salvatore palidda
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Billet de blog 11 nov. 2021

Augmentation des protestations dans le monde … toujours ignorées et réprimées

Selon une recherche internationale de 2006 à 2020 dans tous les pays il y a eu une forte augmentation des protestations. Mais elles ont été presque toujours ignorées et réprimées par les pouvoirs publics et privés qui défendent le statu quo dans tous les domaines. La question la plus grave est qu’en effet manque une véritable représentation politique anti-néo-libériste de ces protestations

salvatore palidda
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Selon la recherche d’Isabel Ortiz, Sara Burke, Mohamed Berrada et Hernán Saenz Cortés, World Protests. A Study of Key Protest Issues in the 21st Century, publiée par Palgrave-MacMillan en novembre 2021 (gratuite ici: https://link.springer.com/content/pdf/10.1007%2F978-3-030-88513-7.pdf) depuis 2006 le nombre de mouvements de protestation dans le monde a plus que triplé. “Comme dans les années 1848, 1917 ou 1968 “quand un grand nombre de personnes se sont révolté demandant le changement. C’est la faillite de la démocratie réelle”, écrivent les auteurs.

La recherche a été financé par le team du think tank allemand Friedrich-Ebert-Stiftung (FES -https://dc.fes.de) et l'Initiative for Policy Dialogue (https://policydialogue.org/about/ ), deux institutions social démocrates pacifistes mais pas néo-libériste, team de la Columbia University. Cette étude s’ajoute à une croissante littérature sur le développement des protestations. Le livre qui raconte le travail de ces 4 chercheurs est surtout un recensement quantitatif de 2.809 protestations de la part de 900 mouvements dans 101 pays de tous les continents, couvrant 93% de la population mondiale. Rappelons aussi que déjà avant 2006 on avait eu nombre de grandes protestations parmi lesquelles celles célèbres de Seattle et celle contre le G8 à Gênes.

Le terme protestation comprend ici toute sorte de luttes, manifestations, grèves, révoltes, ce qui serait plus opportun appeler résistances contre les différents choix et pratiques des pouvoirs publics et privés. Évidemment la recherche n’est pas exhaustive, n’ayant pas pu recenser toutes les petites et moyennes luttes ou révoltes ou résistances qui se sont déroulé de 2006 à 2020. D’autres études ont signalé que le nombre de protestations dues au Black Lives Matter ont été presque 12.000 uniquement en 2020.

On verra que le mérite de cette recherche réside surtout dans le recensement seulement macro-quantitatif de ces protestations; manque l’observation participante et les conclusions proposées sont plutôt simples se limitant à constater que: “les politiciens ne répondent pas de manière adéquate. Trop leaders des gouvernements et aux affaires n’écoutent pas”.  Il est évident que le but de cette recherche est de solliciter les autorités politiques d’être plus démocratiques afin d’éviter la critique radicale de leur orientation intrinsèquement et systématiquement antipopulaire et réactionnaire. En réalité c’est là la question la plus importante: l’augmentation des protestations ne semble érafler même pas un minimum la domination néo-libériste qui apparait de plus en plus arrogante parce que jusqu’à présent jouit d’une toujours plus forte asymétrie de pouvoir et de force en sa faveur.   

Le recensement des protestations a nécessité plus de mille heures de travail avant même le début de l’analyse des données et informations recueillis. Mais les tendances étaient déjà évidentes : en 2006, on avait enregistré seulement 73 mouvements de protestation. En 2020 en on a eu 251 – davantage après la crise financière de 2008 ou des révoltes du soi-disant Printemps arabe de 2011. L'Europe et l'Asie centrale ont vu la majeure augmentation du nombre de mouvements de protestation et davantage dans les pays à haut revenu plutôt que dans ceux avec d’autres tranches de revenu, mais on a eu une augmentation des protestations partout et pour toutes les couches sociales.

La recension s’est basée sur les données proposées par le site Interattive World Protests (https://worldprotests.org/), créé par les auteurs eux-mêmes merci au support du Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) et du Global Social Justice/Initiative for Policy Dialogue. Les chercheurs ont travaillé sur les médias en sept langues pour identifier les protestations et les mouvements.

