L’essentiel de la biographie de R. Ghannouchi et de l’histoire récente de son parti *

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Première apparition de Rached-Ghannouchi-new-look, début août 2017,
après le dernier congrès d’Ennahdha et après avoir cédé à ses coachs occidentaux
qui le poussaient à oser la cravate.

Avant-propos

Je reproduis ci-dessous une brève biographie de Rached Ghannouchi, à l’occasion de son éventuelle  désignation comme chef du gouvernement (ou président du parlement), baignant dans un résumé de l’histoire récente du parti islamiste dont il est fondateur et président depuis plusieurs décennies, telle qu’elle figure dans ma Déposition afférente au procès qu’il m’a intenté auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris, procès que j’ai gagné sans appel et sans avocats, ce qui est loin d’être son cas, comme il sera montré dans le texte : mon avocat fut ladite Déposition. Et, le tout baignant dans les méandres de sa plainte.

Si cette éventualité devenait réalité, avec un président, soutenu par les ténèbres et leurs extrêmes, dont le slogan est «Le peuple veut, la jeunesse veut», qui considère son élection comme étant une «Révolution culturelle inédite qui a émerveillé la planète, qui va changer le cours de l’Histoire du pays, voire de l'humanité»°, et un chef du gouvernement (ou un président du parlement) qui considère les terroristes de Daech comme étant ses «propres enfants » qui lui rappellent sa jeunesse, porteurs d’une nouvelle culture, et qui, il n’y a pas si longtemps, dans une vidéo fuitée, il disait à ces dits «propres enfants», impatients de passer à l'acte, «Patience, patience,..., car, pour le moment, les laïcs, bien que minoritaires, contrôlent encore les médias et l’économie. Quant à l’Administration, bien que sous le contrôle d’Ennahdha, elle est aussi entre leurs mains. L’Armée et la Police ne sont pas encore sûres [= acquises à la cause des islamistes]», je disais donc, si cette éventualité devenait réalité, on serait en droit de se demander : où ira la Tunisie ?

° https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/241019/maisqui-est-naoufel-saied-frere-et-matiere-grise-du-president-tunisien-kais-saied-0

Enfin, le lecteur intéressé peut trouver dans le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/100516/conclusion-du-poeme-recapitulatif-de-ma-deposition-dans-la-plainte-de-kherigi

la suite de ce poème intitulée «Conclusion du poème récapitulatif de ma Déposition dans la plainte de KHERIGI » 

Addendum ajouté le 12 novembre 2019 :  La véritable raison de la candidature de Rached Ghannouchi au perchoir

Ennahdha, qui est arrivée en tête des législatives du 6 octobre 2019 en décrochant 52 sièges sur un total de 217 tout en ayant perdu près des deux tiers de ses voix depuis 2011, a renoncé finalement  à désigner son président Rached Ghannouchi comme chef du gouvernement, comme le lui permet la Constitution et comme elle l’avait annoncé juste après sa victoire, et cela, probablement, devant le risque que son gouvernement  ne puisse obtenir la confiance du Parlement, qui doit être votée par 109 députés, compte tenu de sa personnalité controversée et clivante et du rejet qu’a suscité cette annonce, aussi bien de la part de la grande majorité de la classe politique que des réseaux sociaux, qui a conduit au refus de plusieurs partis de participer à son éventuel gouvernement, ou, plus généralement, à tout autre gouvernement présidé par un nahdhaoui (adjectif désignant un membre d’Ennahdha). Tout cela Ennahdha le savait bien, avant ladite annonce, et, il est aussi probable que, dès le départ, elle a planifié cette manœuvre, qui est au diapason de son action souterraine habituelle, afin de faire monter les enchères pour pouvoir installer plus aisément son fondateur-président sur le perchoir, en monnayant son retrait de la course vers la primature. D’ailleurs, un autre leurre a précédé cette manœuvre consistant à afficher sa volonté de présenter son gourou à la magistrature suprême. Quoi qu’il en soit, le choix se dirige donc vers un Premier ministre de consensus adoubé par Ennahdha. Ce qui pose un réel problème de subsistance pour Rached Ghannouchi, car, d’une part, après plus de trois décennies passées à la présidence d’Ennahdha – dépassant donc la durée de la présidence de Bourguiba et, de loin, celle de Ben Ali - les jeunes loups de ce parti projettent de le « dégager», à l’occasion de son prochain congrès prévu pour 2020, et, d’autre part, l’intéressé, qui va sur ses quatre-vingts ans, n’a ni pension ni revenus réguliers quelconques, compte tenu du fait que depuis environ un demi-siècle, il vit le statut d’un désœuvré doré - on l’a même vu se déplacer en jet privé - grâce au parti et à ses donateurs du Levant. Heureusement que le parti est là ; en effet, son conseil de la choura, son organe décisionnel, l’a désigné, lors de sa réunion de ce week-end, comme candidat à la présidence du Parlement, dont il est le député le plus âgé, soit dit en passant : les  promesses de portefeuilles ministériels faites depuis, discrètement, à différents partis feraient le reste et le suspens sera levé demain mercredi 13 novembre, lors de la première plénière de la législature, consacrée à la désignation du titulaire du perchoir. Et, cerise sur le gâteau, s’il est élu, il sera protégé par l’immunité parlementaire au regard des poursuites judiciaires dont il pourrait être l’objet, dans le cadre de toutes ces affaires en cours liées à Ennahdha, et assurera l’intérim de la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir.

