Fête de la Révolution:17/12 ou 14/01 (À l’occasion du 74ème anniversaire de l’UGTT)

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Prix Nobel de la paix 2015, qui fête, ce lundi, le 74ème anniversaire de sa fondation, fut l’un des principaux artisans de notre indépendance et du Printemps tunisien, est un acteur de premier ordre de notre transition démocratique, une force de médiation incontournable pour toute la société et un bouclier pour la défense de la civilité de l’État.

C’est à l’UGTT qu’il doit, en priorité, demander cela
Car, c’est elle qui, les derniers jours de la Révolution, opéra
Sans ses mobilisations régionales, la Révolution ne serait pas
Notre Fédération de l’Enseignement supérieur y contribua
Dans toutes les régions, et, souvent, le syndicat étudiant s’y rallia
Je veux dire le moderniste, car, l’islamiste n’y participa pas
A l’image de ses aînés d’Ennahdha pour qui la Révolution passa
Sans y être mêlés, sans avoir à vivre ses violences et émois [11] c.
Fédération qui fut, partout, omniprésente, ainsi, elle organisa
Sur notre Campus un rassemblement qui, dans notre mémoire, resta
Et cela, à la veille du 14 janvier, jour qui, l’Histoire, ébranla
Le plus grand rassemblement sur le Campus que l’Histoire enregistra
J’y étais et je décris dans [11] d. ce que ma présence y apporta
Rien qu’un epsilon à côté des drames que la répression engendra
Et des martyres que la réussite de la Révolution exigea
Mais, je l’ai rappelé à l’attention de certains partisans d’Ennahdha
Qui ont mis en doute mon engagement dans la révolutionnaire voie
Avant que le président déchu ne prenne le chemin de Djeddah
Ce qui y est dit sur Moncef Ben Salem est vrai pour l’actuel chef d’État
Information vérifiée auprès de mes collègues de la Faculté de droit  
Sait-il au moins que la manif décisive du 14 janvier se dirigea
À partir de la place Mohamed Ali, vers l’avenue Bourguiba
Mohamed Ali El Hammi, père spirituel de ce syndicat
Syndicat Prix Nobel de la Paix, ange-gardien de la civilité de l’État
Qui, déjà, à l’époque coloniale, pour l’indépendance du pays, œuvra
Dans un combat que, avec les destouriens et les communistes, il mena
Son syndicalisme avec son nationalisme, en symbiose, entra
Ses dirigeants furent poursuivis par le colonisateur et déclarés hors la loi
Mohamed Ali El Hammi en paya le prix, et c’est en exilé qu’il mourra
Exil auquel il a été condamné, après un procès qui, cinq jours, dura
Et le martyr Farhat Hached, profondément, son peuple, aima
Amour qui a provoqué, de la part de «la Main Rouge», son assassinat
Le 14 janvier, la foule, sa phrase culte « Je t’aime mon peuple », scanda
Devenue un soutien dans tous les moments difficiles que le pays traversa
Et Tahar Haddad, père spirituel des Droits des femmes et, à la fois
Syndicaliste qui, avec Mohamed Ali El Hammi, fonda
La CGTT, premier syndicat autonome qui ne dépendit pas
De syndicats métropolitains, et que la mosquée Zitouna
Pour son livre-bible défendant les Droits des femmes, excommunia
Excommunication qui, de poursuivre ses études en droit, l’empêcha
Il mourut en exil, et c’est la tuberculose qui l’emporta
Tous les deux sont originaires d’un village du Sud appelé El Hamma
Et, tous les trois, c’est environ à trente-sept ans que la faucheuse les faucha
Je disais donc, c’est à l’UGTT qu’il doit, en priorité, demander cela
Cette centrale syndicale dont les activités se sont inscrites au-delà
Des luttes sociales et de la défense des travailleurs, comme c’est communément le cas
Sa mission ne s’est pas achevée avec l’indépendance, puisqu’elle collabora
Et elle collabore encore, activement, à la construction d’un moderne État
Où les libertés et les droits de tous genres sont respectés par la loi et dans la loi
Et, c’est pour tous ces faits que l'UGTT doit avoir son mot dire, je crois
Quoi qu'il en soit, le choix d’une date, être un choix de consensus, devra
Nous imposer, comme il l’a fait, le 17 décembre relève du dictat
Dans un discours que l’Histoire, parmi les plus provocateurs, retiendra
En singleton, cette date, Fête de la Révolution, il décréta
Croyant qu’étant président, il a le droit de décréter n’importe quoi *  

Salah HORCHANI

* Extrait de :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/060120/tunisie-revolutionnaire-apres-l-heure-touch-pas-mon-14-janvier

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