Questions sur la Révolution Citoyenne

Débattre, échanger, confronter. D’urgence. Prévue dès avant les élections européennes, une Journée y est consacrée à Paris le 16 juin sur le thème "Questions sur la révolution citoyenne". A l'initiative de Ensemble Insoumis, avec un panel varié d'invité-e-s couvrant l'éventail de celles et ceux attachè-e-s au combat pour l'émancipation humaine. Sur des questions de fond et non l'écume des choses.

Daniel Bensaïd mettait en garde en son temps quant à l' "éclipse de la raison stratégique", comme si on ne devait pas, en permanence, discuter, à la lumière donnée par la réalité des luttes, des chemins de l'émancipation. Cette nécessité s'est encore renforcée si on considère les involutions enregistrées en Amérique Latine ou la montée, un peu partout, de formations d'extrême droite d'extractions diverses. Et de l'autre côté de la balance, le renouveau de luttes populaires qui ne suivent pas, ou peu, les chemins traditionnels mêlant par exemple les prémisses d'une révolte populaire atypique à l’instar des Gilets jaunes  et la poussée d'une nouvelle pensée radicale aux USA.

Beaucoup de ces expériences se sont menées, et se mènent toujours, au nom de la "Révolution Citoyenne". Manière certainement de ramasser en une formule la nécessité d'une rupture toujours aussi fondamentale et, à égalité, celle de l'implication tout aussi indispensable dans ce chemin difficile, des "citoyen-nes" sous la forme la plus démocratique possible. Deux impératifs qui ressortent encore plus nettement après le désastre du "socialisme réel" et les près de 40 ans maintenant de contre-révolution néo-libérale.

Mais tous les secteurs qui se réclament, à juste titre, de cette double nécessité, et donc de "La Révolution Citoyenne" n'y mettent pas toujours le même contenu. La formule a servi de drapeau à nombre d'expériences progressistes en Amérique Latine, avec des racines théoriques, des pratiques  politiques et des trajectoires variées. Elle abrite le plus souvent l'extension du domaine de la révolution aux questions écologiques. Et parfois aussi la formule permet de mettre en discussion les nouveautés quant au(x) sujet(s) révolutionnaires et à l'engagement des "citoyen-nes" concerné-es.  Le "peuple" plutôt que le "prolétariat" ; ou alors l'extension de ce prolétariat à la grande majorité du salariat (lui-même devenu numériquement largement majoritaire) ; et enfin (la liste n'est pas limitative) la manière de considérer ces citoyen-nes dans leur unité possible et à construire, mais aussi dans leur diversité de genre ou d'origine.

Parallèlement  est mise en débat la question du chemin à suivre pour réaliser cette révolution. En particulier le lien entretenu entre les luttes dans et hors des institutions, celui de la représentation politique et enfin le type de démocratie à soutenir une fois parvenu au pouvoir pour permettre à cette révolution de gagner en soutien populaire et de combattre ses inévitables ennemis internes et externes. Et, dans tous ces cas, la place donnée aux thèmes de l'auto-organisation et de l'autogestion.

 Il n'y a pas en la matière uniquement des questions. Des auteurs, des formations politiques, se sont engagés dans des réponses. C'est le cas du programme "l'Avenir en Commun" de la France Insoumise. Il s'agit alors, dans la journée de débats proposée, à la fois de confronter ces réponses dans leur variété, et de cerner autant qu'il y a lieu les approfondissements voire les remises en question nécessaires.

Le programme complet est à consulter sur lien ci-dessous :

https://www.facebook.com/events/447424252725655/?ti=cl

 

 

 

 

 

 

 

 

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