Note ajoutée le 11 novembre 2017 : Une belle victoire contre l’islamisme rampant !

La plainte dont il est question dans cet article a eu une issue heureuse, voir à ce sujet mon article intitulé «TGI de Paris – Non-lieu dans le procès intenté par GHANNOUCHI Rached à mon encontre», paru ce dimanche 11 novembre 2017 sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/111117/tgi-de-paris-non-lieu-dans-le-proces-intente-par-ghannouchi-rached-mon-encontre

Et que Vive notre belle Tunisie, moderniste et laïque, débarrassée de la vermine islamiste !

Salah HORCHANI

Remarque préliminaire ajoutée le 19 octobre 2015

Cet article a été publié au lendemain de ma connaissance des faits de "Diffamation Publique envers un Particulier" dont le plaignant, Mr KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached, m’accuse, faits qui m’ont été communiqués par la Direction régionale de la Police judiciaire de Paris. Dès que son identité m’a été notifiée par le même service, moins d’une semaine auparavant, j’avais décidé de médiatiser cette affaire, compte tenu de la personnalité du plaignant et pour des raisons expliquées dans le sous-paragraphe V.3. ci-dessous intitulé «Médiatiser pour informer, alerter et se protéger». En outre, j’ai décidé de faire de cet article - qui a fait la Une de Mediapart (environ 110 000 abonnés) et du journal "Anonymous France, Le Quotidien", des 8 et 9 octobre 2015, et dont le contenu, étayé par des nouveaux arguments sourcés, a plus que quadruplé par rapport à sa première version qui a constitué mes réponses aux questions de Madame De Brye Berengère, Officier de Police Judiciaire chargée par Madame la Juge  d'instruction Carole VUJASINOVIC pour conduire l’enquête policière qui a eu lieu par courriels, compte tenu du fait que je réside en Tunisie, version que je lui avais transmise - je disais donc, j’ai décidé de faire de cet article ma déposition, ma ligne de défense et ma plaidoirie, si procès il y a, procès qui sera, quoique dise le plaignant, un procès politique, et même hautement politique qui s’intègre dans ce que les spécialistes de l’Islamisme international appellent « Le Djihad par les tribunaux de l’Occident», comme il est indiqué dans le sous-paragraphe V.3 sus-cité et comme il ressort de l’exposé qui suit et des centaines d’articles, je dis bien des centaines, dont certains sont des poèmes, que le lecteur peut consulter, par exemple, sur les cinq liens suivants :

  1. https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog
  2. http://horchani.blog.lemonde.fr/
  3. http://www.legrandsoir.info/_HORCHANI-Salah_.html
  4. http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/perso/horchani-salah/
  5. http://www.agoravox.fr/auteur/horchani-salah,

articles et poèmes que j’ai écrits sur le plaignant, sur Ennahdha, son parti politique, dont il est le président-fondateur, sur l’idéologie qu’il a embrassée depuis environ un demi-siècle, à savoir l’islamisme - dans le sens de l’Islam politique ou politisé dont le but est de ramener notre société plusieurs siècles en arrière et qui se confirme, attentats après attentats, qu’il est le réel berceau du terrorisme international - sur les dommages qu’a subis notre Tunisie pendant la parenthèse du pouvoir islamiste, sur certains hauts cadres historiques d’Ennahdha qui ont occupé des postes ministériels pendant cette parenthèse, sur certains illustres subordonnés à ce parti, politiques ou activistes (mes compatriotes et ceux qui sont au parfum de l’actualité des islamistes me comprendront !),..., parenthèse qui a confirmé de façon on ne peut plus claire la réflexion du politologue Hatem M'rad qui dit «Seul l'islam politique peut démontrer que l'islam politique ça ne marche pas».

 

Sommaire

I. Circonstances de l’écriture de mon article incriminé par Rached Ghannouchi

II. Passages de l’article où Rached Ghannouchi est cité

III. Analyse des 22 sources et références de l’article

IV. Conclusion : La plainte

V. Notes ajoutées le 12 octobre 2015

  1. Demande d’un coup de main !
  2. C’est le pot de terre contre le pot de fer
  3. Médiatiser pour informer, alerter et se protéger

 

I. Circonstances de l’écriture de mon article incriminé par Rached Ghannouchi

Il s’agit de l’article intitulé «Tunisie élections 2014 - L’argent illicite du parti islamiste tunisien Ennahdha ou l’inégalité des chances entre les candidats» paru, entre autres, sous les liens suivants :

1. http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/231014/tunisie-elections-2014-l-argent-illicite-du-parti-islamiste-tunisien-ennahdha-ou-l-inegalite-des

2. http://horchani.blog.lemonde.fr/2014/10/23/tunisie-elections-2014-largent-illicite-du-parti-islamiste-tunisien-ennahdha-ou-linegalite-des-chances-entre-les-candidats/

3. http://www.legrandsoir.info/tunisie-elections-2014-l-argent-illicite-du-parti-islamiste-tunisien-ennahdha-ou-l-inegalite-des-chances-entre-les-candidats.html   

 

C’était, il y a un an, à la veille des élections législatives tunisiennes, élections de tous les dangers, où le parti islamiste tunisien Ennahdha était donné gagnant par plusieurs observateurs, ce même parti dont les partisans avaient reçu, publiquement et pédagogiquement, de la bouche même  de son président-fondateur, Rached Ghannouchi, l’engagement de faire de la Sharia la mère des lois dès que le parti serait majoritaire dans l’absolu 1.a.) (au moins à 51%, a-t-il sous-entendu). Dans ce contexte, l’hebdomadaire Jeune Afrique a écrit :

« Ghannouchi balaye d’un revers de main les principes démocratiques et affirme que "lorsque nous serons forts et puissants, nous pourrons décréter des lois régissant la vie sociale et la famille selon le modèle islamique"» 1.b.) . 

A côté de cela, régulièrement, des analystes politiques, des articles, et mêmes des livres, dont certains sont cités dans les références de mon article, parus dans plusieurs pays (Algérie, Belgique, États-Unis d'Amérique, France, Suisse, Tunisie,…) et écrits en arabe, français et anglais, font état de l’existence de beaucoup de flous dans les finances d’Ennahdha.

