ALGERIE. Le pouvoir veut contrer la création de la nouvelle centrale syndicale.

L'interdiction musclée du sit-in de l'Intersyndicale autonome, le 25 novembre à Alger, a renforcé le projet de création d'une nouvelle centrale syndicale comprenant d'autres secteurs que la fonction publique. Hier, le ministère du travail a décidé de priver d'existence légale (récépissé) le syndicat autonome des électriciens et gaziers (Snategs) qui s'associait au projet confédéral.

Hier dimanche, une dépêche de l'APS nous apprend que "les fondateurs" du Snategs se sont réunis en AG et ont décidé de ... dissoudre ce syndicat. Après quoi, le ministère du travail, respectueux de la loi, «a pris acte de la décision de dissolution volontaire en procédant à l’annulation du numéro de référence du syndicat dans le registre d’enregistrement des organisations syndicales".

Le secrétaire général du Snategs, Raouf Mellal a aussitôt dénoncé cette décision «illégale» : «Il n’y a eu aucune AG. Le syndicat est toujours là. Nous allons organiser un congrès extraordinaire. Notre organisation poursuivra les organisateurs de l’AG pour faux et usage de faux. Il y aura aussi des poursuites contre le ministère du Travail qui a cautionné une décision absurde»,

Cette nouvelle charge des services de protection du système intervient quinze jours après l'interdiction musclé du rassemblement organisé à Alger par "l'Intersyndicale" regroupant des syndicats autonomes de la fonction publique. Loin d'abattre le moral des syndicats autonomes,  la répression semble avoir donné un coup de fouet à la constitution d'une nouvelle centrale syndicale, comme l'explique le Dr Lyès Merabet, le président du syndicat des médecins de santé publique (SNPSP) : «En Algérie, on a des syndicats adossés au système en place. Les syndicats deviennent plus un prolongement du gouvernement que des représentants des travailleurs. L’UGTA cautionne les politiques du gouvernement.» Et de poursuivre : «Le projet de la confédération est en voie de finalisation. L’idée d’aller vers la confédération est acquise. Notre objectif n’est pas d’annihiler l’autre centrale, mais de renforcer le travail syndical.»

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