Les presque trois milles protestations examinées dans cette recherche ont été classifiées et quantifiées dans quatre catégories principales, sur la base de leur fréquence décroissante: (1) protestations relatives à la faillite de la représentation politique ou des systèmes politiques, touchant le manque d’une vraie démocratie, la corruption et autres critiques (1503 protestations); (2) contre l'injustice économique et les réformes d’austérité (1484 protestations); (3) pour les droits civiles, allant de ceux des indigènes ou racialisés à celles pour les droits des femmes et des libertés personnelles (1360 protestations); et (4) protestations pour la justice globale et un meilleur système international pour tous et pas pour une poigné de privilégiés (897 protestations contre le FMI, la Banque Mondiale et l'Union Européenne/Banque Centrale Européenne, contre l'impérialisme des Etats-Unis et de la Chine, contre le libre échange en défense des biens communs globaux et contre le G20).

Le livre fournit une grande quantité de statistiques et de graphiques sur ces catégories ainsi que pour d’autres points et pour toutes les régions du monde.

Qui proteste? Des recherches récentes montrent la croissante participation de la “classe moyenne” aussi bien dans les pays à haut revenu que dans ceux dits en voie de développement. L’étude confirme aussi la croissante implication de citadins non-organisés, mouvements de base, jeunes et personnes âgées. Tout comme pour les manifestants du Printemps arabe, les mouvements Indignados et les gilets jaunes, Occupy aux Etats-Unis et l'Estallido Social au Chili et dans d’autres pays de l'Amérique Latine. Mais le team de la recherche affirme que “les syndicats continuent à être une grande puissance organisatrice et guide de certaines des plus grandes protestations de l’histoire”. On remarque ici le manque d’observation participante et donc l’ignorance des différentes et nouvelles formes organisatrices des protestations où assez souvent les syndicats traditionnels n’ont pas été ni promoteurs ni guides.

Ce tableau montre le majeur nombre de protestations dans les pays à revenu moyen (1.327 évènements - colonne 2 et 3) et dans les pays à haut revenu (1.122 protestations) par rapport aux pays moins riches (121). Il y a aussi une série de protestations internationales et mondiales qui se sont déroulées dans plusieurs pays en même temps et leur nombre continue à augmenter constamment (239 protestations). Pour ce qui est de la distribution géographique des protestations (tableaux 1 et 3), les régions les plus actives dans la période 2006-2020 ont été l'Europe et l'Asie centrale (806 protestations), suivies par Amérique Latina et les Caraïbes (427 protestations), l’Asie orientale/ le Pacifique (378 protestations), l’Afrique subsaharienne (369 protestations), l’Amérique du Nord (281 protestations), le Moyens Orient et l’Afrique du Nord (208 protestations) et enfin l’Asie méridionale (101 protestations). IL faut remarquer cependant que l’Amérique du Nord comprend uniquement trois pays alors que l'Asie méridionale en on a sept et l’Europe 32 de l’UE plus les autres hors UE.

La recherche identifie 250 méthodes de protestation (annexe B), mettant à jour l’étude pionnière de 198 méthodes d’action pas violente de Gene Sharp (1973). Sur la base de la recherche et vu l’énorme changement technologique depuis 1970, la recherche a pu identifier plus de cinquante nouvelles méthodes parmi lesquelles l'activisme digital et online (bref les social network / le numérique).

Les auteurs soulignent que “Contrairement à la perception publique, les révolte e les protestations débouchant dans des violences et actes de vandalisme/mis à sac et casse ne représentent que 20% du total”. Remarquons que les auteurs ne parlent jamais de black bloc ni de casseurs.

A remarquer aussi que: “Bien qu’employé que par peu de gens, 5% des protestations enregistre des méthodes désespérées comme des grèves de la faim et actes d’automutilation jusqu’au suicide (par exemple les manifestants qui se coudent les lèvres ou le suicide -rappelons le cas tragique du suicide de Mohammed Bouazizi au début de la ‘révolution tunisienne’)”.