Compte tenu de ce danger islamiste imminent qui risquerait de ramener notre pays plusieurs siècles en arrière, ayant toujours été aux côtés de ceux qui se battent pour la séparation du politique et du religieux, ceux

« Qui veulent laisser à Dieu ce qui est dans le Coran

Et ce qui est à la République, au Parlement »2) 

et en tant que membre de la société civile, militant des droits humains, et en premier ceux des femmes3), premières victimes des régimes islamistes, complètement indépendant, soit dit en passant (je ne suis inscrit dans aucun parti), comme le montrent  les centaines d’articles que j’ai publiés, en particulier, sur les trois sites indiqués ci-dessus, j’avais préparé, pour contribuer à éclairer les électeurs sur le danger du vote islamiste et ses finances douteuses, un article, début octobre, en décidant de le faire paraître juste à la veille des élections qui était prévues pour le 26 du même mois. Et l’article fut mis en ligne le 23 octobre 2014, d’abord sur le site de Mediapart. Le même jour, Pierre Puchot4)  a fait paraître un article sur ces élections dans, également, Mediapart où il écrit «Le mouvement musulman conservateur semble bien parti pour l'emporter, comme en 2011»5) ; ce qui lui a valu mon billet intitulé « Tunisie élections 2014 - Même un journaliste compétent, connaissant bien son sujet, n’est pas à l’abri de l’INTOX d’Ennahdha ! » paru, aussi, le même jour et dans Mediapart6). Heureusement que le Peuple Tunisien lui a donné tort, car, aussi bien les élections législatives que présidentielles tunisiennes de 2014 furent remportées par la coalition anti-islamiste. 

 

II. Passages de l’article où Rached Ghannouchi est cité

Nombre de fois : Le nom de Rached Ghannouchi, qui est localisé en gras dans ce qui suit, apparait 5 fois dans tout l’article :

1+2 : Un exemple caractéristique du premier type de cheminement de cet argent sale est le chèque de 150 millions de dollars USA (je dis bien «150 millions de dollars » ) que l’ex Émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa al Thani , avait remis à Rached Ghannouchi, comme le mentionne la page 198, reproduite ci-dessus en ouverture de cet article, du livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot [3]. À titre de comparaison, le budget public total, alloué pour la campagne électorale à tous les candidats aux élections législatives qui vont se dérouler dimanche prochain, s’élève à 12 millions de dinars tunisiens [4] , ce qui équivaut à  6,7 millions de dollars USA, sachant qu’un dollar USA vaut, environ, 1,8 dinars tunisiens. Autrement dit, le montant du chèque que l’ex Émir du Qatar a remis à Rached Ghannouchi est égal à plus de 22 fois le montant global du financement public consacré à la campagne pour les élections législatives 2014 !

3 : D’ailleurs, les câbles de Wikileaks avaient déjà signalé l’existence de relations suivies entre Rached Ghannouchi et l’Oncle Sam [9].

4 : Une constante concernant l’origine du budget d’Ennahdha réside dans le fait que chaque fois que Rached Ghannouchi et ses lieutenants sont questionnés, par les médias nationaux ou étrangers, sur le financement des activités de leur parti, ils restent très évasifs en évoquant les contributions des adhérents. Ce n’est pas le point de vue d’Ahmed Manaï, figure historique du mouvement islamiste tunisien et dissident d’Ennahdha [14], qui voit, lui, dans ce train de vie l’argent sale de ce parti [15].

5 : Burson-Marsteller a signé le contrat concernant cette affaire avec le bureau londonien d'Ennahdha représenté par un certain Ifhat Smith [19], contrat qui a été approuvé par le ministère américain de la justice. Les premières retombées de ce contrat furent l’organisation de la dernière tournée de Rached Ghannouchi aux États Unis d’Amérique [18] et un reportage de la chaine CNN, dont on trouvera un extrait dans [20], donnant une image très positive et d’Ennahdha et de son passage au pouvoir, passant sous silence, entre autres, son passé terroriste [21] et les assassinats politiques perpétrés pendant ce passage.

 

III. Analyse des 22 sources et références de l’article

Remarque préliminaire 

Tout le long de mon article, chaque information, concernant Rached Ghannouchi ou non, a eu droit à sa source, explicitement, et, à ma connaissance, jusqu’à ce jour, aucune de ces sources n’a été mise en cause par Rached Ghannouchi, ni par aucune autre partie et n’a fait l’objet d’une plainte quelconque de quiconque, en Tunisie ou ailleurs. Il en est de même de la référence que j’ai ajoutée en commentaire, le jour même de la parution de mon article, qui stipule : «Certains médias avancent la somme de 18 millions de dollars pour une durée de 45 jours. Jusqu’à ce jour, ni Ennahdha, ni Burson-Marsteller n’ont voulu confirmer ou infirmer ces chiffres ».

Dans ce qui suit, le lecteur trouvera une analyse des dites 22 sources et références, où j’ai conservé leurs numérotations telles qu’elles apparaissent dans l’article, et cela, pour accéder plus facilement aux liens correspondants dans ledit article :

[1], [2], [5] et [21] : [1] et [5] sont des articles et [21] un poème que j’avais publiés auparavant. Quant à [2], c’est une remarque ne concernant ni Rached Ghannouchi, ni le sujet de mon article : elle concerne, Moncef Marzouki, le Président provisoire de la République de l’époque, candidat malheureux à sa propre succession.

[3] : Il s’agit du livre des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, spécialistes du Moyen-Orient, qui n’ont pas besoin d’être présentés, intitulé « Qatar : les secrets du coffre-fort » (Michel Lafon, Paris, 2013). Disons simplement que leurs noms résonnent encore, plus de dix ans après, du souvenir de leur enlèvement par l’Armée islamique en Irak qui les a détenus en otage pendant quatre mois.

[4] : Article intitulé « Un financement public de 12 MD pour la campagne électorale des législatives 2014 » paru sur le site de l’Agence Tunis Afrique Presse qui est l’agence de presse officielle tunisienne.

[6] : Article intitulé « Tunisie - L'association de Daïmi veut acheter 200 moutons », paru dans le plus important journal électronique tunisien Businessnews.com.tn , qui est le plus fiable et qui est classé 1er, au point de vue audience numérique, parmi les journaux électroniques tunisiens qui ne sont pas une édition en ligne d’un journal papier classique, voir, à ce sujet, par exemple, le lien suivant :

http://www.investir-en-tunisie.net/pdf/Classement_Alexa_Top10_01_10_2012.pdf

[7] : Article intitulé « Tunisie : comment le parti islamiste Ennahda se finance-t-il ? » publié par la Rédaction RTBF sur son site RTBF le site de la Radio Télévision Belge Francophone.