Maintenant que je viens de prouver par une solide démonstration
Que mon article incriminé dans sa judiciaire protestation
Ne porte point « atteinte à son honneur et à sa considération »
Puisqu’il concerne son parti et sa financière alimentation
Et l’argent sale qu’il a drainé lors des toutes dernières élections
Que j’ai étayé point par point, longuement, toutes mes  affirmations
Et que ma bonne foi jaillit, limpide, de mes argumentations, 
Permettez-moi, Madame la Juge, de terminer ma déposition
En prenant quelques libertés inhabituelles dans les comparutions
Pour vous parler de l’apport, et quel apport !, à notre Révolution
De l’islamiste parti du plaignant dont je vais faire la présentation
Et vous expliquer leur nouvelle stratégie de l’utilisation
De la justice française comme moyen de pression et d’intimidation
Contre leurs antagonistes de toutes nationalités et orientations
La manipulant en ce qui a trait au  respect d’autrui dans les publications
Eux qui diffament, à tous vents, leurs adversaires sans limite, ni  modération
N’hésitant pas  à affirmer  souhaiter les faire disparaître jusqu’à l’extinction
Afin qu’ils continuent à faire progresser leurs occultes opérations
D’islamistiser tous azimuts, du nord au sud, du ponant au levant
À l’abri de toute critique, dans la plus totale discrétion
Et ce qui se passe en France, Madame la Juge, en est une confirmation

C’est ça la vérité de cette plainte et ses implications
Plainte d’un gourou dont les barons de l’organisation
Sont accusés d’avoir contribué à la liquidation
De la fine fleur des tribuns de notre Révolution
Défenseurs redoutables de la moderniste opposition
Belaïd et Brahmi [44], artisans de la mobilisation
Des démocrates de tous bords contre leur islamistisation,
Accusés, au moins, par leurs incessantes incitations
À la  haine des modernistes et par leurs déclarations
Appelant, contre ces derniers, châtiments et punitions
Que valent, à côté de tout ça, ses prétendues diffamations !

Tout d’abord, que sait-on sur cet adepte d’Hassan Al-Banna [9]
Qui fut classé terroriste par la justice du Canada [39]
C’est le président-fondateur du parti islamiste Ennahdha
Mouvement qui fut financé, entre autres, par les USA
Qui fut au pouvoir avec ses subordonnés, dans la Troïka [40]
Auxquels  il a distribué quelques indulgences par-ci par-là
Pouvoir qui a projeté d’instaurer le  sixième Khalifat [41]
Et cela, avant que celui de Daech n’apparaisse là-bas  
Ayant comme Constitution et source des lois, la Sharia
Et, à sa tête, Rached Ghannouchi comme Grand Ayatollah
Avec la bénédiction du souverain d’un certain Émirat
Que l’on reconnaitrait en prononçant le prénom de Mozah

L’euphorie de leur victoire leur a fait complètement oublier
L’exception du peuple tunisien et sa combativité
Quand il s’agit de défendre sa liberté et sa dignité
Comme il l’a souvent montré, et,  surtout, un certain 14 janvier
Qui a changé le cours de l’Histoire avec la fuite de Zinnochet [42]
Pendant que leurs chefs se la coulaient douce dans leur exil doré
Ils ont vécu notre Révolution en spectateurs éloignés
À commencer par leur Gourou, le dénommé Rached Ghannochet [42]
Chez la Reine Élisabeth, à Londres, à côté de la Cité
Où il a fait fructifier ses affaires et a appris l’anglais
Lieu de résidence, également, de son conseil Cabinet,
À savoir,  le fameux Cabinet Carter-Ruck et associés,
Dans les affaires de diffamation, mondialement réputé
Parmi ses clients on trouve des personnalités du monde entier
De Tayyip Erdogan à Mozah, en passant par Julie Gayet
Pour cette dernière, par le biais de son parisien allié

Je disais donc, son conseil est Carter-Ruck & Cie
Ayant pignon sur rue à Londres et sa City
Avocats d’autres grands de ce monde aussi
Parmi lesquels on peut citer Nicolas Sarkozy
Arnaud Montebourg et Sheikha Mozah al Thani
L’État du Qatar et le  prince Radu de Roumanie
Elton John et le producteur Albert Broccoli

Il a vécu notre Révolution en spectateur étranger
Auprès de cet Occident qui l’a tellement gâté
En lui offrant asile et, dans son business, prospérité
Durant deux décennies où il était en difficulté
Suite au caractère subversif de ses activités
Et celles de son parti avec son complot avorté
Ses aveugles attentats à la bombe contre nos invités
Fervents amoureux de notre Tunisie et de son passé
Et ses victimes brûlées vives ou à l’acide défigurées
Crimes pour lesquels, jusqu’à ce jour, il n’a pas encore payé
Et dont le voile de leurs secrets n’a jamais été levé
Qui devraient relever de l'Instance Vérité et Dignité

