Un petit laboratoire d'observation des pollutions : le Bassin d'Arcachon

La progression de la pollution sous toutes ses formes saute aux yeux lorsque l'on fréquente depuis longtemps un lieu. Pour exemple, le bassin d'Arcachon n'est pas qu'un paradis pour les vacanciers. Il s'agit également d'une réserve faunique désormais en danger, ce que j'ai pu observer au fil de mes étés.

Je me souviens, il y a bien longtemps déjà : un énorme dauphin surgit de l'eau, voulant jouer avec moi, m'effraie sans raison objective, me fait tomber de ma planche à voile. J'ai 15 ans et le Bassin est à moi.

Ou encore Françoise, ou Petite Faucille, les dauphins-stars, il y a déjà vingt ans, jouant dans le sillage de notre petit voilier. Ils ont depuis disparu, et les marsouins sont invisibles.

Je me souviens des cris des mouettes, qui n'hésitaient pas à nous narguer sur le sable. Le sable si fin de ce côté de l'Atlantique, de Péreire aux plages océanes, jusqu'à Biscarosse. Désormais ma fille compte les billes de plastique cachées dans les grains blonds.

Alors nous y sommes... le temps a fait son oeuvre et l'être humain avec. Depuis des années les mouettes sont quasiment absentes de notre quotidien arcachonnais. Nous nous en inquiétons souvent. Cet été, quelques-unes sont revenues  - peut-être parce que, entre autres, l'antenne 4G du restaurant Cap Péreire a été démontée? Peut-être parce qu'enfin le travail des militants écologistes, des associations de protection de l'environnement, porte enfin, un peu, ses fruits? J'aime entendre de nouveau leurs cris, trop rares, et semblables à des rires.

J'entendais l'autre jour un jeune se plaindre, à l'instar de sa famille de plaisanciers à moteur, des restrictions de mouillage au banc d'Arguin. En effet, il est désormais impossible de mouiller à certains endroits du banc. A cause des écolos disent-ils. Pourtant un article de France 3 Aquitaine, Gironde, expliquait il y a peu pourquoi les usagers du banc d'Arguin restent une menace pour le site. L'article est consultable à l'adresse suivante : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/arcachon/bassin-arcachon-pourquoi-usagers-du-banc-arguin-restent-menace-site-1693418.html

Les faits sont clairs comme l'eau du Bassin : le Préfet de Gironde a dû étendre le périmètre de protection intégrale des oiseaux. En effet la présence de homme fait fuir les parents des oisillons...livrés à eux-mêmes sur le banc d'Arguin...Il faut protéger les espèces, leur nidification, leurs pauses, leur alimentation... N'en déplaise aux plaisanciers qui majoritairement ont été vent debout contre le nouvel arrêté préfectoral et ont manifesté... sans trouver gain de cause.

Et puis que dire de cette pollution sonore qui me maltraite les oreilles depuis quelques étés ? Je l'ai trouvée assez insupportable en 2018. Les voiliers, majestueux et blancs, sont moins nombreux et ont laissé la place à des bateaux à moteur. Entre ceux-ci et les bacs à touristes, le bruit des moteurs perçu depuis la plage est quasi-incessant. Si ce dérangement sonore est manifeste, il est indéniable que les animaux marins en souffrent, tout comme les oiseaux.

Je rends donc ici hommage aux associations de militants écologistes et à tous les scientifiques qui luttent pour protéger la faune de cette beauté naturelle qu'est le bassin d'Arcachon. En espérant revoir un jour les nageoires dorsales des dauphins au loin et de plus en plus de vols de mouettes. Un voeu pieux ?

 

 

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