Italie: 25 avril fête de la Libération, grandes manifestations antifascistes

Pour le 25 avril, fête de la Libération, de grandes manifestations antifascistes ont eu lieu partout. Une mobilisation de masse pour répondre aux nombreux attaques fascistes-racistes et sexistes de la droite de Salvini. Meme le M5S et les plus modérés ont participé.

Milan, la ville gouvernée par la gauche dans une région aux mains de la droite dominée par la Ligue de Salvini, après les grandes manifestations antiracistes de la dernière année et des derniers mois, le 25 avril, malgré la pluie incessante, plus de 75000 personnes ont manifesté. Nombre de gens ont ainsi voulu montrer qu’on ne peut plus laisser courir ou faire semblant de rien après les très nombreuses attaques et les continuelles provocations fascistes de Salvini et de ses supporteurs nazis. De même, à Rome, Turin, Bologne, Florence, Naples, Bari, Palerme, Parme et encore même dans les petites villes. Ils ne manquaient pas les vieux partisans encore vivants à coté de très nombreux jeunes. Le M5S, aussi pour prendre les distances de Salvini et essayer de récupérer un peu de son consensus en chute libre, a participé aux manifestations et a condamné qui a cherché à les saboter ou ne participe pas. A Gênes, le maire élu par les droites et le président de la région lui aussi élu par la coalition des droites, ont participé et ont fait semblant de respecter sans détours la Résistance. Rappelons que presque toutes les grandes villes italiennes, de Naples, à Rome, Florence, Genova, Milan, Turin, Bologne et encore d’autres ont été libérées par les Résistants bien avant l’arrivée des soi-disant alliés qui souvent sabotaient la résistance par peur de la victoire des communistes et anarchistes (voir les principaux films même sur youtube. En notes, quelques titres[1]).

Depuis que les intentions de vote à lui favorables selon les sondages, Salvini n’a pas cessé de saisir toute occasion pour attirer l’adhésion de toutes les droites y compris des groupes nazis. Comme dit le célèbre historien Luciano Canfora : «Salvini mime Mussolini, en lui je revois le fascisme». La dernière provocation de Salvini est qu’il a fait poster par son attaché de communication sa photo pendant qu’il brandit une mitraillette. Avant les élections du 4 mars 2018 c’était Grillo, le guru du M5S qui avait dit une phase qui rappelait Mussolini, mais depuis qu’il est au pouvoir c’est Salvini qui rappelle le duce quand il écrivait :

 «Nous nous permettons le luxe d'être aristocrates et démocrates, conservateurs et progressistes, réactionnaires et révolutionnaires, légalistes et illégalistes, selon les circonstances, le lieu, le cadre dans lesquels nous sommes contraints de vivre et d'agir» (Popolo d'Italia, 23.3.1919).

Et pour le prouver, Salvini ne passe ses journées qu’à twitter et lancer messages sur instagram avec des propos à la fois fascistes, racistes et sexistes, ou pour défendre ses supporteurs nazis, disant que le danger ce n’est pas du tout les attaques de ces derniers mais le terrorisme de l’extrême gauche et la mafia. Ainsi il prétend cacher que son gouvernement est en train de plonger le pays dans la catastrophe financière et qu’il n’a maintenu aucune promesse. Mais il prétend aussi cacher les différents scandales qui commencent à dévoiler la nature de magouilleurs et meme voleurs de nombre de gens de sa Ligue. Le dernier concerne son sous-secrétaire Siri qui vient être mis sous enquête judicaires non seulement pour avoir touché un pot de vin de 30 mille euros, mais surtout pour être en affaires avec un bien connu affairiste de la mafia. Par ailleurs ce meme Siri était déjà condamné pour banqueroute avant même d’être nommé à ce poste, mais Salvini e l’autre homme fort de la Ligue l’ont imposé comme membre du gouvernement. Et Salvini refuse à force qu’il soit démissionné, comme la demande le M5S. En effet, le match entre Ligue et M5S est devenu de plus en plus dur car Salvini veut capitaliser le plus possible et arriver à un résultat excellent aux élections européennes, ce qui pour l’instant lui promettent les sondages. De son côté le M5S essaye de récupérer ce qui apparaît difficile vu que depuis qui gouverne il s’est fait laminer et roulé pas la Ligue «sans vergogne», disent les très nombreux supporteurs qui l’ont lâché. Tout le monde se demande comment pourront-ils arriver aux élections de mai évitant la crise du gouvernement qui cumule de jour en jour des échecs, des aux pas et la révisons au rabais sinon l’annulation des promesses. Jusqu’à maintenant Salvini a misé sur le fait qu’il n’y a pas d’alternatives vu le désastre à gauche laissé par Renzi et Gentiloni. La reprise du Parti Démocratique de Zingaretti ne semble pas aller loin. Le risque fort est qu’on aura encore un très haut taux d’abstention du vote, car à gauche de l’ex-gauche il n’y a presque rien et les verts italiens sont disparus.  Hélas les manifestants antifascistes, antiracistes et antisexistes qui au cours de ces derniers mois se sont de plus en plus mobilisés n’ont pas encore exprimé une liste pour le prochaines élections (voir entre autres le communiqué de l’assemblée des féministes Nonunadimeno de Milan). A suivre.

 

[1] Actung banditi (Resistance à Gênes); Le quattro giornate di Napoli, Roma città aperta, Le donne nella Resistenza

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