Qui inspire l’Armée algérienne, les Emirats arabes ou la Russie ?

« Partenaire principal du cœur de l’industrie militaire algérienne », les Emirats exercent une influence considérable,suscitant même « des trahisons sidérantes ». C’est la thèse défendue sur RadioM par l’universitaire médiatique Ali Bensaad.

L'industrie militaire à laquelle il se réfère consiste en sociétés mixte de fabrication de pistolets ou de véhicules légers de l'armée de terre.Quant aux trahisons "sidérantes", il s'agit de la fuite d'un adjudant-chef "détenteur de secrets militaires" vers les Emirats.

Nul besoin désormais de consulter les travaux sur le processus de la main mise militaire sur les affaires politiques en Algérie. Les choses sont simples selon Bensaad : « Après avoir brièvement tenté le maintien de Bouteflika, c’est eux qui appuieront et vendront l’option d’une transition sous l’égide direct de l’Etat-Major de l’armée sur le modèle égyptien dont ils ont déjà été les concepteurs ».

En dehors du raccourci puéril, le raisonnement est fondé sur une information erronée. « Le partenaire de défense préféré de l’Algérie est la Russie, à qui elle achète 85% de son armement », notait il y a quelques jours le Washington Post, dans un article consacré à la virée algéroise du chef du Pentagone, Mark Esper. "L'industrie militaire algérienne" à laquelle se réfère l'universitaire algérien consiste en la fabrication de pistolets ou de véhicules légers de l'armée de terre.

Qu’à cela ne tienne, si ce ne sont pas les Emirs, c’est Poutine qui tire les ficelles. Jean-Pierre Filiu, un confrère d’Ali Bensaad sur le marché géopoliticard français utilise le même raisonnement par extrapolation: dans son blog du journal Le Monde, on lisait en septembre 2019 : « La Russie se retrouve dès lors en Algérie dans la position enviable d’un accès privilégié aux « décideurs », ainsi que sont désignés les généraux détenteurs de la réalité du pouvoir». 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.