#OpenEurope : la réaction citoyenne

Le Club a lancé un appel à contributions, le 1er juillet, pour « Ouvrez l'Europe #OpenEurope », l’opération que Mediapart a initiée pour rendre compte du drame des migrants, en partenariat avec sept journaux tunisien et européens et plusieurs collectifs, associations et ONG. Témoignages, interpellations, informations en France et à l’étranger, analyses, informations pratiques, retrouvez ici les billets à ne pas manquer.

Le Club a lancé un appel à contributions, le 1er juillet, pour « Ouvrez l'Europe #OpenEurope », l’opération que Mediapart a initiée pour rendre compte du drame des migrants, en partenariat avec sept journaux tunisien et européens et plusieurs collectifs, associations et ONG. Témoignages, interpellations, informations en France et à l’étranger, analyses, informations pratiques, retrouvez ici les billets à ne pas manquer.

La participation citoyenne est constitutive de Mediapart et pour ce projet éditorial, il nous a semblé qu’elle devait même en être le moteur, l’objectif d’#OpenEurope étant de rendre compte du drame des migrants et de relayer les initiatives de solidarité dans toute l’Europe. « L’ambition est de raconter comment, loin des discours des responsables politiques, peuvent s’organiser des dynamiques de solidarités dans les sociétés européennes. Des associations, des collectifs, des citoyens isolés, constitués de migrants/réfugiés notamment sont des acteurs essentiels de cette chaîne de solidarité », écrivions-nous dans notre appel.

Et nous n’avons pas été déçus ! Témoignages, interpellations, nouvelles locales en France et à l’étranger, analyses, informations pratiques, vous avez été nombreux à répondre à notre appel.

Vous trouverez ici quelques billets significatifs de ce formidable élan de solidarité. Encore désolée pour les billets qui n’ont pas été sélectionnés, mais cette synthèse n’est qu’une mise en bouche. Tous les billets #OpenEurope sont à retrouver ici

Témoignages 

  • Activiste syrien de 28 ans, originaire de Douma en banlieue de Damas, Majd Aldik a fui la Syrie fin 2014 pour se réfugier en France. Il a publié de nombreux billets cet été, en français et en arabe. Extrait de son dernier texte, intitulé « Notre identité meurtrière - هويتنا القاتلة », une fiction très inspirée où il imagine le calvaire que vivrait une personne « née du bon côté » voulant entreprendre une traversée en mer pour rejoindre la Syrie.

Extrait : « On devra nager un peu pour rejoindre le bateau. Le passeur n’osera pas s’approcher du rivage. Une fois là-bas, je te hisserai à l’intérieur de l’embarcation. Ce n’est pas la peine que tu me tendes la main en retour, j’ai l’habitude de faire ça. Tu vas sentir la mer se répandre à tes pieds. Tu vas avoir l’impression de te noyer. Le passeur va brandir son couteau et menacer de couler la barque si jamais des garde-côtes se manifestent. Il est possible aussi qu’il te dépouille de tes derniers biens.

  • À noter aussi, le texte collectif de citoyens et journalistes militants, à Vintimille. L’ambition de ce témoignage étant explicitée dès le début de ce long billet très documenté. « Face à l’absence de médias à la frontière franco-italienne fin juillet-début aout 2015, nous voulions écrire pour “percer l’actualité”. Mais les journalistes sont revenus en masse début août. Il n’y a plus d’écran à percer, mais plutôt une contre-histoire à réécrire. »

Extrait : « A ceux qui me répètent qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde " Parce que je n'en peux plus d'entendre, à chaque fois que je dis que je travaille dans l’accompagnement des demandeurs d’asile “Mais il sont vraiment trop nombreux, non ?” “Déjà que la France est un des pays les plus généreux en Europe…” et autres “La France ne peut pas  accueillir toute la misère du monde”... j'ai décidé d’écrire ce texte, pour contenir ma frustration, mon indignation qui croît chaque jour en entendant les politiques nous abreuver de chiffres hors contexte censés nous démontrer que nous sommes une forteresse assiégée, et contenir ma tristesse de voir notre gouvernement de “gauche” si tétanisé par l’influence de l’extrême droite dans le champ politique qu'il finit par rentrer dans son jeu… »

Interpellations et appels

Depuis juillet, le Club a reçu de nombreux appels et interpellations de politiques.

  • Le collectif citoyen, La Chapelle en Lutte est partenaire de  #OpenEurope depuis le début. Il a publié de nombreux témoignages, analyses, dessins, photos, vidéos pour raconter la mobilisation des soutiens et des réfugiés à la Halle Pajol et à Austerlitz. Le 25 août, le collectif a posté une interpellation au ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve.

