Il était une fois (le climat) des gens heureux !


Vous avez été nombreux à répondre à l’appel à contributions et à l’édition participative « Il était une fois le climat ! » et nous vous en remercions. A la fois argumentées et bienveillantes (à noter les nombreux commentaires avec des « Bonjour »,  « Cordialement » et « Bien à vous »), vos contributions démontrent qu’avoir conscience de l’urgence climatique et changer son mode de vie, n’est pas « un truc » de gens tristes qui se chauffent à la bougie, en pestant sur les autres. Florilège. Nous attendons vos contributions jusqu'au 15 septembre !

 

Le bons sens, loin de l’extrémisme et de la culpabilité… Dans plusieurs contributions de cette édition participative consacrée à l'expérience humaine du changement climatique, il est question de l’impossibilité d’être parfait, sans contradictions (on peut refuser d’avoir une voiture, tout en travaillant soi-même pour l’industrie automobile !) Et que commencer à s’adapter à la nouvelle donne avec des (petits) gestes quotidien, c’est précieux, cela va dans le bon sens et accroît la capacité d'agir. 

 

15/07/2015, 15:03 | PAR COLIN JURY

 

            « Je fais attention à ne pas jeter de nourriture et ce dont je suis obligé de me débarrasser, je le compost en appartement. Comme ça j'évite des transports de déchets. Et puis la matière organique revient à la terre. Cela permet d'éviter que le carbone ne retourne dans l'atmosphère après incinération et ce qui, en plus, au passage, facilite la percolation de l'eau, favorise la croissance des plantes, la biodiversité dans le sol, etc. (…) Pour info, j'ai une voiture, j'achète encore trop souvent mes fringues en solde et made in China, ..., mais je m'efforce d'optimiser ma garde robe et mes déplacements et puis aussi et surtout de cultiver mon côté babacool rayon de soleil et petit papillon afin de me rendre plus facile les prochains efforts ; ) »

 

En lisant les contributions, un autre cliché tombe : être conscient du climat, et s’adapter en conséquence, n’est pas une question d’argent.

 

16/07/2015, 22:01 | PAR MARIANNE CANTACUZENE

 

«  (…) Forcés par la conjoncture économique à réduire nos revenus (nous n'avons plus qu'un salaire pour deux et le revenu très mince et aléatoire de mon nouveau métier après reconversion), nous cherchons à nous contenter de cette relative frugalité. Nous prenons nos légumes et notre pain dans une Amap, nous allons au marché des producteurs locaux et bios, allons acheter notre viande chez le petit boucher indépendant du coin ou bien connaissons des paysans qui vendent directement leurs volailles. Nous n'allons que très exceptionnellement dans les hypermarchés. Je dirais pour conclure, que je n'ai jamais vécu dans un tel confort et une telle sérénité en ce qui concerne notre habitat et notre nourriture ! »

 

S’adapter, changer, avoir une vie climato-compatible peut prendre des rythmes divers et des formes plurielles, toutefois une conviction commune traverse les contributeurs : il faut arrêter de gaspiller !

 

16/07/2015, 00:17 | PAR MICHELE DOMALAIN

« Pour ce qui concerne notre consommation devenue délirante, j'ai résolu de faire durer deux fois plus longtemps tout ce que j'achète. En dépit  des modes et des usages d'une consommation qui a désormais dépassé dès le mois d'août ce que la terre mettra 12 mois à renouveler. Je suis passée en partie au chauffage d'un insert au bois et me déplace le plus possible à pieds ou à vélo après avoir réduit mon ''domaine'' de 1000 à 212 m². Une micro maison et un jardinet, à 20 minutes à pied du vieux port de La Rochelle, génial. Les astuces et recettes de ma mère qui avait  traversé la guerre m'aident beaucoup dans ma démarche de boycott de la consommation et du gaspillage. Une sorte de grève de la consommation ! Efficace pour la tranquillité des fins de moi ! Et je vis tout ca très bien. C'est de l'écolo-nomie €;-) »

  

Cette révolution, disions-nous, n’est pas une histoire triste et culpabilisante. Du moins, ce n’est pas la couleur dominante des discussions qui ont eu lieu ici…

 

25/07/2015, 07:09 | PAR SYLVIANE RUEN

            « (…) Surtout j'ai cessé de chouiner. Si on veut changer, on peut, l'addition de nos nouveaux comportements se fait déjà sentir. Continuons ce combat. Appuyons-nous au lieu de railler l'écolo timide. Un des meilleurs moyens, tiens c'est le covoiturage. Laissez monter dans votre voiture les voisins les copains, voire des inconnus. Et si vous fumez ne jetez pas vos mégots partout c'est vraiment degueulasse. Le jour se lève, il va faire beau et comme la nuit a été fraîche le jardin sent bon. Alors je vous laisse. »

 

26/07/2015, 19:39 | PAR FRÉDÉRIC FLORENT-GIARD

 « (…) Le souci dans le respect de l'environnement, c'est qu'on peut toujours faire mieux ou moins bien, ce qui désespère pour le mieux et qui nous conforte que c'est à l'autre de faire mieux quand on ne veut pas évoluer : ah les Chinois et les Américains ! Toujours les autres les responsables : j'ai décidé de balayer devant ma porte avant de vouloir nettoyer la Terre ; et j'arrête de me désespérer de l'inaction ou la goinfrerie des autres, ça ne change rien, sinon m'énerver. En tout cas de bonnes idées dans les actions des autres, merci. »

 

… Ni une histoire de vieux sages.

 

01/08/2015, 11:14 | PAR GILLES BOURRIEAU

« J'ai 30 ans, et après 10 ans dans la vie active, associative et agricole, je décide de m'installer agriculteur. Du mouton en agriculture bio. 350 brebis pour faire vivre 2 personnes (les normes disent 500 par personne) et cela grâce à la vente directe dans un magasin de producteurs, bio ou pas, mais toujours soucieux de la qualité. Ce n'est pas juste un métier. C'est aussi un cadre de vie. De l'espace, des animaux calmes, une grande maison, un jardin, des amis dans la même dynamique. Oui, dans un rayon de 5 km, on va trouver un paysan boulanger bio, une maraichère bio, une coopérative laitière bio, ... et si on étend un peu, vous trouverez une association de promotion de la musique actuelle en milieu rural, une association relais local de l'ADEME qui développe et promeut depuis plus de 10 ans les énergies renouvelables, les économies d'énergies... Bref un tout qui en fait une région de vie intéressante et qui m'a donné envie de revenir pour m'y installer. »

 


Dominique Cronier et Julia Lemeschchenko nous ont offert cette belle illustration. Un grand merci à toutes les deux.

 

Rappel :

 

« Il était une fois le climat » est une opération montée en partenariat avec le Festival du livre et de la presse d’écologie, à l’approche du sommet sur le climat, la Cop 21. Jusqu'au 15 septembre 2015, vous pourrez encore publier des textes, des dessins, des vidéos, des BD, du son, etc. dans cette édition participative (ici). Les meilleures contributions seront présentées, lues et discutées lors du Festival du livre et de la presse d’écologie, à Paris, les 17 et 18 octobre prochains.

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