Red Mirror: Chine, hypertechnologies et capitalisme de surveillance

La Chine n’est plus seulement l’atelier industriel de la planète, elle aspire aujourd’hui à être le numéro un technologique du capitalisme cognitif, ce bien entendu sous la direction vigilante du Parti communiste. Le site italien minima&moralia nous offre un entretien fort opportun avec Simone Pieranni, journaliste au quotidien de gauche Il Manifesto, qui vient de publier un livre sur le sujet.

 Red Mirror : un entretien avec Simone Pieranni

Liborio Conca, minima&moralia, 3 juillet 2020, http://www.minimaetmoralia.it/wp/?s=pieranni

Si l’on souhaite comprendre ce qui se passe en Chine, l’une des meilleures sources en italien sont les articles de Simone Pieranni. Journaliste pour le quotidien Il Manifesto (nous avons souvent reproduit ses articles sur notre site minima&moralia), fondateur de l’agence de presse China Files, il a consacré une série de livres, de podcasts et de reportages à l’univers chinois. L’approche de Pieranni est ouverte, libre, attentive à la politique mais aussi aux secousses culturelles que traverse le géant asiatique. Son dernier ouvrage, Red Mirror [à paraître en français chez C & F éditions, https://cfeditions.com/public/], dont le titre s’inspire de Black Mirror, la série télévisée qui explore les possibles scénarios dystopiques d’un avenir pas vraiment très éloigné, nous raconte la Chine sous l’angle de l’importance extraordinaire qu’y prend l’innovation avec l’utilisation massive des hypertechnologies, laquelle, d’une certaine manière, a une longueur d’avance sur ce qui se passe en Europe. Il nostro futuro si scrive in Cina, « notre avenir s’écrit en Chine », nous dit le sous-titre de Red Mirror. Dans l’entretien qui suit, nous avons abordé certaines des questions explorées dans le livre, depuis le contrôle exercé par l’État sur ses citoyens jusqu’aux relations avec l’Occident en passant par les évènements de Hong Kong.

 

Red Mirror commence par nous parler de WeChat : beaucoup d’Occidentaux n’ont jamais entendu parler de cette application mais, en Chine, elle est si répandue – en raison des diverses utilisations qu’elle permet – qu’on la décrit comme une « superapp ». Quels sont les aspects de WeChat qui t’ont le plus impressionné lors de ta vie quotidienne en Chine ?

Avec WeChat, on peut pratiquement tout faire. Le plus frappant, ce sont les innovations qui rentrent progressivement dans le quotidien. La dernière fois que je suis allé en Chine, il y a maintenant un an, justement pour recueillir du matériel pour mon livre, j’ai été frappé par la nouvelle fonctionnalité qui permet de partager l’addition dans un restaurant, par exemple. Mais au-delà de cet aspect plus secondaire, WeChat, c’est vraiment l’univers à travers lequel vous gérez votre vie sociale et publique, il est donc vraiment difficile de s’en passer.

Est-ce WeChat qui t’a finalement donné le sentiment que l’avenir dystopique si souvent exploré dans la fiction occidentale – de la littérature de science-fiction à Black Mirror – est déjà une réalité en Chine ? Quand on lit qu’en Chine, on peut désormais mendier en affichant un morceau de carton porteur d’un code QR, c’est assez révélateur.

WeChat, et bien d’autres choses vues en Chine, m’ont effectivement beaucoup rappelé certains romans d’anticipation, et aussi Black Mirror, bien sûr. En particulier, j’ai pensé à J. G. Ballard : à son obsession des gated communities (quartiers résidentiels fermés), par exemple, mais aussi à L’histoire secrète de la troisième guerre mondiale. Comme si au milieu de toutes ces nouveautés qui se font chaque jour réalité en Chine, quelque chose nous échappait, un message qui resterait prisonnier de ce flux constant d’informations et d’innovations technologiques.

C’est pourquoi, dans mon livre, j’ai beaucoup eu recours aux séries télévisées pour donner des exemples ou suggérer des références. Car tout ce qui se passe en Chine a certes un côté politique et géopolitique (la course à la technologie, la 5G, la rivalité avec les États-Unis), mais aussi un aspect qui renvoie très fortement à l’imaginaire, capable d’évoquer des liens, de renvoyer à des explorations littéraires qui semblent trouver là-bas une sorte de concrétisation partielle.