Il y a une vidéo qui ne doit pas tomber dans l’oubli
Vidéo fuitée dont le héros est Rached Ghannouchi [52]c
Ce terroriste  qui, jusqu’à ce jour, n’est pas blanchi
N’a pas été jugé et ne s’était pas repenti
Complotant décontracté, sur son fauteuil avachi
Planifiant, calmement, avec ses barbus obscurs appuis
Représentant les partisans du Mouvement salafi
Qu'il appelle affectueusement ses enfants bénis
Presque tous, à l’ombre des ailes d’Ennahdha, ont grandi
Annonciateurs d’une divine nouvelle culture, a-t-il dit
En avouant se reconnaitre en ces habillés à l’afghani
À l’exemple de leur leader Abou Iyadh al-Tounsi
Ancien militant d’Ennahdha, au temps où il s’appelait MTI
Et, ce fut la culture de la mort et de la barbarie
En guise de la culture annoncée dans sa prophétie
Pratiquée par des monstres  inhumains, abrutis
Par les promesses de la luxure au Paradis
Avec ses ruisseaux de vin, de miel,... et ses houris

Elle n’a pas duré longtemps l’euphorie de leur victoire
Après deux ans de pouvoir  le peuple les a chassés dare-dare
Eux et leurs coalisés, pacifiquement, grâce au Sit-in du Départ [43]
Réunissant les citoyens de toutes conditions et de toutes parts
Femmes, hommes, de tous âges, militants de la société civile, la plupart
Où les premières furent son fer de lance, sa grâce, son espoir
Ce qui nous a évité les supplices du drapeau brun-vert ou noir
Et nous a permis d’obtenir le premier Nobel de notre Histoire

Cette plainte m’a procuré beaucoup de satisfactions
Plainte qui ne repose que sur une unique citation
De deux journalistes respectés dans la profession
Estimés pour la qualité de leurs informations
Loin des intox, des mensonges et des manipulations
Plainte qui, de fait, rend vraies toutes les autres accusations,
Dont la quote-part avoisine quatre-vingt-dix-neuf pour cent,
Que renferment mon article incriminé en question
Compte tenu de l’expiration du délai de prescription
Vérités  dévoilant la financière situation
D’Ennahdha avec son argent sale et ses corruptions
Vérités n’exigeant pas de plus amples investigations
Plainte qui équivaut, en réalité, à une reddition
De quelqu’un perdu dans ses stupides ratiocinations    
Elle constitue pour moi une inespérée occasion
Pour que je puisse contribuer à la manifestation
De la vérité sur les présumées douteuses subventions
Perçues par Ennahdha et ses non moins douteuses associations

À vous, Madame M. H.,  ma Juge d’instruction
Sachez que j’ai confiance en votre décision
Mon sort est entre vos mains pour délibération
Même si le procès conduit à une condamnation
Je ne sentirai ni honte, ni humiliation
Car, je sais qu’il n’y a pas eu de diffamation
Ni aucune autre faute qui demande expiation
Tous ses dires, c’est de la pure intoxication

Il s’agit, plutôt, d’un Djihad dernière génération
D’un parti aux abois d’avoir perdu les élections
Djihad par le biais des occidentales juridictions
Qui dépasse la personne, le parti et le pays du plaignant
Englobant toutes les succursales de leur Organisation
Conduit, systématiquement, contre leurs opposants dérangeants
Les procès intentés contre Mohammed Louizi dernièrement [46]v
En sont un exemple caractéristique de leur acharnement
Dont l’ingrédient est de jouer à la victimisation
Situation qu’ils savent manipuler à la perfection
Pour faire taire tous ceux qui peuvent leur porter contradiction
Tous ceux qui peuvent mettre à nu leurs sinistres conjurations
En tuant notre liberté de pensée et d’expression
Djihad de haute volée  d’une extrême perversion
Financé, probablement, par leurs  « frères » du Moyen-Orient

Salah HORCHANI

* Extrait N°18 de ma Déposition écrite, remise à Madame la Juge en charge de l’instruction de la plainte de KHERIGI dit GHANNOUCHI Rached contre moi, déposée auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris : Lire, à ce sujet, mon article intitulé «Table des matières de ma Déposition dans la plainte de GHANNOUCHI Rached contre moi», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220316/table-des-matieres-de-ma-deposition-dans-la-plainte-de-ghannouchi-rached-contre-moi

La plainte dont il est question ci-dessus a eu une issue heureuse : voir, à ce sujet, mon article intitulé «TGI de Paris – Non-lieu dans le procès intenté par GHANNOUCHI Rached à mon encontre» et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/111117/tgi-de-paris-non-lieu-dans-le-proces-intente-par-ghannouchi-rached-mon-encontre

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