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Billet de blog 28 août 2021

De Mohamed Boudiaf à Djamel Bensmaïn

Aujourd’hui, n’est-il pas temps de nous demander, si nos constantes ne sont pas porteurs de maux et si au lieu de combattre les germes, nous en avons cultivés d’autres.  Dans les réseaux sociaux beaucoup de haine est déversée sur nos héros. Il y a rarement des critiques sur les lois et les mythes.  Pourquoi ?

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 Les chefs d’inculpations de la justice pour les 92 accusés, pour le moment, sont « homicide volontaire, lynchage et immolation par le feu d’un cadavre, violation de l’enceinte d’un poste de police, appartenance à un groupe terroriste et actes de vandalisme portant atteinte à la sécurité de l’état ». Si on s’arrête un instant sur le dernier chef d’inculpation car il devient comme un leitmotiv de la justice. Il est légitime aujourd’hui de rappeler que les causes de l’insécurité de l’Etat sont à la fois issus des mauvaises lois et de leurs pratiques qui ont donné : FIS + Bouteflika= Larbaâ. Si le FIS massacrait les populations avec le consentement de certains citoyens et les adeptes du qui-tue-qui  Boutef est l’homme du mépris, du racisme et de la hogra qui a tiré la société vers le bas pendant vingt ans. Le hirak  put prémunir le pays du 5e mandat.

 Par la suite ce mouvement populaire n’avait pas les moyens de faire face à deux adversaires à la fois. L’un le cernait pour limiter son champ d’action et l’autre le tarabustait sans cesse et l’empêchait de durer, peur qu’il puisse le mordre un jour.  La fin du Hirak a donc été un demi-échec et c’est cette moitié de victoire populaire que la Réaction a voulu damer le pion à Larbaa Nath Irathen dans une Algérie qui brule, voisine d’un Maroc colonial allié au sionisme.

Aujourd’hui, n’est-il pas temps de nous demander, si nos constantes ne sont pas porteurs de maux et si au lieu de combattre les germes, nous en avons cultivés d’autres.  Dans les réseaux sociaux beaucoup de haine est déversée sur nos héros. Il y a rarement des critiques sur les lois et les mythes.  Pourquoi ? La réponse ne peut être correcte que si on prend en compte, le principe suivant : une puissance impériale n’admet jamais sa défaite et surtout le démenti que l’’indigène est un animal. Il ne peut donc jamais être un  vainqueur de la France et de l’OTAN ! Elle s’y attelle, sans discontinuité  pour revigorer son racisme dans les régions qu’elle occupait. Elle assassine une deuxième fois nos valeureux résistants, nos révolutionnaires par ses propres enfants en distillant les mensonges h24 sur tous les écrans.

On sait que dans sa tentative de  génocide et pas que, le colonialisme était accompagné par l’Eglise. Pour le combattre, la réponse, pour certains, semble être, celle de se faire accompagner pas la mosquée, sauf que ceux qui empruntent la méthode de l’ennemi, dans ce domaine,  lui empruntent son âme ! Larbaa Nath Irathem est  la preuve la plus récente.

La guerre des mémoires fait partie de la panoplie de cette guerre perpétuelle, que nous livre la France bourgeoise, fille de l’Eglise. Un indice. On cache, à ceux qui traitent l’Emir Abdelkader de  traitre,  sa victoire, contre le génocide de notre peuple, par la France impériale. Il ne pouvait vaincre cette puissance dont le but était la colonisation de peuplement, mais il a su neutraliser son premier objectif. Dans ce cas, la Réaction relate l’impuissance de l’Emir en l’arborant d’anecdotes pour mieux gommer sa victoire et elle fait mieux, elle en fait un traitre aux yeux des déscendants des féodaux, ceux là et d’autres, qui lui étaient hostiles lors de sa longue résistance ! Un autre indice. Pourquoi les services secrets occidentaux et particulièrement français ne sont jamais cités, même pas soupçonnés, dans les assassinats de nos leaders avant et après l’indépendance alors que c’est leur premier objectif, leur raison d’être, particulièrement pendant la période de la lutte de libération ? Les archives ne sont pas maintenues secrètes, en France et en Algérie, à ce jour, pour des prunes.

Revenons à Larbaâ. On ne peut pas vivre un moment d’inhumanisme, que je n’ose pas qualifier de bestial car, dans l’instant, ce n’est même pas des animaux, cette foule ensauvagée, à la fois klukluxklanée sans masque, fissisée sans barbe hirsute, d’algériens ; sans mettre en doute, le niveau de notre conscience collective et particulièrement celle de la police.

 Etait-il  nécessaire de décréter qu’on est  arabe, musulman en 1963 ?

Pendant des siècles nous avons pratiqués l’islam, et forcément l’arabe qui nous appris que la religion est dans la foi et donc une pratique individuelle, personnelle et beaucoup d’autres choses encore  avec le temps forcément. « Dieu est grand » par exemple, que lance parfois les combattants face aux soldats de l’Armée d’occupation, lors de la lutte de libération est  un cri de guerre, que certains cinéastes mettent en valeur pour faire croire que notre lutte de libération n’est pas contre le colonialisme mais contre le Chrétien ! Encore un indice de la néocolonisation  et de la Réaction qui nous mène forcément à Larbaa Nath Irathen, à Djamel, à Boudiaf et tant d’autres victimes de l’obscurantisme que cultivent certaines lois de la République et les partis politiques qui prônent l’islamisme et le séparatisme à l’instar de RACHAD et du MAK. Notre politique étrangère est passée à l’offensive, avec l’interruption diplomatique avec le Maroc. Ce n’est pas un hasard que cette offensive ait débuté par la dénonciation de deux partis extrémistes. Faut-il attendre un contentieux avec l’étranger pour voir l’Etat se tourner vers les partis politique qui ne cachent pas leur sympathie aux « Frères musulmans » ces portes paroles de la Réaction du monde dit arabo-musulman ?

Pour Boudiaf nous ne savons toujours pas pourquoi  Boumaarafi n’a pas été neutralisé avant son forfait si c’est bien lui l’assassin qui a lancé la grenade avant de s’appliquer à fusiller le Président et toute la salle ? 

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