[8] : Article écrit en arabe intitulé «تايلور يعترف :واشنطن موّلت حركة النهضة التونسية ولنا اتصالات بأحزاب إسلامية في دول عديدة» , que l’on peut traduire par «Taylor reconnait : Washington a financé Ennahdha et nous avons des relations  avec des partis islamistes dans plusieurs pays», qui constitue des extraits de l’entretien que William Taylor, le Chargé de la Transition démocratique dans les Pays du Printemps Arabe au sein du Département d’ État Américain, a accordé, le 31 janvier 2012, au journal Assabah, le top des quotidiens tunisiens en langue arabe, au point de vue lecteurs et numéros vendus.

[9] : Article intitulé «Financement des partis politiques : qui finance Ennahdha?» paru sur le blog thalasolidaire (thala, en souvenir de la ville martyre de Thala) qui se situe parmi les blogs réputés sérieux et fiables, traitant de la post-Révolution tunisienne et qui ont le plus d’audience numérique.

[10] : Article intitulé « Infraction aux règles de financement des campagnes électorales : "Des moyens dissuasifs plutôt flasques" » paru dans Le Temps, le quotidien classé deuxième parmi les quotidiens tunisiens en langue française, au point de vue lecteurs et numéros vendus.

[11] : Article intitulé «Tunis – Cour des Comptes : difficultés du contrôle du financement des partis politiques » paru sur le site de L'Economiste Maghrébin, important journal traitant les actualités et news économiques, politiques, financières et sociales.

[12] : Article intitulé « L’argent caché d’Ennahdha », dont l’auteur, Guillaume Dasquié, est « journaliste et écrivain, (…) auteur de cinq ouvrages, principalement des essais et des livres d'investigation touchant les questions géopolitiques et la raison d'État. Il a également publié des enquêtes dans Le Monde et Libération ». Cet article est paru sur le site de OWNI qui « est un site Web  d'information français, créé  dans le cadre de la lutte contre la loi Hadopi. Il se présente comme un digital think tank».

[13] : Article intitulé «Une vidéo d’"Attassia Massaan" montre des participants à la manifestation d’Ennahdha se faire payer», vidéo qui fut diffusée sur Attounissia TV, le lundi 11 février 2013, au cours de son émission phare à grande écoute Attassia Massaan et article paru dans le journal électronique tunisien tuniscope.com.tn, classé  2ème, au point de vue audience numérique, parmi les journaux électroniques tunisiens qui ne sont pas une édition en ligne d’un journal papier classique, voir, à ce sujet, par exemple, le lien suivant :

http://www.investir-en-tunisie.net/pdf/Classement_Alexa_Top10_01_10_2012.pdf

[14] + [15] : [14] est un article intitulé « Ahmed Manai, une des principales figures de l'opposition à Ben Ali », paru sur le site de Huffington Post Maghreb, à savoir huffpostmaghreb.com , qui est l’édition au Maghreb du célèbre Huffington Post, l’un des plus importants journaux d'information américains publiés exclusivement sur Internet dont l’édition en France, soit dit en passant, a été lancée en partenariat avec le groupe Le Monde. Quant à [15], c’est un article intitulé « Ahmed Manaï dénonce l’argent sale d’Ennahdha et l’avidité du pouvoir » paru sur le plus important journal électronique tunisien Businessnews.com.tn  , analysé ci-dessus dans [6]. Dans [15], Ahmed Manaï reconnait avoir eu un «parcours islamiste puis celui de réfractaire au parti Ennahdha ».

[16] : Article intitulé « Campagne électorale : Vidéo copiée, photo volée, promotion américaine, Ennahdha répond » paru dans le Huffington Post Maghreb, précédemment analysé dans [14] + [15].

[17] : Article intitulé « Tunisie : Burson-Marsteller percevra 18 millions $ pour la comm d’Ennahdha pendant 45 jours » publié sur le site de L’Agence Ecofin, agence de presse domiciliée à Genève et dirigée par la société genevoise Séquence Media, société qui a aussi, à son actif, entre autres, la création de l’hebdomadaire financier Les Afriques.

[18] : Article intitulé «Tunisian Islamists hire US lobby shop», publié sur le site d’ Al-Monitor, dont le sommaire est «Ennahda has hired PR giant Burson-Marsteller to boost the party's image ahead of next month's elections». Al-Monitor, domicilié à Washington, est considéré comme le site d’actualités le plus complet sur le Moyen-Orient. Il publie, aussi, dans les quatre langues de cette région, à savoir : l’arabe, l’hébreu, le persan et le turc. Voir, aussi, à ce sujet le lien suivant :

http://www.jeuneafrique.com/mag/250333/politique/limage-dennahdha-a-letranger-confiee-a-une-agence-americaine/

[19] : Lien PDF contenant l’enregistrement du contrat entre Ennahdha et Burson-Marsteller auprès du Département de la Justice américain, révélé, pour la première fois, par Al-Monitor, le 22 septembre 2014, dans l’article [18] ci-dessus.

[20] : Une vidéo de la chaine CNN, parue sur Facebook fin septembre 2014, donnant une image très positive et d’Ennahdha.

[22] : Note rappelant la mission de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les Elections).

 

IV. Conclusion : La plainte

J’ai été invité par courriel, il y a moins d’une semaine, le 1er octobre 2015, par la “Direction Régionale de la Police Judiciaire - Groupe Presse - Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne” attachée au Tribunal de Grande Instance de Paris, à « prendre attache avec [ce] service en urgence dans les meilleurs délais ”, et cela, «“Dans le cadre de la Commission Rogatoire n° 2850/15/54 délivrée le 04/09/2015 par Mme Carole VUJASINOVIC - Juge d'Instruction au TGI de Paris (75) - pour des faits de "Diffamation Publique envers un Particulier" en date du 22/10/2014, concernant des propos diffusés sur un blog de "Médiapart" sous le nom de: Salah HORCHANI ».

En réponse à ce courriel, j’ai adressé, le même jour, au dit service un mail dans lequel j’ai sollicité plus de détails sur les faits qui me sont reprochés, mail se terminant par :

« Aussi, je vous saurais gré de bien vouloir m’indiquer l’article, parmi ces 418 [que j’ai publiés sur mon blog de Médiapart], et les faits de "Diffamation Publique envers un Particulier" qu’on m’impute, ainsi que l’identité de ce Particulier ».

En guise de réponse, on m’a informé que l’article incriminé est l’article mentionné à l’ouverture du paragraphe I ci-dessus et « Le plaignant est : Mr KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached » (sic), sans mentionner les faits de «Diffamation Publique envers un Particulier » dont Mr KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached, m’accuse. Et, ma première réaction fut d’écrire sur ma page Facebook le message suivant :

« Cheikh KHERIGI, dites-nous pourquoi ! Je suis citoyen tunisien, résidant en Tunisie et ne possédant que la nationalité tunisienne. Je ne comprends pas pourquoi le dénommé "KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached" a choisi de porter plainte à Paris, et non à Tunis, contre moi, pour diffamation. Il est à noter que bien que le siège de Mediapart se trouve à Paris, Cheikh KHERIGI avait le choix, car, la loi tunisienne, dans ce cas de figure, lui permettait de déposer sa plainte en Tunisie ».