Toujours à propos de la « superapp », quels sont les potentiels les plus prometteurs entrevus par Mark Zuckerberg, qui a toujours été très attentif à ce qui se passe dans le monde chinois ?

Récemment, WhatsApp Brésil a lancé un projet pilote pour permettre au consommateur de tout payer via cette application, soit en gros ce que fait déjà WeChat. Cela a à voir avec le modèle commercial, c’est-à-dire faire de l’argent sur les transactions, choses que ne fait pas Facebook ne fait pas (je parle ici à la fois du réseau social, d’Instagram et de Whatsapp) ; mais ce qui intéresse Zuckerberg, c’est aussi l’aspect « écosystème » de la chose. En Chine, le téléphone portable, c’est WeChat.

Imaginez que vous allumez votre portable, que vous cliquez sur Messenger et qu’au lieu d’être confronté à l’écran qui nous est aujourd’hui familier, vous tombez sur une espèce de page d’accueil à partir de laquelle vous accédez à votre messagerie, aux réseaux sociaux, à lnstagram, à votre compte bancaire, à vos achats, à vos réservations, etc. Ce à quoi aspire Zuckerberg, c’est à devenir une sorte de système d’exploitation des applications, où toutes les autres doivent passer par la sienne, comme c’est le cas pour WeChat. Cela représente de l’argent, mais surtout des données.

Depuis quand l’intérêt de l’État chinois pour les hypertechnologies est-il devenu fondamental ?

À partir de la fin des années 1980, la Chine a commencé à financer des projets et à mettre en valeur le rôle social des scientifiques. Depuis lors, entre autres grâce aux particularités du système chinois, les dirigeants ont commencé à faire des plans pour l’avenir. À cela s’ajoute la caractéristique chinoise par excellence, à savoir le fait que le Parti communiste peut se permettre d’expérimenter : lancer un projet, voir comment il prospère et, s’il ne fonctionne pas, revenir en arrière et se concentrer sur autre chose, ou bien étendre le projet à l’échelle nationale.

Cela permet en tout cas de planifier plus sereinement. Deuxièmement, la « mobilisation de masse » d’origine maoïste fonctionne toujours – on l’a vu avec la pandémie –, bien qu’elle ne concerne plus les questions idéologiques mais plutôt les thèmes patriotiques ou d’intérêt collectif : en ce moment, il existe une vaste population qui se consacre à faire de la Chine une puissance high tech.

Quels sont les principaux effets qu’entraînent dans ce secteur l’imbrication spécifiquement chinoise de l’économie de marché et du contrôle politique exercé par le Parti communiste ?

Grâce au contrôle du Parti, les entreprises chinoises ont pu se développer sans subir la concurrence des grandes firmes occidentales, et de son côté, le Parti a pu constamment garder ces entreprises sous surveillance. Ce qui veut dire que les entreprises ont le droit de faire de l’argent, mais que si le Parti l’exige, elles doivent lui fournir des données, par exemple.

Quel rôle a joué dans ce processus le leadership de Xi Jinping depuis près de dix ans ?

Le processus a été initié bien des années auparavant, comme nous l’avons vu, mais le leadership de Xi Jinping a mis sa marque en exigeant un développement technologique encore plus vigoureux, en se concentrant surtout sur le développement des « villes intelligentes » (smart cities), qui sont censées définir la conception chinoise de l’urbanisme et de la citoyenneté de demain. Xi sait bien que chacun des mots qu’il prononce met en mouvement des désirs, de l’argent et des financements, raison pour laquelle il ne rate pas une occasion de parler d’« intelligence artificielle » : il sait que tout le monde lui emboîtera le pas du haut en bas de la hiérarchie. Et le fait que son pouvoir soit aujourd’hui illimité et sans date d’expiration favorise l’émergence d’initiatives promues par des acteurs confiants que cette tendance ne changera pas du jour au lendemain, même si, comme c’est toujours le cas en Chine, c’est l’ensemble du Parti qui est engagé dans cet effort.

