Reculer le bac d'une semaine n'a pas servi à rester en cours

Lors de sa conférence de presse du lundi 3 de ce mois-ci, sur la « reconquête du mois de juin », Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, a expliqué que le bac a été reculé d'une semaine cette année « par rapport au calendrier habituel, pour allonger, partout en France, le temps d'apprentissage de nos élèves ».
Peut-être que les lycéens des 15 départements pilotes, qui expérimentent, la « reconquête du mois de juin », ont effectivement gagné une semaine de cours. En revanche, ailleurs, ce n'est visiblement pas le cas, notamment dans l'académie de Créteil. Selon Dominique Chauvin, du SNES (premier syndicat enseignant dans le seconde degré), aucun lycée de l'académie n' a fait sortir ses élèves une semaine plus tard que les années antérieures. La raison en est simple. « Les dates du bac ont été reculées mais pas les autres. Par exemple, celles des conseils de classe des secondes sont restées les mêmes que les années antérieures. Les secondes sont sortis fin mai, début juin comme d'habitude ». A l'Education nationale on botte en touche, expliquant que dans les départements autres que ceux qui expérimentent la « reconquête du mois de juin », les proviseurs ont fait ce qu'ils ont pu.
Ainsi, au lycée La Mare Carrée de Moissy-Cramayel, les secondes ont quitté l'établissement le 30 mai parce-que, rappelle Dominique Chauvin, « leurs conseils de classe devaient être bouclés pour le 5 juin ». Il faut effectivement qu'entre les conseils de classe et le début des écrits du bac, les parents qui contesteraient les décisions prises au conseil aient le temps de rencontrer le proviseur. Ils peuvent ensuite faire appel de la décision qui concerne leur enfant s'ils le souhaitent. Dans ce cas, le lycée met en place une commission d'appel qui se déroule obligatoirement avant les écrits du bac. Après, les professeurs sont mobilisés pour l'examen. Au lycée La Mare-Carrée, la commission a eu lieu vendredi 13 juin tandis que l'épreuve de philosophie commence le 16.

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