Ouattara, l’ultime sacrifice pour sauver son pays du naufrage.

Depuis le décès du candidat de son parti le 8 Juillet dernier, les cadres de la formation du président Ouattara lui demandent avec insistance, de se présenter à la prochaine présidentielle, à la grande frustration – plus ou moins dissimulée- de ceux des dignitaires du parti qui nourrissent l’ambition légitime de prendre la relève.

Il se passe pas une journée sans qu'on note des appels de différents structures du parti présidentiel, suppliant le Chef de l'Etat ivoirien de revenir sur sa décision de passer le relais à une nouvelle génération. Par ailleurs, une pétition sur Internet appelant Alassane Ouattara à se présenter, a recueilli plus de 700.000  signatures en moins d’une semaine.

Alassane Ouattara redescendra donc dans l'arène, contraint par la perte brutale de son dauphin, Amadou Gon Coulibaly. Ces derniers jours, des remous provoqués par des ambitions au sein de son parti, menaçaient l'unité de la formation créée par le président Ouattara. Mais selon son entourage, plus que la volonté de préserver la cohésion au sein du RHDP, c'est surtout les risques de voir son pays replonger dans des crises politiques qui auraient décidé le président Ivoirien à requérir un nouveau mandat.

 Sans vouloir dénier leurs qualités à certaines grandes personnalités du parti présidentiel, il nous revient qu’aucune des figures qui aspiraient à succéder à Alassane Ouattara ne remplit à ce jour tous les critères, qui permettraient au président ivoirien de transmettre le flambeau sans crainte pour la sécurité –au propre comme au figuré- de sa communauté, l’unité de sa famille politique, mais surtout la paix et la prospérité de la Côte d’Ivoire. Si Amadou Gon Coulibaly alliait à la fois la compétence, le sens élevé de l’Etat et une envergure politique incontestable, les autres candidats putatifs au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), peuvent difficilement réunir toutes ces qualités.

A l’échelle Africaine, la Côte d’Ivoire est un grand pays, et chaque fois que par un malheureux concours de circonstance un individu dépourvu du sens élevé de l’Etat, et imprégné des valeurs républicaines s’est retrouvé à la tête du pays, cela s’est révélé être un accident de l’histoire qui a connu de désastreux épilogues. bédié est à l’origine d’une stupide crise identitaire, qui s’est soldée par un coup d’Etat qui l’a chassé du pouvoir. Venu réparer l’injustice qui frappait certains Ivoiriens -notamment ceux du nord- exclus du jeu politique, le général Guéï a manqué de ces qualités des grands hommes, et a été balayé par une rue constituée de pro-gbagbo et de pro-Ouattara. laurent gbagbo, l’autre accident de l’histoire, a lui-aussi connu une fin lamentable. Après avoir précipité son pays dans la guerre civile par ses nombreuses décisions aléatoires, et ses méthodes de gouvernance d’une indescriptible barbarie, il a perdu dans les urnes un pouvoir acquis dix ans plus tôt par un pur hasard…dans la rue. 

bédié, Guéï et gbagbo sont aujourd’hui relégué au fond des poubelles de l’histoire. Et il n’y a que leurs partisans fanatisés pour feindre l’ignorer.

Alors peut-on pour autant affirmer que Houphouët Boigny et Alassane Ouattara sont les seuls hommes dotés de qualité et de valeurs pour diriger la Côte d’Ivoire ? Nous ne ferons pas cette injure aux cadres valeureux du parti présidentiel, seule formation à prôner aujourd’hui un discours de paix et de concorde nationale.

Le président Ouattara a pris 10 ans, pour fabriquer en Amadou Gon Coulibaly un vrai dirigeant doté de toutes les caractéristiques nécessaires, pour assurer la prospérité du pays, tout en protégeant la Côte d’Ivoire de ses vieux démons destructeurs, pouvant conduire à une nouvelle guerre civile. Même s’il était un dieu de la pédagogie, il nous semble que M. Ouattara ne pourrait raisonnablement, en trois mois, formater un autre cadre de son parti, et le rendre apte à la haute fonction. En mars dernier, le Chef de l’Etat ivoirien avait pourtant supplié un parlement en larmes, de le laisser partir se reposer, évoquant notamment la lourdeur de la charge présidentielle, qui nécessite un effort physique et intellectuel constant, et son désir d’offrir l’opportunité à une génération plus jeune de faire ses preuves. Mais sa conscience patriotique oblige aujourd’hui Alassane Ouattara à  redescendre dans l’arène pour un nouveau mandat, le temps de remettre sa famille politique dans l’ordre, pour éviter que le pays ne retombe entre les mains de ceux qui n’ont offert à la Côte d’Ivoire que mensonges, haine et guerre civile.

Cette prochaine bataille électorale d’Alassane Ouattara, est donc interprétée par les observateurs comme un ultime sacrifice aux Ivoiriens, pour celui qui a bâti la Côte d’Ivoire comme personne avant.

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