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Billet de blog 15 juin 2009

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Festival du film d’animation d’Annecy 2009: on rembobine!

Rideau sur la 33e édition d’une manifestation dont la réputation mondiale n’a pas entamé la simple joie de vivre. Les (bons) souvenirs se ramassassent à la pelle.

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Rideau sur la 33e édition d’une manifestation dont la réputation mondiale n’a pas entamé la simple joie de vivre. Les (bons) souvenirs se ramassassent à la pelle.

« Comment travailler à Annecy ? » lance lors de la cérémonie de clôture du FIFA le réalisateur Henry Selick, propulsé pour la deuxième fois ici pape de "l’anim’" , pour son long métrage Coraline –douze ans après James et la Grosse Pêche.

Sous ses airs de grand adolescent maladroit et nerveux, le filiforme américain pose une question essentielle. Annecy exerce sur les festivaliers le même attrait qu’Hawaï sur Mark Twain. Une invitation au voyage et au farniente qui se faufile partout.

Le MIFA : Annecy version « pro »

Y compris au MIFA[1], le très officiel Marché International du Film de l’Animation, qui se déroule à quelques encablures des principales salles de projection. Petits et grands professionnels -geeks en herbe et grands gourous geeks- s’y côtoient trois jours durant sur 3000 m2 de bonne humeur. Les recherches de financement, de partenaires, de producteurs peuvent s’y faire en tongs et chemises à fleur. La mise en réseau bat son plein : en 2008, 1131 sociétés étaient présentes. Et personne ne semble lésé. Les petits exposants interrogés évoquent tous « une très bonne année » et « beaucoup de contacts ». Même si une fois l’effervescence retombée, « il n’est pas dit que tout le monde rappelle », glisse un petit producteur français.

Dans ce paradis baba aux mille facettes, sorte de Silicon Valley miniature, on n’oublie pas que le business reste le nerf de la guerre. « Et l’air de rien, on bosse dur » confie un collaborateur de la société montpelliéraine 3DVF. Une atmosphère très particulière que l’intervention décontractée d’Aton Soumache, producteur charismatique de la société Method films (L’homme sans tête, Renaissance) – reflète parfaitement.

http://www.youtube.com/watch?v=-_C0D3UmUEM

Un foisonnement d’activités, des plus triviales aux plus pointues

Si le versant sérieux et « pro » du festival est aussi décontracté que dire du reste ?

On l‘a dit, le festivalier aime Annecy. Et Annecy le lui rend bien. A midi comme à minuit, dans la chasse gardée et VIP du Pré Carré, sur les bords du lac, ou dans la vieille ville, il arbore toujours son badge d’accrédité qui tourbillonne autour de lui (comme un calice à sa beauté) -et peut-être bien aussi le sac Annecy 09 constellé de Pin’s France Télévisions. Car être ici est un privilège, et le festivalier ne l’oublie pas. Il le revendique.

Le menu proposé est à la hauteur des appétits les plus exigeants et/ou démesurés : 500 films projetés (dont près de 200 en compétition issus de 40 pays), des avant-premières (dont Panique au village, une production Franco-belge de Vincent Patar et Stéphane Aubier, sorte de western déjanté basé sur la série éponyme[2]), des Work in Progress qui permettent « de découvrir les secrets de fabrication des films terminés ou en cours de production » -Le Chat du rabbin de Joann Sfar et Un monde truqué de Jacques Tardi, respectivement annoncés pour 2010 et 2011 augurent de belles choses- des rencontres, des débats, des conférences, des expos… Bref, impossible de faire le tour. Un petit sentiment de frustration qui pousse sans doute le festivalier à revenir à Annecy, le mors aux dents.

Un Palmarès politique et poétique

Après six jours de fête et de travail, quand arrive la cérémonie de clôture, l’ambiance ne faiblit pas. Toujours pas de Tuxedo ou de robes de soirée, mais des avions tournoyant plus que jamais dans la Grande salle de Bonlieu –tradition séculaire- et un public trépignant devant le teaser du festival1. Comme au premier jour.

Serge Bromberg, le truculent délégué artistique du FIFA, dans un effort décalé très apprécié, arrive sur scène en spationaute : « un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’animation » s’exclame-t-il sous les hourras du public.1 40 ans après les premiers pas sur la lune, Annecy ne se lasse pas de regarder ailleurs…

De la longue cérémonie de remise des prix – http://bit.ly/ILeNK -on retiendra le Cristal d’Annecy pour le sobre Slavar3, de la suédoise Hanna HEILBORN, une captation animée d’une interview de deux jeunes enfants enlevés par la milice soudanaise. Car sous ses atours déconneurs, le FIFA se permet d’aborder des sujets sérieux, érudits –la découverte de l’animation par le russe Shiryaev cinq ans avant Emile Cohl4 http://bit.ly/RWzh7 - ou irrévérencieux - la corrosive sélection ‘politiquement incorrect’ et le Spike &Mike’s Sick and Twisted festival http://www.spikeandmike.com/ .

Trois autres courts-métrages primés, Runaway, El Empleo, L’homme à la Gordini, attaquent férocement l’exploitation et la marchandisation de l’homme ainsi que la pensée unique par le biais de l’absurde et de la satire.

Pour ce qui est des longs, le surestimé et omniprésent Coraline, cité précédemment, partage heureusement le Cristal avec Mary and Max d’Adam Elliott5, alors que Brendan et le secret de Kells6 reçoit le prix du public.6

L’année prochaine marquera le 50e anniversaire –puisque les premiers festivals annéciens avaient lieu tous les deux ans- d ‘un festival atypique qui, quoiqu’on en dise, ne connaît pas la crise.

http://www.annecy.org/home/index.php?Page_ID=1

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