Le 2 octobre 2015, ladite Direction Régionale de la Police Judiciaire m’a adressé un courriel dans lequel elle m’invite à répondre à quatre questions, dans le cadre de cette plainte, dont la dernière est «Reconnaissez-vous être auteur des faits de "Diffamation Publique envers un Particulier" dont le plaignant vous accuse?». Ce qui m’a conduit à adresser au dit service un courriel daté du même jour où j’ai écrit «Afin que je puisse répondre [à votre dernière question] j’ai besoin de connaître les faits de "Diffamation Publique envers un Particulier" dont le plaignant, Mr KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached, m’accuse ?».

Et c’est dans un courriel reçu hier mardi 6 octobre de la part de la Direction Régionale de la Police Judiciaire (alors que les paragraphes I, II et III ci-dessus de cet article ont été déjà écrits en prévision de la préparation de ma défense) que j’ai pris connaissance, enfin, « des faits de "Diffamation Publique envers un Particulier" » dont Mr KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached m’accuse : les seuls passages que le plaignant a considérés diffamatoires dans tout mon article sont au nombre de deux, plus précisément,

1. Un extrait contenu dans la photo de la page 198 du livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot (référence [3] de mon article) que j’ai mise en ouverture, à savoir «Alors que j'attendais de rencontrer Cheikh Hamad, j'ai entendu l'émir donner instruction qu'une aide de 150 millions de dollars soit accordée au chef du parti islamiste tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi qui me précédait chez Hamad», extrait dont je ne suis évidemment pas l’auteur et le sujet, grammaticalement, de cette phrase n’est pas moi (fait que je mentionne à l’attention de ceux qui se seraient un peu perdus dans les détails de cet article), mais, cet extrait figure dans mon article, dans sa photo d’ouverture, photo de la page 198 du livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot.

2. Le passage suivant de mon article, passage dont je suis évidemment l’auteur :

« Un exemple caractéristique du premier type de cheminement de cet argent sale est le chèque de 150 millions de dollars USA (je dis bien «150 millions de dollars » ) que l’ex Émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa al Thani , avait remis à Rached Ghannouchi, comme le mentionne la page 198, reproduite ci-dessus en ouverture de cet article, du livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot [3] »,

passage qui est une déduction logique de l’extrait contenu dans la photo de la page 198 du livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot dont il est question ci-dessus.

Autrement dit, dans tout mon article incriminé, les seuls et uniques propos jugés diffamatoires par Rached KHERIGI dit Rached GHANNOUCHI sont ceux relatifs au passage du livre de Christian Chesnot et Georges Malbrunot (Qatar les secrets du coffre-fort), reproduit en photo, à l’ouverture de mon article -  propos qui, pour rappel, représentent, environ, 1% de son texte intégral - article traitant, rappelons-le,  exclusivement de a à z, comme son titre l’indique,  de «l’argent illicite du parti islamiste tunisien Ennahdha». Ce qui implique que Mr Rached GHANNOUCHI reconnait tous les faits contenus dans les 99% restants.

Et, à ma connaissance, Rached Ghannouchi n’a pas engagé de procès contre les deux journalistes français, ni contre les nombreux médias et auteurs, de diverses nationalités, qui ont relayé l’information selon laquelle il a reçu 150 millions de dollars de la part de l’Émir du Qatar, excepté moi ! Alors que, dès la parution du dit livre, son directeur de cabinet, Zoubeir Chehoudi, a déclaré sur les ondes de Shems FM, le lundi 15 avril 2013,  qu’un avocat a été chargé d'étudier le dossier et a laissé entendre que les deux journalistes seront poursuivis en justice7). Mais, les deux journalistes n’ont pas été poursuivis, malgré leurs déclarations, oh ! combien réitérées, dans les nombreux interviews qui ont accompagné la promotion de leur livre, déclarations affirmant qu’ils possèdent des preuves, sans appel, concernant toutes, absolument toutes, les informations qui y sont rapportées. Ce livre renferme, également, une autre information concernant le financement d’Ennahdha par le Qatar. En effet, il y est rapporté une discussion entre un ministre français en exercice et Mohamed Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France, qui a eu lieu peu après la victoire de François Hollande aux élections présidentielles, au cours de laquelle le premier a dit au second : «Vous financez les islamistes, notamment en Tunisie, tout cela nous dérange un peu»8) . Et, c’est certainement tout cela qui a découragé Rached Ghannouchi et ses conseils de porter plainte contre Georges Malbrunot et Christian Chesnot, persuadés que c’était peine perdue. Et, c’est cela qui m’a amené à employer l’indicatif et non le conditionnel dans le passage 2. ci-dessus qui m’est incriminé par Rached Ghannouchi, unique passage dont je suis l’auteur apparaissant dans le texte de sa plainte, d’après les informations contenues dans les courriels que j’ai reçus de la part des enquêteurs (voir l’historique de ces courriels ci-dessus), mais, passage qui est un corollaire immédiat et naturel de l’extrait contenu dans la photo de la page 198 du livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot sus-cité. Cet emploi de l’indicatif, au lieu du conditionnel, est aussi présent dans le texte de plusieurs des dits auteurs qui ont relayé ladite information, et ils sont légion en Tunisie. Cela me conduit, naturellement, à me demander pourquoi, devant des preuves aussi solides, dont il était le premier à avoir connaissance, ose-t-il, en mettant en doute ma bonne foi, m’accuser de diffamation, à moins qu’il pense qu’il est plus facile de me faire condamner, moi, plutôt que les auteurs du livre, ou bien les autres auteurs qui ont soulevé le problème des financements supposés douteux d’Ennahdha, et ils sont très nombreux. Ce qui lui permettrait de faire d’une pierre deux coups : D’abord, blanchir, juridiquement, cet argent politique d’origine douteuse, ensuite, lancer un message d’intimidation et d’avertissement, qui plus est ayant un support juridique sous-jacent du pays des Droits de l’homme, la France, qu’il n’hésitera pas à exploiter et à médiatiser, au cas où…, je disais donc, lancer un message à ses opposants et aux lanceurs d’alerte qui seraient tentés, à l’avenir, de critiquer les financements d’Ennahdha ou d’investiguer sur leur origine. D’ailleurs, je pense que la propagande partisane qu’il pourrait véhiculer à partir de ce support sous-jacent, au cas où…, et le fait que je sois matériellement handicapé pour m’assurer l’assistance d’un conseil juridique à Paris constituent deux des principales raisons qui ont motivé son choix de porter plainte contre moi à Paris, plutôt qu’à Tunis. En outre, il est fort probable, au cas où…., que Rached Ghannouchi, s’appuyant sur la fameuse stratégie de «la Taqiya» négative9), stratégie dans laquelle il excelle à merveille, comme il l’a montré, entre autres, lors des débats qui ont animé l’écriture de notre nouvelle Constitution (voir la référence 1), par exemple), stratégie caractéristique des islamistes de tous bords et de tous pays, élevée au rang de crédo, je disais donc, il est fort probable, au cas où…., que Rached Ghannouchi n’hésitera pas une seconde à développer, tous azimuts, un discours du type : «Vous voyez, la justice française, justice du pays des Droits de l’homme, a conclu qu’Ennahdha n’a pas de financements douteux, n’a pas de financements étrangers», oubliant volontairement, mais, en son âme et conscience, grâce à la sainte Taqiya, que sa plainte concernait uniquement les financements d’Ennahdha d’origine qatarie.