D’un point de vue occidental qu’on pourrait décrire comme « naïf », une question qui peut se poser spontanément est la suivante : Internet est né d’aspirations libertaires, de l’idée de pouvoir diffuser des informations en échappant aux contrôles et à la censure. D’où ma question : a) est-ce que ces aspirations ont existé en Chine ? ; b) jusqu’où va le contrôle de l’appareil politique sur les entreprises fournisseuses de services informatiques, et est-il sans faille ? ; c) existe-t-il des espèces de « zones franches » permettant d’échapper au contrôle ?

Sur cette question, l’Occident a connu une déception, car il a sous-estimé ou n’a pas voulu voir tous les signes : dans la pratique, les Occidentaux ont cru qu’Internet allait en quelque sorte ouvrir la société chinoise à de nouvelles valeurs, de nouveaux concepts, et surtout aux demandes et aux exigences de la population chinoise. C’est le contraire qui s’est produit, la toile est devenue – excuse-moi d’être aussi catégorique – un nouvel instrument de contrôle et de propagande pour le Parti communiste. Et je ne parle pas seulement de la censure, qui par ailleurs est désormais évoluée et sophistiquée, mais aussi de la possibilité de « canaliser » certaines pulsions en ligne.

Par exemple, l’un des usages d’internet de la part des citoyens a été la dénonciation de la corruption des fonctionnaires et des membres du Parti. Le Parti se voyait donc confronté à une sorte de contrôle exercé par la population, mais qui servait fort bien son propre jeu : dénoncer une affaire de corruption ne signifie pas demander des comptes sur les fondements du système. Le Parti intervient, renvoie le fonctionnaire concerné et rien ne change sur le fond, ou bien tout recommence comme avant. En outre, Internet en Chine, c’est surtout la consommation, le commerce électronique et le divertissement.

« Chine et Occident sont depuis quelque temps arrivés à la même conclusion : les données sont la véritable richesse de notre époque », écris-tu dans ton livre. Tu y racontes les affaires Snowden et Cambridge Analytics en termes de surveillance de masse. Ma question est peut-être un peu générique, mais en matière de contrôle des données, sous quels aspects les systèmes occidental et chinois convergent-ils, et sous quels aspects divergent-ils ?

Il existe de nombreuses différences, du moins en théorie. Par exemple, l’Union européenne est assez stricte en matière de protection de la vie privée, même par rapport aux États-Unis. Dans son nouveau code civil, la Chine prévoit une protection des données personnelles à l’européenne en ce qui concerne leur utilisation par les entreprises. Mais bien entendu, en matière de vie privée, il ne faut pas oublier les « caractéristiques chinoises », car il n’y a aucune référence à l’utilisation de ces données par le gouvernement. Par ailleurs, on sait bien que les lois existent, mais que dans la pratique, comme le montrent les scandales qui ont eu aussi lieu en Occident, il n’y a pas beaucoup de différence.

Les développements technologiques permettent également une « emprise » sur le territoire : c’est le cas de Terminus, une start-up dont tu as pu visiter les locaux. Comment fonctionne-t-elle et quels sont les services offerts par cette entreprise ?

Terminus est une société qui gère pour le compte du gouvernement toutes les données des quartiers ou des mini-villes intelligentes, qu’il s’agisse de pollution, de mouvement des personnes, etc. Il s’agit là d’un volume impressionnant de données qui nous confronte à l’énorme potentiel de la technologie pour améliorer nos existences ou au contraire les rendre invivables à travers un contrôle social exercé 24 heures sur 24.

Avec ce qui se passe au Xinjiang, où vit la minorité ouïghoure, on a une expérience de contrôle assez extrême, avec là aussi des aspects de science-fiction…

Au Xinjiang, nous sommes confrontés à ce que Terminus pourrait faire même à des citoyens ordinaires. C’est la mise en pratique la plus sécuritaire de tout l’arsenal technologique chinois, une panoplie d’applications, de caméras de reconnaissance faciale, de modèles prédictifs et de répression plus classique, avec prisons et camps de rééducation. Le Xinjiang est un territoire sur lequel la Chine expérimente une forme de contrôle social et de répression très lourde, comme en témoignent les récentes fuites de documents internes du Parti communiste. Mais comme d’habitude, outre la technologie, on a des milliers de personnes qui travaillent pour ce système, ce qui en fait un mélange liberticide fatal pour cette minorité turcophone et musulmane.

