Entre les extrêmismes, le régime algérien est acceptable.

En Algérie, sans doute aussi ailleurs, le pouvoir veut être jugée sur ses ennemis- repoussants- plutôt que sur ses résultats. Par rapport aux "dangers extrêmes", le régime devrait sembler plutôt acceptable.

L'échéance présidentielle se rapproche. La stratégie électorale du régime utilise encore une fois des recettes supposées efficaces. Un des ingrédients consiste à mettre en valeur les "extrêmes", au besoin en les fabriquant.  

La cible de la communication c'est la majorité raisonnable des Algériens supposée avoir peur des "aventures". Le pouvoir veut ainsi être jugée sur ses ennemis- repoussants-, plutôt que sur ses résultats. L'idée est que par rapport à ces dangers extrêmes, le régime devrait sembler plutôt acceptable.

"L’Algérie prise en tenaille entre deux forces réactionnaires" titre ainsi ce matin Algérie Patriotique un site d'information proche du hiérarque militaire à la retraite Khaled Nezzar. ""Avec ces deux forces porteuses de revendications radicalement antinomiques pour la stabilité de l’Algérie, le pays s’expose à l’éclatement". L'article désigne "l’islam fondamentaliste salafiste", et de l'autre le "berbérisme doctrinaire revanchard et vindicatif". La conclusion coule de source : "Pour neutraliser ces deux tendances réactionnaires à l’œuvre, l’Algérie doit unir ses forces pour endiguer ces constellations fossilisées, foncièrement désagrégatrices."

Dans le même esprit Sidi Saïd et Ali Haddad -le patron du syndicat officiel et celui des patrons bien introduits- se sont «engagés autour de l'appel du président de la République à construire un «front populaire solide», pour «contrecarrer toutes les manoeuvres politiciennes et les tentatives de déstabilisation".

Cette stratégie de l'autruche qui continue d'infantiliser les Algériens va sans doute contribuer à élargir la désobéissance électorale qui ne cesse de grandir avec le constat confirmé du manque de sincérité des engagements de démocratisation et de relève pris par Bouteflika en 2012.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.