Le bac, un produit certifié de qualité

Dans un communiqué de presse envoyé pour les résultats des bacs généraux et technologiques, tombés aujourd'hui , le Rectorat de Créteil écrit l'information suivante :« L’organisation du baccalauréat 2008 fait l’objet, pour la première fois, de la certification ISO 9001-2000. Obtenue par le Service interacadémique des examens et concours (SIEC) en 2007, cette certification permet de sécuriser les différents processus qui concourent au déroulement du baccalauréat.
Dans un communiqué de presse envoyé pour les résultats des bacs généraux et technologiques, tombés aujourd'hui , le Rectorat de Créteil écrit l'information suivante :
« L’organisation du baccalauréat 2008 fait l’objet, pour la première fois, de la certification ISO 9001-2000. Obtenue par le Service interacadémique des examens et concours (SIEC) en 2007, cette certification permet de sécuriser les différents processus qui concourent au déroulement du baccalauréat. Par exemple, l’élaboration comme la diffusion des sujets n’a été entachée d’aucun incident.
Une enquête de satisfaction est également diffusée auprès des candidats, des chefs d’établissements et des enseignants pour en améliorer l’organisation l’année suivante. »
Pourquoi pas ? Peut-être que remplir les critères de cette certification permet d'améliorer l'organisation du bac. Si on peut éviter des erreurs, tant mieux.
Mais, comme on peut le lire sur www.iso.org/iso/fr/management_standards.htm, la norme ISO 9001 est un ensemble de certifications qui s'adressent à des entreprises, organismes et autres services publics, afin qu'ils puissent mieux répondre aux attentes de leurs clients.
Cette norme a pour but de « donner l'assurance de la capacité de répondre à des exigences qualité et d'augmenter la satisfaction des clients dans les rapports clients-fournisseurs. ».
Et dans l'article détaillé, il est expliqué : « La norme ISO 9001:2000 fournit un cadre bien éprouvé pour adopter une approche systématique de la gestion des processus d'un organisme de façon à ce qu'il produise régulièrement des produits qui répondent aux attentes des clients ».
On a dès lors l'impression que le bac est un produit parmi d'autres. Le fournisseur, SIEC, le livre aux clients, c'est-à-dire aux différents acteurs de l'examen (candidats, enseignants et chefs d'établissements) et assure le service après-vente grâce à l' « enquête de satisfaction ». Au delà du glissement sémantique, du lexique économique vers la sphère éducative, ne trouve-t-on pas un nouvel exemple d'une dérive marchande de l'Education?

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