Qu’est-ce que le système de « crédit social » et pourquoi, comme tu l’écris toi-même, est-il « généralement très apprécié par la population chinoise » ?

Le système de crédit social a une double fonction. C’est une forme de régulation de l’écosystème économique qui concerne les entreprises d’une part, et les personnes privées de l’autre. Il n’existe pas encore de système national unifié, mais une série d’expérimentations. Pour résumer, il s’agit d’attribuer une note à chaque individu en fonction de sa fiabilité du point de vue administratif, pénal et civique. Bien entendu, dans un État à parti unique, les critères permettant d’évaluer un individu risquent de se multiplier avec des connotations plutôt dangereuses mais, pour l’instant, même s’il existe toute une série de réflexions sur la protection de la vie privée et l’usage des données, ce type d’évaluation est accepté parce que les Chinois le perçoivent comme un système capable de vraiment garantir plus de sécurité et d’harmonie sociale.

À nos yeux, bien sûr, cela paraît plutôt inquiétant, mais si nous réfléchissons à toutes les circonstances dans lesquelles nous sommes évalués, ou bien nous évaluons nous-mêmes par le biais de systèmes de notation, nous n’en sommes pas si loin. Disons que, pour l’instant, nous nous évaluons entre citoyens, tandis qu’en Chine, c’est un processus qui vient d’en haut.

Dans cette perspective, comment évalues-tu la gestion du « cas Hong Kong » par Pékin, notamment en ce qui concerne la très contestée « loi de sécurité nationale » ? Crois-tu que cela pourrait créer de nouvelles tensions avec l’Occident à court ou moyen terme ?

L’adoption de cette loi est un coup de force de Pékin qui élimine de fait Hong Kong telle que nous l’avons connue jusqu’à présent. Elle signifie l’adieu à l’autonomie de l’ancienne colonie, qui était censée être garantie jusqu’en 2046. À mon avis, si la Chine s’est permis ce coup de force, c’est parce qu’en fait, depuis l’Occident, il n’y a pas eu de fortes critiques et, surtout, pas de représailles. La puissance économique de la Chine autorise Pékin à prendre ce genre de mesures.

Ce n’est pas pareil pour Taïwan, par exemple, où une invasion chinoise est censée déclenchée une intervention militaire de Washington. Malheureusement – et nous le voyons aussi chez nous avec le comportement de l’Italie face à l’Égypte[1] –, pour tous les États, ce sont d’abord les affaires qui comptent, bien avant les questions concernant la liberté et les droits humains.

Y a-t-il d’après toi une continuité globale visible entre la tradition millénaire chinoise et les développements plus récents de la Chine communiste, soit quelque chose qui échapperait au regard distrait des Occidentaux ?

Il y a une continuité historique au sens où la Chine est habituée à être à l’avant-garde de la région asiatique et du monde. Tout au long de son histoire, la Chine a été très en avance sur l’Occident, y compris dans le domaine scientifique, avec comme seule exception le fait d’avoir perdu la bataille de la révolution industrielle. Mais le point d’honneur des Chinois, leur impulsion politique profonde, sont toujours les mêmes : ramener la Chine au centre du monde, un centre qu’elle a toujours occupé. Ce même si notre propre connaissance du pays renvoie surtout à la présence occidentale à l’époque où la Chine était l’homme malade de l’Asie et subissait invasions et occupations étrangères, grâce à cette gigantesque opération de trafic de drogue que furent les guerres de l’opium.

Que penses-tu des positions agressives adoptées par Donald Trump à l’égard de la Chine, en particulier de ses accusations concernant le déclenchement de l’épidémie de Covid-19 ?

Trump joue son propre jeu, aussi bizarre et indéchiffrable qu’il paraisse. Comme tous les Américains, il sait bien que la Chine talonne désormais les États-Unis, et qu’elle est même en avance sur eux dans certains domaines. Obama lui aussi le savait et essayait de contenir la Chine par d’autres moyens. Les politiques étatsuniennes seront de plus en plus antichinoises, quelle que soit la personne qui occupe la Maison Blanche. Il existe un consensus bipartisan sur ce point.