Dans ce cadre, il serait logique et souhaitable, pour faire la vérité, que le tribunal auditionne, comme témoins dans cette affaire : Christian Chesnot, Hamad Ben Khalifa al Thani, l’ex Émir du Qatar, Georges Malbrunot, Walid Mouallem, Ministre des Affaires étrangères de Syrie, qui est le sujet, grammaticalement, de la phrase  du passage 1. ci-dessus qui m’est incriminé, ainsi que le ministre français en question, interlocuteur de l’ambassadeur du Qatar en France.

Il convient de mentionner que je n’ai toujours pas le texte de la plainte et ne sais toujours pas sa date dépôt !

Enfin, je suis vraiment touché par toute la solidarité active née autour de cette affaire, réunissant les deux rives de la Méditerranée, solidarité portée par des citoyens que je ne connais pas personnellement, des militants de la société civile, des artistes, des avocats, des blogueurs, des hommes politiques, des journalistes, des universitaires,… À toutes et à tous, je dis merci !

Pour terminer cet Article, je ne peux pas trouver mieux, après avoir subi, pour mes écrits, des intimidations et même reçu des menaces de mort, qui ont été enregistrées dans un procès-verbal auprès de la  Direction Régionale de la Police Judiciaire dont dépend mon domicile, que de rappeler ce qui a toujours guidé mon action et mon engagement en tant qu’universitaire-citoyen10) , à savoir, alerter, à tout moment, par tous les moyens, autorités et citoyens, avec courage, franchise, clarté et réalisme, en faisant abstraction des risques éventuels encourus, afin que l’on ne dise pas demain :

« Ils savaient et ils se sont tus !» .

 

V. Notes ajoutées le 12 octobre 2015 

1. Demande d’un coup de main ! 

Bonjour, cher(e)s Ami(e)s, d’ici et d’ailleurs,

Afin de préparer ma défense contre cette plainte explicitée ci-dessus, j’ai besoin de la liste la plus exhaustive possible, dans toutes les langues, de tous les articles, vidéos etc. qui ont relayé l’information selon laquelle KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached aurait reçu 150 millions de dollars de la part de l’Émir du Qatar, information publiée dans le livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot intitulé «Qatar : les secrets du coffre-fort» sus-cité, je vous saurais gré de me communiquer, à votre convenance, en commentaire de cet article, par message privé sur Mediapart, sur ma page Facebook ou par n’importe quel autre moyen possible, les liens que vous connaissez conduisant aux dits articles, vidéos etc.  

Les ami(e)s qui sont déjà sur ma liste d’amis Facebook peuvent me transmettre ces dits liens par Message Facebook privé.  

Je suis preneur de tout et, évidemment, vérifierai tout !  

Merci pour votre collaboration pour que la vérité se fasse !


2. C’est le pot de terre contre le pot de fer 

Je viens d’apprendre par un cadre nahdhaoui (partisan d’Ennahdha), qui fut mon étudiant et qui fut persécuté sous le régime Ben Ali, à qui j’avais donné un coup de main "humain" à cette époque, geste qu’il n’a pas oublié et qui  nous a permis, malgré nos engagements politiques aux antipodes, de garder des relations, disons, de bon respect et d’estime mutuels, que Rached Ghannouchi aurait pris comme Conseil juridique, dans cette plainte contre moi, l’un des plus grands cabinets d’avocats londoniens, spécialiste dans le traitement  d’affaires dans le domaine de la diffamation; on dit même que c’est ce cabinet qui est l'inventeur de l’Industrie de la diffamation. Parmi ses clients on trouve un grand nombre de gouvernements, de chefs d’État et de personnalités politiques et médiatiques du monde entier, parmi lesquelles on peut citer Recep Tayyip Erdogan, président de la Répubique turque, et Sheikha Mozah bint Nasser Al Missned (épouse de l'ex Émir du Qatar), et ses collaborateurs à Paris sont les avocats de personnalités de la politique, du spectacle, des affaires,… parmi lesquelles on peut citer : Emmanuelle Béart, Marion Cotillard, Julie Gayet, Arnaud Montebourg et Nicolas Sarkozy. 

Quel honneur pour moi, moi qui n’ai pas encore d’avocat !


