Succès du PD et des sardines; mais Salvini reste fort; le M5S s’effondre

Succès du PD et des sardines; mais Salvini reste fort tandis que le M5S s’effondre. Succès d’une gauche renouvelée. Le gouvernement soulagé mais à l’avenir incertain. L’Italie n’est pas encore à l’abri de la menace fasciste-raciste-sexiste du souverainisme-populisme violent. La gauche maintient son engagement à une croissance économique qui risque d’être néfaste

Jusqu’aux premiers sondages de sortie des urnes concernant les résultats des élections en Emilie-Romagne, tout le monde craignait la victoire de Salvini. Puis, un grand soulagement et même la joie d’un succès très net du Parti Démocratique (PD) grâce à l’apport extraordinaire du mouvement des sardines. Le PD semble resurgir et il est évident que cette victoire est le fait d’un leader local, Bonaccini, politicien chevronné et surtout capable de changer. Un leader qui a su s’éloigner le la vielle odieuse modalité d’agir des vieux politiciens se mettant à l’écoute des gens, restant toujours sur le terrain avant et pendant les élections, s’entourant de jeunes compétents meme sur le terrain des social network mais de façon bien différente des techniciens de l’imposture vulgaire et violente de Salvini. Bref un leader qui montre comment meme un politicien chevronné peut changer et devenir populaire mais pas populiste ni souverainiste, ni localiste.

Le succès de Bonaccini montre aussi que les politiciens improvisés comme les leaders des cinq-étoiles et aussi Salvini ne tiennent pas le coup, ils s’effritent entre maladresses et sorties accablantes, voire insupportables aux yeux de la grande majorité des électeurs. Mais ce succès relève beaucoup de l’extraordinaires mobilisation des sardines, des jeunes qui ont su montrer qu’on doit faire politique revendiquant les principes indiscutables d’une démocratie effective, voire revendiquer l’antifascisme, le respect, les droits fondamentaux sans tomber dans la rhétorique mais sans abandonner le patrimoine des luttes pour le vrai progrès. Et le résultat est que le taux de votants a doublé par rapport au misérable et consternant 37% des élections régionales d’il y a cinq ans. Oui, le vieux PD avait dégouté son électorat et Salvini en avait profité pour monter en mesure impressionnante dans cette région qui avait été le fief rouge d’Italie. C’est exactement cela que s’est passé un peu partout et qui explique l’effondrement de la gauche vu que le PD était devenu un parti assez similaire aux partis de droite dans ses relations avec ses propres électeurs comme dans son programme politiques et ses choix dans tous les domaines. Mais le succès en Emilie-Romagne n’élimine pas de tout la force qui ont acquis les droites Salvini en tête, et cela non seulement parce qu’en Calabre ils ont gagné, meme si avec un taux de votant très bas (meme pas 40%). Le parti de Salvini reste autour de 30% des intentions de vote et les droites restent majoritaires. Le chemin pour contraster cette monté des droites est encore très long et pour l’instant rien n’exclut que les droites puissent gagner aux prochaines élections nationales. Donc tout dépend de l’effective capacité du PD et des autres petites gauches de suivre l’exemple de Bonaccini et tout dépends de ce qui va devenir le mouvement des sardines dans les différentes régions. Et encore, tout dépend de ce qui va devenir le parti des cinq étoiles. Une bonne partie des électeurs de ce parti ont voté Bonaccini ; le chef Di Maio a démissionné déjà avant les élections. Maintenant ce parti est dabs une impasse qui risque de le conduire à l’extinction à moins d’un revirement intelligent, ce qui apparaît difficile. Les leaders cinq étoiles craignent d’être phagocyté par le PD et de perdre aussi un peu à droite. Ils réclament de discuter de contenus mais ils ne semblent pas capables de le faire. En effet, il y a une question cruciale: quelles orientations va suivre le PD et le gouvernement en ce qui concerne les grands travaux, les urgents choix de rupture dans les champs des questions écologiques, voire face aux risques de désastres sanitaires-environnementaux et face aux économies souterraines qui n’arrêtent pas de monter? Hélas, pour l’instant le PD et le gouvernement continuent à miser sur les grands travaux alors qu’on sait bien qu’ils s’agit d’œuvres dangereuses, souvent inutiles et même hyper couteuses (voir en autres le TAV Turin-Lyon). On continuer à bavarder de façon très générique et sans aucun objectif sérieux à propos des mesures d’assainement écologique et on continue à énoncer qu’on veut contraster les économies souterraines (travail au noir, évasion fiscale, illicites de toutes sortes et meme collusions avec la criminalité et cela meme de la part de grandes entreprises). Voilà donc le vrai terrain sur lequel la gauche pourrait se différencier par rapport aux droites pseudo souverainistes-populistes mais de fait lèches-pieds des grandes multinationales et des pratiques libéristes qui produisent travail au noir, néo-esclavagisme, évasion fiscale etc. laissant meme une bonne partie des électeurs sans protection. A ce propos la gauche n’a pas renversé le discours sécuritaire des droites qui incite à la poursuite des fausses insécurités et à la persécution des immigrés des Roms et des marginaux laissant la majorité de la population sans protection face aux risques de surexploitation. Il est probable que les sardines réclameront l’opposition aux grands travaux et une lutte sérieuses aux économies souterraines tout comme une nette opposition aux orientations des droites. C’est sur ces questions qui va se décider la possibilité d’une reprise de la gauche et son éloignement par rapport aux orientations de droite qu’elle a adopté depuis longtemps.

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