Ces quelques questions ne suffisent certainement pas à épuiser un sujet aussi vaste. Je finirai par une interrogation « futurologique » : si tu penses à la Chine dans les vingt ou trente prochaines années, comment l’imagines-tu ? Y compris du point de vue du contexte mondial, dans lequel elle affirme depuis quelques années son hégémonie croissante.

Si tu me le permets, j’aimerais laisser cette tâche à deux auteurs chinois de science-fiction : Hao Jingfang, auteure de Pékin origami[2], prix Hugo de la meilleure nouvelle longue en 2016, et Han Song, auteur entre autres de Ma patrie ne rêve pas (2007), Le guide de chasse des beautés (2014) et Les briques de résurrection (2016)[3].

Dans Pékin origami, Hao Jingfang imagine une ville divisée en strates dans laquelle la population vit à la surface à différents moments de la journée. Il y a donc deux éléments en jeu : le temps (qu’il faut toujours comprimer le plus possible pour rendre la société plus productive) et les différences sociales (il y a ceux qui vivent plus longtemps et ceux qui ont droit à moins d’heures en surface). Dans une de ses nouvelles, Ma Patrie ne rêve pas, Han Song imagine Pékin soumise une expérimentation technologique du gouvernement qui amène la population à travailler et à consommer la nuit dans un état de somnambulisme tout en étant bourrée de médicaments qui lui permettent de mener une vie ordinaire pendant la journée. Il y a d’un côté les somnambules qui travaillent et qui consomment et de l’autre les éveillés qui gèrent la situation et en tirent profit. Là encore, il est question du temps et de sa compression ou bien de sa dilatation au service des jouissances des plus riches, des inégalités et du consumérisme effréné.

Je crois que la gestion de plus en plus frénétique du temps et la persistance des différences et des inégalités sociales seront les problèmes les plus importants des années à venir en Chine, et la technologie risque d’accroître leur impact. Et là aussi, à mon avis, les réalités qu’anticipent les auteurs chinois de science-fiction ne sont malheureusement pas seulement des thèmes locaux.

 Traduction : Marc Saint-Upéry

 

Notes: 

[1] Allusion au cas de Giulio Regeni, un doctorant italien de l’Université de Cambridge travaillant sur le syndicalisme indépendant en Égypte, disparu le 25 janvier 2016 au Caire. Son cadavre atrocement mutilé a été retrouvé le 3 février suivant. Tout porte à croire que les services de renseignement égyptiens sont responsables de son kidnapping et des tortures qu’il a subi [NdT].

[2] Cette nouvelle a été traduite en français et publiée dans le recueil Utopiales 2017 aux éditions ActuSF. Dans ce récit, la ville de Pékin est formée de trois espaces distincts spatialement et temporellement, imposant une ségrégation sociale. La ville One dispose de 24h un jour sur deux, la ville Two de 16h et la ville Three de 8h par jour. Au moment de la transition, chaque ville cède la place à la suivante et ses bâtiments disparaissent. Lao Dao vit dans le troisième espace, qui est celui du prolétariat et pour qui le jour dure de dix heures du soir à six heures du matin. Ayant renoncé pour lui-même à tout désir d'ascension sociale, il aspire toutefois à offrir une bonne éducation à sa fille Tang-Tang, raison pour laquelle il s’infiltrer sans autorisation jusque dans le premier espace afin d’y accomplir une mission risquée mais très bien payée [NdT].

[3] Voir la fiche Wikipedia de Han Song, https://fr.wikipedia.org/wiki/Han_Song_(écrivain), qui donne la liste de ses nouvelles traduites en français dans une série de revues et magazines tels que Monde Chinois, Impressions d’Extrême-Orient, Jentayu et Angle Mort. Plusieurs de ces traductions sont accessibles en ligne ; c’est le cas entre autres de Ma patrie ne rêve pas, trad. Loïc Aloisio, dans Impressions d’Extrême-Orient, no 6, 2016, https://journals.openedition.org/ideo/470 [NdT].

 

 

 

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