Low: A Christmas Carol

Low - Santa's Coming Over (OFFICIAL VIDEO) © Sub Pop
Low - Santa's Coming Over (OFFICIAL VIDEO) © Sub Pop

"Ça sera un des samedi les plus chargés de l'année aujourd'hui" me confiait il y a quelques jours une employée d'un hypermarché français.

 

La course à Noël a déjà commencé, course contre le vide, course vidée de sens, course qui tourne (a)vide.

 

Hier aux Etats-Unis la foule en délire célébrait l'ouverture d'un mois d'hystérie consummériste, le "Black Friday", en faisant une victime expiatoire.

 

Le ton est donné.

 

Un regard sur l'histoire du "Black Friday", loin d'être anodin :

 

"Le Black Friday a deux sens. Historiquement, le Black Friday est le vendredi 11 novembre 1887, quand furent exécutés les quatre des huit anarchistes arrêtés après l'explosion d'une bombe lors du rassemblement anarchiste de Haymarket Square, à Chicago. Cette manifestation était la réponse des ouvriers anarchistes de la ville à la répression policière qui avait sévi quelques mois plus tôt, le 3 mai 1886, lors de la grève des ouvriers des usines Mc Cormick, faisant deux morts parmi ceux-ci.

Furent pendus : August Spies, Albert Parsons, George Engel, Adolph Fischer ;

Condamné à mort, mais suicidé en prison : Louis Lingg ;

Graciés, au bout de six années de prison ou de pénitencier : Michael Schwab, Oscar Neebe et Samuel Fielden.


Le Black Friday a aujourd'hui une toute autre signification en relation avec les fêtes de fin d'année. Au lendemain du repas de Thanksgiving, le Black Friday marque traditionnellement le coup d’envoi de la période des achats de fin d’année.

L’origine du terme "black" friday fait référence à une opération comptable plus ou moins anecdotique. En effet, on relate qu'à une époque où la comptabilité était tenue à la main, les comptes étaient écrits en rouge, car déficitaires, toute l’année jusqu’à ce fameux vendredi. Les achats du lendemain de Thanksgiving permettaient de sortir “du rouge”, faisant passer les comptes en positif, ce qui permettait de les écrire à l’encre noire, d'où le terme de vendredi noir.

Commercialement parlant, pour assurer le plus grand profit possible, l’habitude fut prise de proposer des soldes conséquentes pour lancer la saison des achats."

 

Savoureux raccourci historique.

 

Les enfants croient-ils encore au Père-Noël ? Non, nous répond le groupe indé américain Low.

Ce dernier, coutumier des compositions crépusculaires et sublimes, livre ici une image sépulcrale, hypnotique et apocalyptique d'un Santa Claus devenu menace. Le regard plein d'effroi des enfants, leurs cris muets, la litanie des lyrics, produisent une inquiétante étrangeté glaçante, un aperçu de l'état du monde.

On est loin des Christmas Carol sociaux et rédempteurs d'un Charles Dickens, qui s'efforçait d'ouvrir un personnage égoïste et pingre -Scrooge- au sens du partage et de la solidarité. Nous vivrons bien, quoi que l'on fasse, un Noël consummériste, non-solidaire (cf. condamnation du DAL récemment) et déprimant.

 

Pour se consoler, on peut quand même pogoter avec les Wampas et zapper tout le reste:

 

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