Extrait : « Permettez aux citoyens que nous sommes de nous préoccuper du sort de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes, qui sont sur notre sol, et que vous appelez migrants. Permettez-nous de vous dire : l'idée que la fermeture des frontières puisse limiter les flux migratoires est irréaliste et criminelle et méconnait complètement la réalité des migrations. Ceux qui fuient la guerre, les catastrophes climatiques et la misère économique ne reculeront pas devant les murs que vous vous obstinez à construire. Ainsi, la politique qui tend à confier à FRONTEX la mission de protéger la forteresse européenne ne suffira pas à faire reculer l'histoire. Ni les êtres qui y participent. C'est par une refonte totale de la politique migratoire française et européenne, et non par une approche exclusivement sécuritaire, que des solutions dignes et pérennes pourront être trouvées. »

  • La mobilisation citoyenne autour des migrants a aussi eu lieu hors des  associations traditionnelles et des partis politiques. À l’instar de cet appel/pétition en faveur de l'accueil des réfugiés, relayé par JOBOUSSION, le 2 septembre. 

Extrait : « Alors nous vous le disons simplement : nous voulons accueillir les réfugiés. C’est notre devoir d’humains, de citoyen-ne-s. C’est le devoir de nos élus de mettre en œuvre cet impérieux élan d’assistance. Nous ne supportons plus, comprenez-vous ? Nos sœurs, frères en humanité nous appellent à l’aide et nous ne supportons plus le silence qui leur répond. »

Informations locales en France et ailleurs

Je vous signale ici quelques billets, publiés cet été, qui racontent la situation des réfugiés et de leurs conditions de (sur)vie.

  • À Calais :

Le Bidonville de Calais est-il en France ? de MADY DENANTES

Extrait : « Laurence Thibert, Hannane Mouhim et Mady Denantes, infirmières et médecin de la maison de santé pluriprofessionnelle de Pyrénées Belleville à Paris accompagnées de Pascal Teulade avons répondu à l'appel de Médecins du monde pour apporter notre aide à Calais. Et « nous avons été abasourdis, choqués par ce que nous avons vu ».

Et aussi : Calais : du déguerpissement à la concentration de PHILIPPE WANNESSON

Ou encore : Calais : sociologie d’un bidonville dans l’impasse calaisienne de FRANÇOIS G

Extrait : « Depuis quelques mois, je rencontre des migrants, parce que je veux recueillir leurs paroles, parce que ça m'horrifie qu'on parle de migration en terme de masse, poids et agglomérat... Je ne sais pas ce que je vais faire de ces témoignages, je les dépose là en attendant… »

Tilos, île des migrants (et réfugiés) de DOMINIQUE DUPART 

Extrait : « Cet entretien réalisé par Dominique Dupart et Angeliki Poulou (*) de Maria Kamma, mairesse étiquettée “Indépendante” de l’île de Tilos, fait entendre comment se passe concrètement l’accueil des migrants sur une toute petite île du Dodécanèse, une île défavorisée par sa géographie lointaine et par sa petitesse qu’accompagne un faible peuplement. »

  • En Belgique 

Manifester contre les centres fermés en Belgique : une action politique impossible ? de LÉA LEMAIRE

Extrait : « Le 9 juillet 2015, la Coordination contre les Rafles et les Expulsions et pour la Régularisation (CRER), annonce une mobilisation inédite : une manifestation de femmes devant le 127 bis, un centre fermé à proximité de Bruxelles. »

  • Au Liban

 Camp de réfugiés au Liban : le shawish, chef et gestionnaire d'AMNESTY INTERNATIONAL

Extrait : « Le Liban accueille plus d'1,2 million de réfugiés syriens dont 18 % vivent sous des tentes. L’organisation de ces campements informels a fait émerger un personnage singulier : le shawish. L’envoyée spéciale de La Chronique d’Amnesty International a rencontré celui du campement al Hisan. »

Informations pratiques

Les associations partenaires d'#OpenEurope, dont La Cimade, le GISTI et Migreurop, ont mis à disposition un stock important de documents pratiques (où s'adresser pour avoir des conseils/une assistance gratuite, comment faire une demande d'asile, quels sont les droits d'un mineur isolé, comment contester un ordre de quitter le territoire, etc. Pour regrouper cette mine d’informations, nous avons créé une édition participative baptisée Infos Pratiques OpenEurope.

Dans cette édition, Migreurop a également posté des billets analytiques entre autres sur l’externalisation des migrantsEt des atlas des migrants

L'opération #OpenEurope continue. Au plaisir de vous lire !

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