“La répression est documentée dans plus de 60 % des protestations analysées, avec arrestations, blessures et même décès dus à la violence d'État ou de privés. Les autres méthodes de répression signalées incluent les gaz lacrymogènes, la surveillance, les lois de représailles, le harcèlement, les poursuites, les personnes disparues, les déportations, les coups de feu, la torture, les restrictions d'Internet, les expulsions. Selon les médias, les manifestations qui ont généré le plus d'arrestations au cours de la période 2006-2020 ont eu lieu à Hong Kong (Chine), en Égypte, en France, en Iran, au Royaume-Uni, en Russie, au Soudan, au Chili, en Malaisie, au Mexique, aux États-Unis, au Canada et au Cameroun. Les manifestations qui ont entraîné le plus grand nombre de blessés ont eu lieu dans le territoire palestinien occupé, ainsi qu'en Égypte, au Chili, en Thaïlande, en Équateur, au Liban, en Algérie, en Hongrie et en Indonésie. Comme on peut bien imaginer, pour ce qui est des décès les pires pays sont le Kirghizistan, l'Égypte, le Territoire palestinien occupé, le Kenya, l'Iran, l'Éthiopie et le Soudan”.

Rappelons aussi qu’un certain nombre de blessés et morts a parfois été le résultat d’agressions violentes comme aux Etats-Unis celles des souverainistes fascistes et racistes pro-trumpiens contre les antifascistes et les militants du Black Live Matter.

Au cours de ces dernières années on a eu en outre l’émergence des protestations populistes souverainistes de l’extrême droite non seulement aux Etats-Unis pendant Trump. Les protestations de la droite radicale se nourrissent entre autres de discours de complots comme on l’a vu avec le mouvement QAnon et l'assaut à la Maison Blanche aux Etats-Unis, ou aussi en Hongrie, Pologne et récemment dans les manifs no-vaccins et no-green pass. On y voit aussi la haine contre les immigrés (par exemple les “patriotiques” allemands contre l'islamisation de l'Occident ou PEGIDA, le mouvement "laisse l'Union éuropéenne" au Royaume Uni et encore d’autres en France, Irlande et Canada). Il y a aussi le cas des "cow vigilantes" dans l’Inde de Modi, les musulmans d’Erdogan en Turquie et le “Bullets, Bible and Beef” caucus au Congrès basilien.

Les facteurs structurels comme le changement économique et la régression de la démocratie expliquent mieux la vague des protestations. Les inégalités sont devenues gigantesques, on estime qu’elles soient les plus fortes de l’histoire (Nations Unis, 2020; Oxfam, 2020, 2021). Quatre décennies de politiques néo-libéristes ont généré toujours plus d’inégalités et ont érodé le revenu et le bien être des “classes moyennes-basses” et “moyennes”. A cela se sont ajouté les effets de la pandémie COVID-19.

Depuis le début de la crise financière globale de 2007-2008, on observe une première augmentation du nombre de protestations. Après 2010 on a eu une intensification contre les coupures et réformes pour l’austérité. Le mécontentement pour le mauvais fonctionnement des gouvernements a atteint le top en 2012-2013. Depuis 2016 les protestations ont augmenté à nouveau, devenant "protestations omnibus" contre le système politique et économique. Les sondages reflètent partout l'insatisfaction vis-à-vis des démocraties et le manque de confiance dans les gouvernements.

Depuis 2020 on a eu moins de protestations pour des questions spécifiques et davantage de "protestations omnibus" par lesquelles les manifestants ont réclamé nombre de revendications relatives à plusieurs questions. Sans surprise la requête qui prévaut partout dans la période 2006-2020 porte sur la "démocratie réelle". “La faillite de la démocratie est enregistrée dans 54% des cas comme perception d’une faillite des systèmes politiques ou de la représentation. Dans 28% des cas il y a eu la revendication de "démocratie réelle". Les autres thèmes concernent l’inégalité, la corruption et le manque d’action sur les changements climatiques. “La grande majorité des protestations dans toute la planète exprime des revendications raisonnables. On proteste pour des bons emplois, une planète propre pour les générations futures et une voix significative dans les décisions qui affectent la qualité de la vie … Mais les politiciens ne répondent pas de manière adéquate. Trop de leaders au gouvernement et aux affaires n’écoutent pas ...”

Selon les auteurs environ 42% des protestations a atteint un bon résultat et plus elles augmentent plus nombreux sont celles qui ont un bon épilogue.

