salvatore palidda
Professeur de sociologie à l'université de Gênes (Italie)
Abonné·e de Mediapart

128 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 févr. 2020

Coronavirus en Italie: alarme justifié ou absurde incitation à la paranoïa?

Dans toutes les régions du nord de l’Italie l’alarme est presque totale : écoles et universités fermés, stop aux matches de foot ; tous les lieux publics fermés (sauf les supermarchés qui sont pris d’assaut). Une alarme que selon certains est exagéré et injustifié par rapport à bien d’autres insécurités ignorées. A quoi ça va servir cette exaspération mondiale de la peur ?

salvatore palidda
Professeur de sociologie à l'université de Gênes (Italie)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans toutes les régions du nord de l’Italie l’alarme est presque totale : écoles et universités fermés, stop aux matches de foot ; tous les lieux publics fermés (sauf les supermarchés qui sont pris d’assaut). Une alarme que selon certains est exagéré et injustifié par rapport à bien d’autres insécurités ignorées. A quoi ça va servir cette exaspération mondiale de la peur ?

Lombardie, Vénétie, Piémont, Ligurie : tout ce qui relève du domaine publique et parapublique est bloqué ; écoles, universités et meme les églises. En Italie la santé publique et es écoles tout comme n’importe quel manifestation et lieux ouvert au public relève du domaine des régions et des institution locales et voilà que dans toutes ces région (gouvernés par les droites) presque tout a été fermé. Mais pas les supermarchés qui tout de suite sont tombé en rupture de stock et les étager vides.

Mais voici ce qu'en dit Maria Rita Gismondo, directrice du service de microbiologie, virologie et diagnostic des bio-urgences de l'hôpital Sacco de Milan, centre de référence des contagions en Lombardie:

"On a fait passer une infection juste plus grave qu'une grippe par une pandémie mortelle. Ce n'est pas comme ça! Notre laboratoire a fait des tests toute la nuit. Des échantillons arrivent tout le temps: cela me semble fou. Regardez les chiffres. Cette folie ça va faire très mal, surtout d'un point de vue économique ... Ce n’est pas une pandémie! Pendant la semaine passée la mortalité pour influence (grippe) a été de 217 décès par jour ! Pour Coronavirus un seul décès !!!

"Mes anges sont épuisés. Je cours pour leur apporter le petit déjeuner. Aujourd'hui mon dimanche sera au sac. S'il vous plaît, baissez le ton ! ".

Mais ces propos ont été attaqués par les champions de l’alarmisme.

Par contre, selon une autre illustre virologue italienne, Ilaria Capua, qui dirige le One Health Center of Excellence de l'Université de Floride aux États-Unis: "il ne faut pas ni pleurer mais non plus rire; il suffit de suivre de près ce que les organisations internationales nous disent à faire. L'Italie connaît une situation plus critique car elle recherche des cas plus activement que d'autres. Il y a un syndrome pseudo-grippal causé par un coronavirus qui pourrait durer jusqu'à la fin du printemps ou avant l'été. Nous devrons faire face à ce virus pendant un certain temps; mais il faut utiliser le cerveau et éviter de véhiculer des stupidités qui font peur aux personnes les plus fragiles. S'il s'agit d'une pandémie nous ne pourrons dire que lorsque des tests de diagnostic sont appliqués dans toute l'Europe. Je suis convaincue, conclut-elle, que le virus voyagera assez rapidement dans le monde, car nous sommes nombreux et le virus trouvera nombreux corps tels que des batteries, mais cela ne signifie pas qu'il y aura des formes graves, en effet il sera très probablement de plus en plus faible» (voir article sur Repubblica.it).

Rappelons : chaque année, dans le monde entier plus de 60 millions de personnes meurent de maladies provoquées par des contaminations toxiques et non par des pandémies et des virus, mais pour ces causes de mortalité on fait très peu car les industries polluantes, les lobbies du charbon, du pétrole, du gaz et de l'uranium sont protégés et les militaires dont les sites sont tous des polluants toxiques.

            Or pour l’instant une chose est certaine : les seuls qui ont gagné de ce nouveau fléau d’alarme total ce sont les supermarchés les parapharmacies qui vendent des masques pour la bouche et les nez et des désinfectants pour se laver les mains. Probablement quelqu’un va sortir un miraculeux vaccin antivirus genre le pseudo anti-aviaire qui permis des énormes profits à Bayer et à nombre de politiciens dont Donald Rumsfeld, ministre de la défense de Bush I qui fit prescrire ce vaccin à un million de soldats et personnels de l’appareil militaire américain … (lui était dans le conseil d’administration de la société productrice des vaccins).

Il est vrai aussi que comme dit quelques experts comme Ernesto Burgio il se peut que le coronavirus ne soit pas un virus "ordinaire" mais un virus recombinant qui a sauté d'une espèce à une autre et possède des séquences pour lesquelles le système immunitaire humain n'a aucune défense. Surtout, pour la longue incubation, il est difficile d'identifier et d'isoler les personnes infectées, lesquelles ont été contactées, prédire la propagation, etc. Ces virus qui ignorent les espèces sont le danger imminent de manipulations génétiques imprudentes, à part ce coronavirus, une pandémie vraiment terrifiante peut apparaitre tôt ou tard. Bref il se peut qu’on soit en face qu’une sorte d’expérimentation de bioterrorisme et que la Chine ne le dit pas pour ne pas avouer d’avoir été suprise alors qu’elle se prétend être la nouvelles superpuissance mondiale …

On peut alors se poser la question de savoir quoi on doit encore attendre : s’agit-il d’une énième esclation de la provocation du jeu de pouvoir qui mise sur la généralisation de la peur ou bien une sorte de nouvelle guerre ou encore la mise en place d’une nouvelle gigantesque spéculation économique … mais sur la peau de milliers d’êtres humains ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Écologie politique : ce qui a changé en 2022
Les élections nationales ont mis à l’épreuve la stratégie d’autonomie des écologistes vis-à-vis de la « vieille gauche ». Quel dispositif pour la bifurcation écologique, comment convaincre l'électorat : un débat entre David Cormand, Maxime Combes et Claire Lejeune.  
par Mathieu Dejean et Fabien Escalona
Journal — Politique
Personnel et notes de frais : les dossiers de la députée macroniste Claire Pitollat
Dix-neuf collaborateurs en cinq ans, des accusations de harcèlement et des dépenses personnelles facturées à l’Assemblée : le mandat de la députée du sud de Marseille, candidate à sa réélection, n’a pas été sans accrocs. Notre partenaire Marsactu a mené l’enquête.
par Jean-Marie Leforestier et Violette Artaud (Marsactu)
Journal
En France, le difficile chemin de l’afroféminisme
Dans les années 2010, le mouvement afroféministe, destiné aux femmes noires, a connu en France un certain engouement. Il a même réussi à imposer certaines notions dans les débats militants, mais il peine à se constituer comme un courant à part entière.
par Christelle Murhula
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena
Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
par C’est Nabum