3. Médiatiser pour informer, alerter et se protéger

Des ami(e)s m’ont fortement conseillé de ne pas médiatiser l’affaire, pour ne pas perturber la marche normale de la justice. Ils auraient raison, si le plaignant était un citoyen lambda. Or, il ne l’est pas : C’est le président-fondateur d’un parti politique qui n’a pas toujours fait que de la politique ; voir, à ce sujet, mon poème intitulé «Tunisie - Ennahdha, c’est aussi de l’islamisme conjugué avec le terrorisme et le mercantilisme »2) . Il est aussi vice-président de l'Union Internationale des Savants Musulmans, qu’il convient d’appeler «l’Académie de l’Internationale Islamiste», à cause de la conformité de ses prises de position ou celles de ses dirigeants, dont le plaignant, avec l’idéologie de la fameuse confrérie des Frères musulmans, comme, par exemple, dans les conflits actuels qui gangrènent le Monde musulman, organisation dont le siège se trouve au…Qatar, fondée en 1994 et présidée depuis par Youssef Al Qaradawi11) , le milliardaire frère musulman prédicateur télé-islamiste propagandiste attitré d’Al-Jazeera, à partir de laquelle il sermonne  les musulmans de la planète, « conseiller spécial spirituel » des Cheikhs et Cheikhas régnant au Qatar et Mufti va-t-en-guerre des djihadistes, Youssef Al Qaradawi, persona non grata en France, où le Président Nicolas Sarkozy lui a refusé d’assister à la  29ème Rencontre annuelle de lUnion des organisations islamiques de France (UOIF), en avril 2012, ce même Youssef Al Qaradawi qui, dans une lettre adressée au Président François Hollande, après les barbares tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, a eu le culot de réclamer de la France « une loi incriminant l’outrage des religions, des prophètes et du sacré »12) (sic), je disais donc vice-président qui, en outre, ne cache pas son rêve de succéder à son président. Et les non-initiés qui souhaitent comprendre un peu plus qui est Rached Ghannouchi sont invités à se rappeler le vieil adage populaire qui dit : «Dis-moi qui tu fréquentes, je te dis qui tu es», adage on ne peut plus vrai, en particulier, quant au regard que portent Youssef Al Qaradawi11) et Rached Ghannouchi sur la femme. En effet, le regard du premier est clairement porté par la citation de la référence 11) ci-dessous, quant à celui de Rached Ghannouchi, il est parfaitement porté par son analyse suivante de la nature féminine où il réduit la femme à un simple objet sexuel :

«La différence entre les deux sexes repose, essentiellement, sur les fonctionnalités sexuelles, et les spécificités de la femme tournent autour de ses fonctions sexuelles. Chaque spécificité de la femme a un lien avec sa fonction sexuelle ou est le résultat de cette fonction, essentielle chez la femme (...) et qui est le fondement de la nature féminine, alors que toute autre caractéristique reste secondaire, fluctuante,tout aussi fondamentale soit-elle» (sic), texte traduit de l’arabe par moi-même, à partir du livre de Rached Ghannouchi13).

Dans ce contexte, il convient de rappeler  que l’opinion de Madame Rached Ghannouchi «vis-à-vis du statut de la femme tunisienne aujourd’hui» ne contredit point celle de Monsieur Rached Ghannouchi, puis qu’elle a déclaré:

«La femme n’a pas lutté pour avoir sa liberté. Mais, cette liberté lui a été accordée par ce Statut [le Code du Statut Personnel].  Alors, elle n’a pas su bien œuvrer et elle abuse de cette liberté (…) je ne suis pas contre [la polygamie] parce que, à mon avis, la monogamie a abouti à une mauvaise situation pour les hommes, parce qu’elle a abouti à l’adultère, la débauche»14) .

Il est à noter que cette déclaration  est  faite dans la langue de Molière.

Devant de telles ……… !, je ne peux que répondre par ces quelques vers ouvrant mon poème intitulé «Tunisie - Aux femmes de mon pays - À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes» 3) :

Femmes tunisiennes, que de luttes vous avez menées,

Petites filles, bien avant la puberté,

Adolescentes, célibataires ou mariées,

Souvent, toutes seules, incomprises, bafouées

Parfois, humiliées, violentées, malmenées,

En famille, à l’école, au travail, en société,

Dans un monde qui est gouverné et dominé

Par une gent masculine brutale et bornée,

Sans parler de votre quotidien à trois journées :

Famille-maison-emploi, qu’il faut toujours gérer,

Mais, sans cesse, combatives, dignes et décidées

Je dois dire, aussi, à ces amis qui ont essayé de me dissuader de médiatiser cette affaire  qu’il y a,  au contraire, une  absolue nécessité de la médiatiser pour informer, pour alerter, car, cette plainte de Racched Ghannouchi contre moi n’est pas isolée, mais, en réalité, elle s’intègre - fait que j’ai seulement appris après la rédaction de la première édition de cet article - dans une nouvelle et vaste stratégie ayant pour cible l’Occident, imaginée et arrêtée par la Confrérie des Frères Musulmans dont Ennahdha constitue la succursale tunisienne, stratégie qui consiste à intenter des procès en diffamation contre les journalistes, les écrivains, les universitaires, les associations, les militants de la société civile,…qui oseraient critiquer l’islamisme ou ses méthodes, qui oseraient alerter sur les nombreux risques qu’il fait encourir à toutes les sociétés, qu’elles soient musulmanes ou autres, stratégie qui a été brillamment exposée par mon collègue et amie l’universitaire  Valentina Colombo, Professeure de géopolitique dans le monde musulman à l’Université Européenne de Rome, dans un récent article15) où sont citées plusieurs victimes de cette nouvelle donne islamiste. D’ailleurs, Rached Ghannouchi y est également cité, évidemment pas comme victime, mais, comme exemple de dirigeant islamiste jouissant d’un bon Conseil juridique permanent en Occident. Vers la fin de son article, elle écrit cette phrase à méditer  : «However, Western judges have not realised yet that anti-defamation laws have been exploited by political Islam in the West to silence the other, that political Islam is not Islam and does not represent the majority of Muslims living in Europe». Valentina Colombo appelle cette nouvelle stratégie islamiste «The Jihad by cour», expression que Mohamed Louizi16), l’une de ses actuelles victimes en France, a traduite, dans le contexte français, par «Le Djihad  par les tribunaux de la République», facette du Djihad quasi –absente dans le Monde musulman où, au contraire, les islamistes ne sont pas du tout friands de plaintes pour diffamation, comme ce fut le cas, en Tunisie, dans cette affaire de 150 millions de dollars qataris qui fut relayée par presque tous les médias, par des dizaines de blogueurs, par des centaines, voire des milliers, de facebookeurs,…, majoritairement employant le mode indicatif et non le conditionnel, et, personne, absolument personne, ne fut inquiété, pour ses écrits et dires, par la justice, excepté l’auteur de cet article qui a eu l’honneur d’avoir droit à une telle plainte contre lui, déposée par Mr KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached, N°1 actuel et historique du parti islamiste tunisien Ennahdha, auprès du parquet de  Paris, et non celui de Tunis, comme le lui permettait la Loi tunisienne, bien que le siège de Mediapart se trouve à Paris et que la publication incriminée soit diffusée depuis la France, étant donné qu’elle est accessible depuis la Tunisie et que nous sommes deux citoyens tunisiens résidant en Tunisie, dont l’un (S.H.) ne possédant que la nationalité tunisienne, l’autre (K. dit G.R.) jouissant d’au moins une autre nationalité, à savoir, la soudanaise - le Soudan, un pays aux antipodes de l’exception tunisienne, où, par exemple, la polygamie est légale  ! - nationalité qui lui a même permis de voyager avec un passeport diplomatique17). Mais, le Djihad par les tribunaux de la République Française oblige, ainsi a décidé la Confrérie des Frères musulmans15).

