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Billet de blog 6 déc. 2020

Cacao: Côte d’Ivoire et Ghana gagnent la guerre contre les grands chocolatiers

Le Conseil du Café-Cacao (CCC) de Côte d’Ivoire et le Cocoa Board du Ghana, les organes publics qui gèrent les filières cacao de ces deux pays, ont réussi l’exploit de faire reculer Mars et Hershey, deux géants chocolatiers américains parmi les six multinationales qui, à elles-seules, achètent plus de 40% de la production mondiale de fève.

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Les régulateurs de la filière cacao des deux pays africains ont lancé l’offensive quand les deux mastodontes ont pris la décision de contourner la taxe de 400$ par tonne que l'ensemble des acheteurs de cacao s'était engagé à payer aux producteurs de Côte d'Ivoire et du Ghana afin de garantir un revenu décent à ces derniers. En représailles, les deux pays ont retiré le label "certification de cacao durable", indispensable à ces multinationales qui utilisent cette certification comme argument de vente auprès de consommateurs occidentaux désormais très regardants sur la façon dont sont produites les matières premières agricoles. A peine 48H après cette mesure de rétorsion, les géants chocolatiers annonçaient qu’ils paieront les 400$ par tonne, et le 4 décembre 2020 le label de certification a été de nouveau attribué aux deux compagnies récalcitrantes.

Ce qui vient de se passer est un exploit presque inédit où des pays africains font reculer des multinationales et défendent crânement leurs producteurs.

Notons cependant que cette action concertée de la Côte d’Ivoire et du Ghana (1er et 2e producteur mondial de Cacao) qui produisent plus de 60% de la totalité de cacao consommé sur la planète, n’aurait pas pu se faire sous le règne du criminel de guerre gbagbo. En effet, aux commandes d’un régime xénophobe qui avait massacré des milliers de Ouest-africains vivant en Côte d’Ivoire, son pays ne comptait aucun ami parmi ses voisins.

La victoire du cacao africain, à travers la Côte d’Ivoire et le Ghana illustre aussi le leadership éclairé du président Ouattara et son homologue Ghanéen qui ont su mutualiser leur intelligence pour faire face à des multinationales dont l’unique doctrine c’est le profit, rien que le profit. Les deux Chefs d’État ont en effet crée une synergie tant dans la réflexion que dans les actions et faire front commun face à des multinationales qui dictaient leur loi sur le marché du cacao. Désormais, le rapport de forces est peut-être en train de changer.

Ce qui est vrai, est vrai !

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