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Paul Hardcastle - 19 © explodingfirst

"La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers"

 

 

 

La nature m'a affublé d'un patronyme à deux chiffres. Un signe confus qui m'a fait refuser tout enseignement logique et toute morale (sur)numéraire.

J'ai passé ma jeunesse sous les quolibets de professeurs pauvres d'esprit.

 

Un Néo-Zélandais rugbyman (le monde se rapproche bien souvent d'un cliché et inversement) qui travaillait avec moi il y a quelques années m'abordait tous les matins avec un N-n-n-n-nineteen tonitruant, tautologisant et chantant qui me ramenait dans la cour d'école plusieurs années auparavant. J'essayais de ne pas y prêter attention et y parvenait d'ailleurs assez bien.

 

Shame ! Je passais une nouvelle fois à travers une forêt de symboles qui m'échappait malgré moi.

 

Ce n'est qu'aujourd'hui qu'un Anglais excentrique m'aborda de la même manière comme pour entériner la théorie des Correspondances baudelairiennes. A une différence explicative près.

 

Ainsi, le kiwi balèze m'avait appelé de la même manière à cause d'une chanson éponyme de Paul Hardcastle qui avait fait la une des Charts en 1985. Ce gars qui portait lui aussi un nom qui ressemblait à un pseudo d'acteur porno -il y a une justice- (comme notre ami Paul Fièvre), avait voulu dénoncer ainsi l'enrôlement précoce des soldats US au Vietnam: http://en.wikipedia.org/wiki/19_(song) . Il existe une parodie encore plus confidentielle (sauf pour les Anglais) du comique Rory Bremner qui fait référence au Cricket (un sport incompréhensible, sauf pour les Anglais).

 

Nous passons dans la vie comme des ombres, sans comprendre.

 

'As flies to wanton boys, are we to the gods"...

 

Merci Richard.

 

 

 

 

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