Renzi quitte le PD à droite. Bonne nouvelle pour le retour de la gauche?

Renzi persiste et signe: il passe à un autre coup de main qui vise à la création d’un nouveau parti de centre-droite soi-disant modéré avec des gens proches de Berlusconi et joue au chantage sur le gouvernement qui pour l’instant n’a pas de problème. Il est probable que ce jeu l’amènera à disparaitre. Reste à savoir si s’ouvre ainsi une nouvelle chance pour le retour du Parti Démocratique à gauche

C’est depuis sa mise hors-jeu dans le Parti Démocratique (PD) que Renzi a magouillé pour créer son nouveau parti misant sur le fait que bonne partie des parlementaires du PD appartiennent à son courant car c’est lui qui avait encore les rênes du parti lors de la désignation des candidatures aux élections de mars 2018. Ainsi il a réussi à placer les siens dans les postes sures malgré la défaite cuisante qui a essuyé ce parti grâce à sa conduite scélérate. Ceci a commencé avec son choix de vouloir un référendum pour une révision de droite de la Constitution ce qui avait suscité un tollé de réactions hostiles chez tous les démocrates et la gauche et donc sa défaite éclatante. Mais oubliant vite sa promesse d’abandonner la politique s’il perdait ce referendum il est revenu à harceler le parti au point de provoquer le départ de nombre de gens de gauche et le dégout d’un grand nombre d’électeurs du PD qui ne sont plus allé voter. C’est alors qu’il a conduit le parti à la défaite la plus écrasante en mars 2018 gagnant uniquement l’élections de son cercle de fidèles par ailleurs mal vu par la majorité des électeurs de gauche. Et voilà que maintenant il essaye son deuxième coup de mains après celui d’avoir imposé à la direction du parti que les siens, tous mis à la porte après mars 2018 et l’élection de Zingaretti comme nouveau leader du parti. Sa vengeance s’est donc matérialisée avec son abandon du parti meme s’il a dit que le gouvernement n’aura pas de conséquences négatives. Il est probable que dans la petite tête de Renzi il y a l’idée de réunir dans son nouveau petit parti non seulement les parlementaires qui lui sont restés fidèles (environ 15-20 députés et 7-8 sénateurs, alors que selon lui seraient environ 40) mais aussi une partie des berlusconiens vu que le parti de ce vieux politicien roi des scandales est à la bourre. Mais tous ces gens qui réunit Renzi et lui-même ont une très modeste cote dans l’opinion publique et ne peuvent ramasser qu’assez peu de votes car ils ne sont plus supporter ni par un parti d’un minimum de crédibilité, ni par un patron riche comme Berlusconi et en plus seront guidé par un personnage comme Renzi très disqualifié voir très mal vu.

Cela dit, il n’est pas exclu que la sortie de Renzi et des siens du PD pourrait ouvrir une perspective peut être intéressante pour un retour de la gauche dans la scène politique officielle d’Italie. Tout dépendra de l’attitude de Zingaretti et de l’actuelle hiérarchie du parti : s’ils se soucieront uniquement de ne pas déplaire aux soi-disant modérés voir meme aux libéristes qui n’invoquent que politiques antisociales, en faveur des groupes financiers et des grandes firmes (voir les grands travaux) alors on n’aura pas de retour de la gauche. Au contraire, débarrassé enfin de ces politicards libéristes et magouilleurs, le PD pourra ouvrir à un vrai dialogue avec tous les gens de la gauche dispersés ou dégoutés par la dérive de Renzi et alors il sera possible que ce parti puisse avoir une sérieuse remontée électorale et un nouvel enracinement populaire.

Entretemps le nouveau gouvernement Conte 2 semble vivoter. Il n’est pas de tout clair comment il arrivera à éviter l’augmentation de la TVA et à surmonter l’impasse de l’économie nationale qui fait enregistrer un taux de croissance presque négatif. Il écarte toute alternatives de décroissance et toute perspective effectivement écologiste, tout comme il ne prévoit pas un programme de véritable prévention des risques de désastres sanitaires-environnementaux et d’assainissement des économies souterraines qui pèsent plus de 32% du PNB (voir non seulement travail au noir et néo-esclavagisme mais aussi fraude fiscale, corruption et collusion avec les mafias).

 

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