A Macerata, le soutien de tous les antifascistes et antiracistes

Trente mille antifascistes et antiracistes venus de toute l’Italie ont manifesté samedi 10 février à Macerata, malgré l’interdiction voulue par le ministre de l’intérieur. Un gifle sonore à l'ancienne gauche.

Et voilà que le ministre de l’intérieur du Parti démocrate, Minniti, prend une belle gifle de la part de toute l’Italie antifasciste et antiraciste.

Les dirigeants de ce parti désormais à droite avaient décidé d’interdire la manifestation convoquée par les antifascistes et antiracistes, arrivant à demander à l’Association Nationale Partisans d’Italie, à la CGIL et à l’ARCI de l’annuler. Mais voilà que de partout en Italie, la mobilisation a été unanime pour confirmer le rendez-vous.

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Du jamais vu à Macerata: trente mille manifestants, arrivés du nord-est comme du nord-ouest, du centre comme du sud, alors qu’en même temps, dans des dizaines de villes, des manifs antifascistes et antifascistes en liaison avec celle de Macerata étaient organisées. Une journée fantastique, qui enfin donne une gifle très puissante aux fascistes, de l’extrême droite à Berlusconi, au leader de la Ligue Nord qui se pose en chef des nazifascistes italiens et à Minniti qui courtise les droites, espérant revenir au pouvoir avec une grosse coalition après les élections du 4 Mars prochain.

Le premier signal important de ce tournant en faveur de l’antifascisme et de l’antiracisme avait été donné le 3 février avec la manifestation de cinq mille jeunes, ouvriers, habitants et immigrés à Gênes, sans aucun drapeau mais derrière une seule bannière, Gênes antifasciste et antiraciste. Là aussi, le PD avait empêché l’ANPI et la CGIL de participer mais la base de ces deux organisations est venue défiler.

Il est aussi important souligner la participation très motivée des camarades du mouvement contre le féminicide “Non una di meno”; elles ont affirmé avec force que Pamela est la victime d’un terrible assassinat instrumentalisé par les fascistes, qui toujours cachent leurs complicité et communes attitudes et comportements avec les assassins de femmes (Pamela est la jeune femme horriblement tuée à Macerata, peut-être par un Nigérien, fait pris comme prétexte par le fasciste Traini qui a blessé 11 immigrés en leur tirant dessus à l’arme à feu).

Le choix très mesquin et aussi masochiste du PD et des associations qui l’ont suivi s’est révélé tellement impopulaire que même des ministres du PD ont adhéré à la manifestation; et après le ministre Orlando, le chef du gouvernement, Gentiloni, a dû corriger le ministre Minniti, disant que c’était une erreur attribuer à l’immigration la cause de faits comme la tentative de tuerie à Macerata.

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Encore vendredi, le ministre de l’Intérieur avait déclaré qu’il y a un an déjà, il avait senti qu’un acte comme celui de Traini pouvait arriver et que c’est pour cela qu’il avait mis en place sa stratégie de frein à l’immigration. Ainsi, il prétend défendre son "pacte pourri" avec les Libyens, repousser les accusations d'avoir abandonné les immigrés à des gangs qui les torturent, les tuent ou les vendent les réfugiés.

Et en même temps, il cherche à être populaire chez les droites – but qu’il poursuit depuis un an au point d’ aller se faire applaudir par les fascistes à leur festival. A l’instar de ce qui a été la ruine du Parti socialiste de Hollande et Valls, l’ex-gauche italienne des Renzi et des Minniti persiste et signe sur le chemin de laisser le pays à des droites dominées par un discours fasciste et raciste virulent. Heureusement que le pays ne les suit pas, mais hélas les résultats des prochaines élections risquent de créer une situation inquiétante. A suivre.

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