Enfin, et pour conclure, que l’on sache que je n’ai aucune animosité personnelle contre le plaignant, mais, que l’on sache aussi que, pour ma Tunisie18) , je lutterai de toutes mes forces et avec toute mon énergie, loyalement et démocratiquement, jusqu’à mon dernier souffle, contre les valeurs et le choix de société qu’il véhicule, quoi que me coûte ce combat !

Last but not least, j'ai médiatisé l’affaire, aussi, pour me protéger  (voir, à ce sujet, la conclusion du paragraphe IV ci-dessus) et je sollicite la bienveillance de Mesdames et Messieurs les enquêteurs et les juges pour me pardonner cet écart !

 

Salah HORCHANI

1.a.) http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pour-le-parti-islamiste-tunisien-115772

1.b.)http://www.jeuneafrique.com/173908/politique/tunisie-les-vid-os-de-ghannouchi-bad-buzz-pour-un-th-ocrate/

2) Extrait de mon poème intitulé «Tunisie - Ennahdha, c’est aussi de l’islamisme conjugué avec le terrorisme et le mercantilisme », paru sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/061014/tunisie-ennahdha-c-est-aussi-de-l-islamisme-conjugue-avec-le-terrorisme-et-le-mercantilisme

3) Voir, à ce sujet, mon poème intitulé «Tunisie - Aux femmes de mon pays - À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes», paru sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/010314/tunisie-aux-femmes-de-mon-pays-l-occasion-de-la-journee-internationale-des-droits-des-femmes

4) Pierre Puchot est un grand ami de la Révolution tunisienne, Reporter Maghreb & Moyen-Orient à Mediapart depuis 2008, auteur de deux essais sur la Tunisie : Tunisie, une révolution arabe (Galaade, 2011), préfacé et postfacé, respectivement, par Radhia Nasraoui et Saber Mansouri, et La révolution confisquée/enquête sur la transition démocratique en Tunisie (Sindbad/Actes Sud, 2012).

5)http://www.mediapart.fr/journal/international/231014/tunisie-le-duel-entre-ennahda-et-les-reseaux-dancien-regime-monopolise-la-campagne

6) http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/231014/tunisie-elections-2014-meme-un-journaliste-competent-connaissant-bien-son-sujet-n-est-pas-l-abr

7)http://www.tunivisions.net/42841/566/548/tunisie-partis-politiques-ennahdha-dement-que-rached-ghannouchi-ait-empoche-150-millions-de-dollars-du-qatar.html

8) page 226 de l’édition du dit livre, format poche, de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, parue dans les éditions J’ai lu (Groupe Flammarion). Le premier passage que le plaignant a considéré diffamatoire, rapporté ci-dessus, se trouve, dans cette édition, à la page 193.

9) Le terme « Taqiya » (= تقيّة, en arabe) peut être traduit par « pratique de la dissimulation pour se prémunir» dont un corollaire immédiat est la pratique du double discours. Cette pratique a, principalement, deux utilisations dans les milieux islamiques. La première, qu’on pourrait appeler la Taqiya défensive ou positive et qui fut, historiquement, la plus répandue, a consisté à dissimuler ses convictions religieuses afin d’éviter les persécutions. Ce fut le cas, par exemple, de groupes minoritaires chiites vivant au sein d’une majorité sunnite ou bien des minorités musulmanes de l'Espagne et du Portugal de la Reconquista, en observant clandestinement leur pratique religieuse tout en se comportant cultuellement, publiquement, comme la majorité. La seconde utilisation, qu’on pourrait appeler la Taqiya offensive ou négative, fut théorisée à l’extrême par Hassan Al-Banna et a retrouvé sa réelle dimension avec la Confrérie des frères musulmans qu’il a fondée et dont Ennahdha est la succursale tunisienne, comme il est mentionné ci-dessus. Ainsi, Hassan Al-Banna exige de ses ouailles d’être capables de faire preuve de « patience, de dissimulation et de préservation du secret ». Cette théorisation, qui a mis Machiavel et ses théories échec et mat, a impliqué dans la pensée des frères musulmans plusieurs corollaires parmi lesquels on peut citer :

- garder secret ce que l’on prépare et dire et montrer le contraire ;

- pour les besoins de la cause, pour éviter les confrontations directes ou pour gagner en respectabilité, la pratique de la tromperie active est permise et même conseillée, par exemple, participer à des processus électoraux tout en étant, en son for intérieur, de farouches adversaires de la démocratie qu’ils incarnent, puisque le label de l’islamisme (dans le sens de l’Islam politique) est constitué par l’axiome : La Sharia est Constitution et Codes.

10)qui a déjà constitué la conclusion de mon Mémoire de 1998 cité dans mon article publié, entre autres, sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/180312/trop-cest-trop-monsieur-moncef-ben-salem-ministre-tunisien-de-l-ense,

ainsi que la conclusion contenue dans ce lien.

Il s’agit d'un mémoire intitulé « Pour un autre Projet du Système Educatif, en général, et des Facultés des Sciences, en particulier» (138 pages, Département de Mathématiques, Faculté des Sciences de Tunis, mai 1998), constituant un contre-Projet au Projet imposé par la Banque mondiale , Projet qui a conduit à la plus importante réforme de l’Enseignement supérieur qu’a connue le pays , réforme ayant conduit, en particulier, pour satisfaire aux exigences de la Banque mondiale, à une chute vertigineuse du niveau de nos enseignements et à une spectaculaire politique d’encouragement à la privatisation de l’Enseignement Supérieur.

Ce Mémoire a été tiré à six cents exemplaires qui ont été distribués, pour moitié, à des collègues, et pour l’autre, à tous les responsables, décideurs et acteurs de l’Enseignement supérieur, à tous les niveaux, de l’époque (Chef de l’État, Ministres, Présidents des Universités, Doyens, Syndicalistes, Députés, Journalistes,…).

11) célèbre, entre autres, pour ses recettes, "islamiquement" licites, relatives au traitement des conflits conjugaux. Ainsi, voici ce qu’il  a écrit sur la manière dont un musulman doit traiter son épouse "rebelle" : «après avoir tenté de rectifier de son mieux l'attitude de son épouse à l'aide de mots choisis, en usant de persuasion subtile et en raisonnant. En cas d'échec, il devra faire couche séparée, tachant ainsi d'éveiller son agréable nature féminine de façon à ce que la sérénité soit restaurée  (…) Si cette approche échoue, il lui est permis de la battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d'éviter le visage ou d'autres parties sensibles. En aucun cas il ne pourra user d'une canne (stick) ou d'aucun autre instrument pouvant causer de la douleur ou la blesser » (quelle délicatesse !) ; voir, à ce sujet, la page 66 du livre suivant :

Samir Khalil Samir, Islam en Occident : les enjeux de la cohabitation (éd. Saint-Augustin, Saint-Maurice, Suisse, 2009).

