole du 5 juillet, le 9 février 2019, l’effigie de Président a été présentée comme office de candidat à un 5e mandat ! Il faut avoir un fort ressentiment  pour vouloir mépriser tout un peuple en osant présenter un grabataire qui a des difficultés à prononcer un mot  depuis son AVC de 2013 pour une présidentielle.  Cet acte criminel est la marque de ceux qui on commandité l’assassinat de Boudiaf le premier coordinateur du FLN  de tous les Révolutionnaires, de millions d’indigènes et de centaine de citoyens.

Le mouvement citoyen est en premier une dénonciation de ces criminels. Son nombre ne pouvait être qu’impressionnant. Il a été un vendredi de l’ordre de 23 millions.  Sa marche paisible, souvent festive, toujours pacifique donne l’impression d’une sorte de catharsis de tout un peuple, pas seulement pour se libérer de la peur mais pour libérer leur patrie du mal qui la poursuit depuis la colonisation et bien au-delà.

 On voit que ce n’est pas seulement de la démission du président qu’il s’agit mais de l’extraction  des racines du mal et non le mal uniquement.  L’emprisonnement pour délit d’opinion empoisonne ce mouvement comme la date du 12 décembre et prouve que le mal résiste et que la catharsis doit donc se poursuivre.

L’élection présidentielle  avec les mêmes attributions que celles du président précédent fait du 12 décembre un jalon pour officialiser le candidat  qui doit poursuive la même  politique du  Grand Capital, sous la dictée des gouvernements étatsuniens, israélien, français émirati et saoudiens.

 Malgré les crises, économiques et financières, dont les résultats sont ces  guerres incessantes, la privation du minimum vital à des populations toujours plus nombreuses, s’ajoute la pollution qui met en danger les océans, les mers, les fleuves et l’air des villes ; les intellectuels de la bourgeoisie font de la concurrence dans l’économie de marché, l’équivalent de la sélection naturelle du monde animal pour ancrer dans les esprits des décideurs que le capitalisme est naturel et que par conséquent il n’a pas d’alternative ! Leurs patrons sont de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches,  font taire ou chahuter  toute voix discordante.  Ils prennent donc soin d’interdire l’enseignement et la diffusion des idées et réflexions  de ceux qui prouvent science à l’appui que l’évolution ne peut se faire que par le dépassement d’un tel système politique.

 Pour preuve, Ils n’enseignaient pas la lutte de classe et n’enseignent toujours pas les dernières études de la sélection naturelle de Darwin. Leur programme prend bien soin d’élaguer les dernières  observations du savant, contenues dans son dernier livre « La filiation de l’homme » où il prouve que l’animal lui-même  à tendance à évoluer vers la protection du plus faible, contrairement aux dirigeants du monde actuel et à l’enseignement de leurs professeurs. Leurs mentors encouragent les racismes, cultivent l’eugénisme pour justifier le mépris des peuples

  « Echaab r’khiss », le peuple est méprisable pensent les féodaux, les  bourgeois, ceux qui naissent riches,  les traitres à leur société et les inconscients.  Le grand capital a opté en ce qui concerne l’Algérie d’affaiblir la Sonatrach pour livrer nos richesses naturelles  aux occidentaux  et nous maintenir dans les conditions de l’indigène. La mission des gouvernants est d’offrir à leur maitre, le Grand Capital,  les richesses du pays en contre parti du pouvoir local.

 Les algériens partagent plus d’un trésor en commun. Citons quelques uns : la patrie de Taghfarinas, de la Kahina, de Tabou…  l’amazighité de Mamri, l’islam d’Ibn Badis, la République de Boudiaf et les richesses naturelles payées au prix du sang de un millions et demi d’algériens.  Il est donc interdit à quiconque de s’y frotter sans finir par perdre son âme. Y toucher, équivaux à une déclaration de guerre au peuple à l’instar du système politique depuis des décennies et du  FIS des années 90. Malgré quatre mandats,  vingt ans de règne Bouteflika n’est pas parvenu à achever la mission qui lui a été confiée, celle d’affaiblir la Sonatrach  au point de  livrer les hydrocarbures algériens aux majors. C’est ce dossier que Bouteflika n’a pu mener à terme et qui a été certainement la cause de son AVC.

Au 34e vendredi, on entendait deux nouveaux slogans : « jibdoulou les dossiers tahakmou l’AVC »  (montez lui les dossiers il chopera un AVC) et « Dirilou la pression tatla3lou la tension » (maintenez la pression il aura l’hypertension)

La loi sur des hydrocarbures serait-elle un de ces dossiers sachant que sa programmation dans l’urgence et dans l’état actuel était imprévisible !

On remarque, contrairement aux vendredis précédents qu’à ce 34e, il n’y a ni interpellation, ni arrestation et comme d’habitude les manifestants exigent le départ des oligarques, la libération des détenus pour délie d’opinion, condamnent la répression et particulièrement celle du mardi passé sur les étudiants et pour la première fois, se penchent sur un volet économique en apparence car en réalité, il est éminemment politique en condamnant  le projet de loi sur les hydrocarbures ce dimanche 13 octobre par une forte mobilisation le jour même ou le gouvernement se réunissait pour l’adopter.

A la lecture du projet et contrairement a ce qui a été répandu, la loi mentionne dans son article 9 que « les titres miniers ne confèrent pas le droit de propriété du sol ou du sous-sol » Par contre elle donne la nette impression que si ce n’est pas de la privatisation du sol et du sous-sol qu’il s’agit, elle est celle de toutes les activités du secteur. Je n’ai qu’un seul argument à avancer, celui de constater que cette loi englobe tout comme si le gouvernement et d’autres institutions de l’Etat n’existaient pas. En sus, elle attribut au ministre de larges  prérogatives particulièrement sur les concessions ! La privatisation n’est pas du côté ou on l’attendait « ya hanech » surtout que « L’exercice des Activités des hydrocarbures constituent 1 acte commercial »  comme mentionné dans l’article 10 de la loi. En un mot cette loi ne brade pas en faveur des étrangers mais en pour la privatisation du secteur. Le souci de l’investissement étranger affiché dans les média comme la raison majeur de la nouvelle loi apparait comme un autre leurre car le problème n’est pas dans la loi précédente mais dans la politique d’un pouvoir corrompu, qui a affaiblit les entreprises et particulièrement la SONATRACH et des institutions comme le Conseil national de l’énergie !

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