Les "sources" expliquent pourquoi Chakib Khelil a été lâché

 

 

Deux journalistes vedettes "habilitées", d'abord prises de court par l'annonce des mandats lancés contre Chakib Khelil, se sont branchées à leurs "sources" dans le pouvoir. Elles nous nous donnent des explications très contrastées sur les dessous de la décision de lâcher l'ancien puissant ministre de l'énergie.

 

L'article de une d'El Watan est intitulé "Le clan présidentiel éclaboussé".  Salima Tlemçani, habituellement branchée sources-DRS, écrit d'emblée: "Situé au cœur du système, Chakib Khelil ne peut être le seul à avoir touché à l’argent sale de la corruption. Il faisait partie du clan présidentiel et ne faisait rien sans l’autorisation ou le contrôle de celui-ci". Cette journaliste estime qu'il s'agit "d'une précampagne électorale où les locataires d’El Mouradia n’ont plus de place". L'éditorial de Tayeb Belghiche enfonce le clou de sa consœur  : "Personne ne le connaissait en Algérie avant que Abdelaziz Bouteflika le ramène en 2000 pour lui offrir le domaine qui conditionne tout l’avenir du pays". Il conclut par cette phrase : «toute la corruption remonte aux frères du Président». Selon l'éditorialiste du "journal de référence", les Bouteflika partis, c'est le cœur de la corruption qui s'arrête de tourner.

 

Ghania Oukaci, approvisionnée à des sources sans doute situées à un autre pôle du système, donne un autre son de cloche dans Le Quotidien d'Oran : "L'inculpation de Khelil n'est pas un fait de justice mais un acte politique. L'histoire nous rappelle qu'à chaque fin de règne d'un président de la République, des têtes doivent tomber pour noter le commencement d'un nouveau".

 

A la veille de "ce commencement d'un nouveau", certains ne devraient pas se la ramener avertissent les sources de Mme Oukaci qui mettent en rapport le déclenchement de l'affaire Sonatrach avec l'intention de Bouteflika d'enquêter sur les conditions du décès "accidentel" du général Saïdi en 1995. " Le général Saïdi, devait selon nos sources, remplacer Mohamed Médiène (Toufik) à la tête du DRS. Bouteflika avait, dit-on, en outre, demandé par la même occasion, de (r)ouvrir le dossier de l'assassinat de Boudiaf".

 

Les "sources" mettent en garde: "L'affaire Sonatrach n'est pas unique en son genre. Beaucoup avant Khelil ont puisé dans les caisses de ce groupe que le pouvoir tient totalement entre les mains. Il y a, par ailleurs, des ministres dans le gouvernement Sellal qui pourraient perdre le sommeil pour n'avoir pas la conscience tranquille, en matière de gestion des finances publiques et d'exécution de grands projets. Ils feront, peut-être, le dos rond pour laisser passer la bourrasque. Ne reste que quelques petits mois pour que la présidence de la République change de mains".

 

Les sources de la journaliste nous invitent par ailleurs à comprendre que c'est l'ANP qui contrôle la présidence: le malade Bouteflika se trouve "sous les yeux avertis des responsables de l'institution militaire».

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