Le paysage politique suédois divisé laisse percer l'extrême droite

La suède vient d'élire son parlement lors d'élection législatives hors normes. Le parti-social démocrate, à la tête de la Suède pour la majeure partie du siècle passé réalise le plus mauvais score de son histoire. L'extrême droite perce en devenant le second parti de Suède grâce à la synergie des xénophobes et des déçus, laissés pour compte des politiques libérales d'une gauche à la dérive.

Résidant en Suède depuis 8 ans, je regarde la gorge nouée se déployer devant moi la tectonique des plaques de la politique suédoises. Trois blocs entrent en collision sans qu'une majorité ne se dessine. 140 siège pour l'ensemble de la gauche (sociaux-démocrates, parti de gauche et verts), 141 sièges pour l’alliance de droite (parti centriste, parti libéral, parti chrétien-démocrate et surtout parti dit des modérés), et 68 pour l’extrême droite (les "démocrates de Suède"). On ignore quelle coalition se profile pour former une majorité. Les spéculation vont bon train dans mon poste de télévision. Ce que l'on sait concerne surtout le passé, les chiffres dansent un ballet sombre devant mes yeux :

Par rapport à la dernière élection, l'extrême droite progresse de plus de 6%. D'après les enquêtes d'opinion, ces nouveaux électeurs de l'extrême droite correspondent principalement à des déçus par du gouvernement social-démocrate jusqu'alors au pouvoir (avec les verts). Les autres proviennent des rangs d'une droite classique (le parti des modérés) ayant perdu confiance.

L'analyse des électeurs de l'extrême-droite montre que 25% sont sans emploi (dans un pays où le chômage est inférieur à 7%). 33% des électeurs de l'extrême droite disent avoir perdu confiance dans les politiques. Ce résultat est donc la synergie d'un vote réellement xénophobe, et d'un vote de défiance vis-à-vis des partis traditionnels.

Par ailleurs, il est notable que le parti de gauche suédois réalise la progression relative la plus importante, en améliorant sont score de moitié (passant de 6% à 9%) par rapport aux dernières élections. On parlerait d'espoir, si le score écrasant d'une extrême droite gonflée par les politiques libérales des sociaux-démocrates et des verts ne venait le piétiner...

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