Algérie. Peut-on mesurer le rapport de force entre le Hirak et le régime?

Après dix mois de bouleversements dans la société algérienne non encore répertoriés dans leurs profondeurs, la connaissance du rapport de force dans le pays nécessite un travail d'évaluation sérieux.

Pourfendant les personnalités qui commencent à répondre aux offres de dialogue du nouveau Président, le journaliste politique Nadjib Belhimer  écrit ce matin dans un de ses billets sur le site Radio-M Post, (continuateur du défunt HuffPost-Maghreb, édition dont l'actionnaire principal américain s'est délesté, à la suite, dit-on, de pressions du régime) : "Les longs mois de la révolution pacifique ont apporté la démonstration que ces élites sont incapables de changer de paradigme dans la manière de penser et d’agir". Le journaliste ajoute : "Et qu’elles sont inaptes à aller vers une vision qui voit dans le peuple l’acteur principal sur la scène politique". Cette position est selon lui non conforme avec la bonne politique car "un vrai homme politique traite avec une réalité qui s’impose dans les véritables équilibres sur le terrain que dessine, dans n’importe quel Etat, la principale force, le peuple."

Les "véritables équilibres" du journaliste, c'est sans doute ce qu'on appelle aussi le "rapport de force". Après dix mois de bouleversements non encore répertoriés dans leurs profondeurs, le rapport de force dans le pays mérite un travail d'évaluation sérieux et non des raccourci idylliques comme "la principale force, le peuple".

Nadjib Belhimer serait dans son rôle de journaliste de mesurer et d'analyser l'évolution du hirak et de son impact multiforme sur la population algérienne. Ainsi que les décantations et les positionnement dans les différents groupes sociaux. Il aiderait ainsi le mouvement citoyen à améliorer en sa faveur ce rapport de force. Pour l'heure, il se limite à opposer une abstraction (le peuple) à une autre abstraction (l'élite). Un peuple anonyme dont le journaliste est l'écrivain public.

Nota bene. Actuellement en France, il est beaucoup question de rapport de force face à l'obstination de Macron. Les médias favorables à l'Elysée épiloguent sur l'impact des grèves des transports de voyageurs. Le rapport de force semble être mauvais pour le pouvoir si l'en on juge par les sondages et par l'entrée en scène d'autres corporations.

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