Langue des signes au bac: peut mieux faire

Ils seront 188 à passer l'épreuve de langue des signes française (LSF) à la maison des examens d'Arcueil le 11 juin. Parmi les candidats, Camille. Ce jeune Francilien baigne dans la langue des signes depuis la naissance de sa petite soeur, malentendante.
Ils seront 188 à passer l'épreuve de langue des signes française (LSF) à la maison des examens d'Arcueil le 11 juin. Parmi les candidats, Camille. Ce jeune Francilien baigne dans la langue des signes depuis la naissance de sa petite soeur, malentendante.
« Depuis la loi de février 2005 sur l'égalité des droits et des chances pour les personnes handicapées, explique-t-il, la LSF est reconnue comme une langue à part entière, et depuis octobre 2007, ceux qui le souhaitent, peuvent la passer comme épreuve au bac ». Cela n'est valable que pour les trois bacs généraux, S, L et ES et pour le bac technologique hôtellerie. Les candidats « auront un texte ou une image à commenter puis devront répondre aux questions qui leur seront posées à partir du document présenté ».
Camille n'espérait même pas pouvoir passer la LSF en option au bac. "Je pensais que la décision arriverait après que j'ai quitté le lycée". Il considère cette décision comme « un grand progrès », même s'il reste «de nombreuses imperfections à corriger. »
C'est seulement en octobre, soit un mois après la rentrée scolaire, que la possibilité de passer la LSF au bac a été notifiée au Bulletin officiel. De plus « j'ai appris qu'on pouvait la présenter au bac grâce à ma mère, qui travaille dans une association d'aide aux sourds. Il n'y a pas eu d'information à grande échelle. On l'a su seulement par le bouche à oreille ». Ce que Camille déplore surtout est « l'absence de professeurs pour enseigner la LSF à ceux qui le souhaitent ». A l'Education nationale, on reconnaît cette absence de professeurs, soulignant simplement qu' « on peut faire des regroupements d'élèves en fonction des demandes et leur fournir un professeur ». De plus cette année n' est qu' « un début, à la rentrée prochaine on fera en sorte qu'on puisse présenter cette option dans toutes les séries technologiques ». En attendant, la mère de Camille, remarque que « pour le moment apprendre la langue des signes coûte très cher. Cette mesure est un premier pas mais beaucoup de progrès restent à accomplir ». Ces progrès seront peut-être évoqués lors de la conférence nationale sur le handicap qui aura lieu mardi 10 juin, d'autant plus que cinq malentendants ont décidé de se mettre en grève de la faim à partir du lundi, pour « sauver la Langue des signes française et pour protéger la culture sourde »
http://www.oss2007.net/

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