12)http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/L-imam-al-Qaradawi-adresse-une-lettre-a-Francois-Hollande-2015-02-10-1278999

13) Voir, à ce sujet, mon billet intitulé «Journée internationale des droits des femmes 2015 – Monsieur Rached Ghannouchi, vous osez !», paru sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/070315/journee-internationale-des-droits-des-femmes-2015-monsieur-rached-ghannouchi-vous-osez

À l’attention des lecteurs arabophones : Le livre de Rached Ghannouchi dont est extraite cette citation peut être téléchargé à partir du lien suivant :

http://www.mediafire.com/view/1vf093iy7jhpmfy

La citation elle-même se trouve à la page 50 dans la numérotation des pages du fichier PDF et à la page 54 dans celle du livre.

Par ailleurs, l’allégeance indéniable de Rached Ghannouchi à l’idéologie des Frères musulmans a été soulignée par la chercheuse, politologue et islamologue Allemano-tunisienne Khadija Katja Wöhler-Khalfallah : « À Qaradawi, Ghannouchi a dédié tout un livre : "Al-ouasatiyya 3inda Youssef Al- Qaradawi(La voie du juste milieu chez Youssef Al- Qaradawi). Dans celui-ci, il présente avec grande admiration et sans la moindre critique les grand traits de l’idéologie de Qaradawi, banalisant totalement ses positions extrémistes et laissant sous-entendre une adhérence inconditionnée », écrit-elle dans :

http://nawaat.org/portail/2013/10/13/rached-ghannouchi-et-les-freres-musulmans/

Qui plus est, les photos de Rached Ghannouchi et des autres leaders, actuels et historiques, de la Confrérie des frères musulmans dont celle, évidemment, de Youssef Al- Qaradawi, agrémentaient les murs du hall du siège central de la Confrérie, au Caire, avant d’être brûlées dans l’incendie qui l’a ravagé lors du soulèvement populaire égyptien contre le pouvoir des « Frères », au mois de juillet 2013. Voir, à ce sujet, le lien suivant :   

http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=20828

Enfin, je reproduis ci-dessous, tel quel, l’avis, daté du 7 avril 2003, de la justice canadienne concernant Ennahdha et Rached Ghannouchi :

« Le MTI/Ennahdha est un mouvement qui prône l’usage de la violence ; il est composée d’une branche armée qui utilise des méthodes terroristes et qui est financé par plusieurs pays et mouvements. Cette branche du mouvement est impliquée dans des assassinats et des attentats à la bombe (…) Le leader du mouvement, M. Rached Ghannouchi, un terroriste faisant partie intégrante de l'internationale islamiste, est considéré par certaines sources comme étant l'un des maîtres à penser du terrorisme»,  

lit-on dans les points [19] et [20] du document suivant émanant du Ministère canadien de la Citoyenneté et de l'Immigration et publié sur le site officiel du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l'espace francophone) :

http://www.refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain?docid=47161475d

14)https://www.youtube.com/watch?v=DZ63rfcgtss

Le Code du Statut Personnel (CSP), auquel se réfère Madame Rached Ghannouchi, fut promulgué le 13 août 1956 par Habib Bourguiba, la bête noire des islamistes, moins de cinq mois après la proclamation de l’Indépendance. Ce Code a sorti la femme tunisienne des ténèbres, en lui permettant, notamment, de gérer librement sa vie, sans aucune tutelle ni aucune contrainte, en particulier pour ce qui concerne le mariage et le divorce, Code qui a interdit la polygamie et la répudiation et qui a introduit, implicitement, bien que timidement, une exception tunisienne non négligeable dans le Monde Musulman, à savoir : la Sharia n’est pas la source obligée du Droit Tunisien. Contrairement à ce qu’affirme Madame Rached Ghannouchi, le CSP n’est pas venu de nulle part, mais, fut le fruit d’un long combat qui a commencé au début du XXème par l’émergence, en Tunisie, d’un Mouvement féministe, très proche du mouvement anticolonialiste, porté par des femmes et par des hommes qui ont payé très cher leur engagement.

15)http://www.ikhwan.whoswho/en/archives/706

16)http://blogs.mediapart.fr/blog/mohamed-louizi/191015/amar-lasfar-et-le-jihad-par-les-tribunaux-de-la-republique

17) Rached Ghannouchi reconnait, explicitement, ce fait dans la vidéo ci-dessous, de la minute 0 :15 à la minute 0 : 40

https://www.youtube.com/watch?v=aX51ExmmdIQ,

vidéo dans laquelle il fait, par ailleurs, de la minute 0 : 45 jusqu’à la fin, l’éloge des Frères musulmans soudanais jusqu’à affirmer :

« Les liens qui m’unissent à ce pays [le Soudan] ne sont pas des liens normaux : ce sont des liens qui relèvent de l’intellect et de l’âme et Ennahdha a toujours considéré le Soudan [l’islamisme soudanais] comme étant un centre de rayonnement et d’inspiration pour elle, et cela, pour l’expérience intellectuelle d’avant-garde de haut-niveau qu’a véhiculée ce pays, expérience qui a influencé beaucoup de mouvements islamistes dont Ennahdha qui fut, probablement, le premier à s’en inspirer».

Allez réciter cela à la femme lapidée, au citoyen soudanais dont la justice-sharia a coupé la main, pour avoir volé, ou condamné à la pendaison, pour avoir adopté une autre religion que l’islam,…. Allez réciter cela aux dizaines de milliers, voire aux centaines de milliers, de victimes des crimes contre l'humanité commis au Soudan, attestés par la Commission d'enquête de l’ONU sur les violations des Droits de l'homme perpétrées au Soudan, comme le montre, par exemple, le lien suivant :

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=9888&Cr=Soudan&Cr1=Darfour#.VjsVX-9dHzA

18) Quelques conséquences de l’islamisme qu’a subies la Tunisie et qu’elle encourt en permanence sont décrites dans mon poème intitulé «Ne t’en fais pas…ma Tunisie…Ne t’en fais pas !», paru sous le lien suivant : 

http://horchani.blog.lemonde.fr/2014/01/12/ne-ten-fais-pasma-tunisiene-ten-fais-pas/

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