La période 2006-2020 a été marquée aussi par une “nouvelle ère de désobéissance” civile, voir par l’action directe de hackers informaticiens et whistleblowers (lanceurs d’alerte) qui ont dévoilé des énormes quantités de données des gouvernements et des entreprises, et par des avocats qui ont entamé des procédures judiciaires pour faire avancer le progrès social et environnemental.

La contrepartie plus fréquente des manifestants est leur gouvernement national. Presque 80% de toutes les protestations demande que les gouvernements assument la responsabilité des politiques économiques, sociales et environnementales aux bénéfices de tous at pas des seuls privilégiés. Les manifestants s’opposent aux systèmes/institutions lointains et irresponsables comme le système politique et économique (30%), les sociétés et entreprises (23%), l'Union éuropéenne / la Banque centrale éuropéenne (16%), les élites (14%), les partis politiques et groupes (14%), les militaires et la police (14%), le FMI (10%) et la Banque mondiale, le secteur financier (9%), le libre échange (3%), le G20 (presque 3%) , les Etats-Unis  (6%) et l'impérialisme chinois (3%).

42% des protestations ont atteint quelques résultats, en général un succès partiel. Cela est rarement le cas d’une seule protestation, mais le résultat de nombre d’années de manifestations portant sur la même revendication. Les revendications concrètes (par exemple, l’augmentation des salaires, le rétablissement des aides, comme l’alimentation ou le carburant, ou l'arrêt de la construction d’infrastructures) ont plus possibilités de succès par rapport aux protestations qui visent le changement structurel. Lorsque les contreparties sont plus lointaines (par exemple le G20, le FMI, les alliances militaires), la possibilité de succès est plus rare. Les protestations contre les gouvernements (nationaux et locaux), les autorités religieuses, les employeurs ont des taux de succès plus élevés.

En conclusion: cette recension des protestations à l’échelle mondiale semble confirmer que les résistances contre les choix de la domination néo-libériste augmentent partout. Cela s’explique tout d’abord parce qu’elles sont générées par la nécessité de survie! Ce sont des résistances pour ne pas devenir «humanité à perdre» ou destinée à mourir de faim, d’indigence de maladies ou d’accident de travail. Mais elles butent contre une asymétrie de pouvoir et de force qui apparait toujours favorable à la domination néo-libériste. En effet la question cruciale est que les mouvements n’ont pas de représentation politique à l’intérieur des soi-disant institutions légitimes. Quand elles trouvent cette représentation semblent arriver à des conquêtes illusoires ou souvent à des réformes-arnaques ou à des faux changements. Rappelons que le mouvement Black Live Matter est né comme nouvelle révolte non seulement antiraciste et antisexiste mais aussi contre 60 ans de fausses réformes. Les leaders qui ont cherché à se proposer comme son représentant ont déçu. Il apparait alors inutile espérer dans une miraculeuse régénération du soi-disant système démocratique parce que le néo-libérisme en a provoqué son hétérogénèse. Comme le montre l’évolution des politiques vis-à-vis des migrants on peut dire qu’on est passé de la biopolitique (le laisser vivre pour mieux dominer et exploiter) à la thanatopolitique (le laisser mourir) notamment pratiquée par Frontex et ses sous-traitants. Et dans ce registre on remarque la criminalisation de la solidarité. Les marges pour la conquête d’espaces démocratiques sont désormais très exiguës sinon tout à fait érodés. Il est évident qu’on est très lointains d’une conjoncture révolutionnaire comparable à celle de 1917. Et il apparait tout aussi évident qu’on est dans une conjoncture d’incertitude sur le futur, c.-à-d. dans l’absence d’une quelconque élaboration théorico-pratique d’une hypothèse de renversement de l’asymétrie de pouvoir de la domination néo-libériste. Le seul parcours qui semble encore praticable reste celui de soutenir toute sorte de Résistance contre le néo-libérisme, donc antiraciste, antisexiste, contre la super exploitation et le néo-esclavagisme (même au sein des pays dits riches), les guerres permanentes, pour l’abolition des dépenses militaires et de celles pour les polices et le système pénal pour destiner les ressources à l’assistance socio-sanitaire et à la protection de l’environnement et donc à la prévention des désastres environnementaux ainsi que de ceux industriels et des accidents et maladies. Dans ces Résistances on pourra générer la capacité d’élaborer l’orientation pour le renversement de la domination néo-libériste.

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