ALGERIE. L'Armée obtient l'exclusion du FFS de Salima Ghezali

Prix Sakarov pendant la "Décennie noire", proche conseillère de Hocine Aït Ahmed le défunt fondateur du FFS, Salima Ghezali dirigeait jusqu'en juillet dernier le journal du FFS Libre Algérie après avoir dirigé le courageux hebdomadaire La Nation. Elle avait été élue député d'Alger il y a un an.

Elle a réagit  en déclarant notamment que la direction du FFS est libre de prendre sa décision d'exclusion. « Et, je suis libre de penser que j’avais raison d’écrire cet article et que j’en referais d’autres parce que c’est ce que je sais faire le mieux. Et, ce qu’ils savent mieux faire, c’est faire passer les gens en Conseil de discipline. Salima va continuer d’écrire et va continuer de parler avec les gens. C’est dommage parce qu’encore une fois, nous arrivons devant une impasse historique qui s’exprime au sein du FFS, comme elle s’exprime ailleurs. Arriver à trouver les moyens de fonctionner d’une façon moderne et cohérente où le fond et la forme vont ensemble, c’est difficile à réaliser pour une société comme la nôtre qui a accumulé les carences, les violences et les incompréhensions ».

EXTRAIT de la tribune incriminée

(...) Le Général Zeroual, alors qu’il prenait ses fonctions à la tête de l’Etat, avant son élection en 1996, avait qualifié de « système pourri » le fonctionnement institutionnel et avait dénoncé « des traitres, criminels et mercenaires » installés au plus haut niveau des structures de l’Etat. Le propos avait pu choquer ceux qui pensaient que le seul problème du pays était le terrorisme. A telle enseigne que devant la levée de boucliers, quelques mois plus tard, le Président Zeroual reprenait les mêmes termes pour les attribuer au seul  terrorisme.  Première reculade avant qu’il ne remette, au nom de l’alternance (sic), sa démission face à la pression du « système pourri ».

Depuis, il n’a plus jamais été question d’alternance. Mais seulement de « continuité » et de grotesques  simulacres dans le simulacre  où les uns demandent à l’ANP de les débarrasser du Président et  les autres s’y opposent de toute la force de leur attachement à « l’Etat civil ».

En vérité, le coup d’état militaire est inenvisageable pour diverses raisons.

D’abord, parce que la police politique, qui a façonné les rapports de force sur l’actuelle scène publique, peut, elle ou ses relais mafieux, mener des putschs dans toutes les structures politiques, syndicales, associatives et même économiques et médiatiques. Elle a même façonné l’espace publique d’une manière tellement perverse que les « coups de force » sont devenus le mode de régulation quasi-automatique dans toutes les structures. Il vous suffit de lire les journaux, avant même les BRQ pour le constater.

Une situation propice à la désorientation cognitive de citoyens qui, entre le gourdin du parkingueur, le doberman du redresseur, la milice privée du général, la vénalité du magistrat, la « chkara » des clones du Bouchi, le  « sale boulot » du commis de service,  le cachet du bureaucrate-racketteur et l’ukase de l’apparatchik, ne peuvent plus trouver d’espace où faire librement société.

La désintégration morale, politique et sociale de la collectivité nationale exclut, de fait, la possibilité du « coup d’Etat militaire » pour n’importe quel officier doté d’un peu de conscience patriotique ou même de simple bon sens. La violence et la corruption ont rongé jusqu’à l’os les structures de la société et de l’Etat. Au moindre geste inconsidéré l’Algérie rattrapera au centuple le retard pris sur le Congo, la Libye etc.

Dans ces conditions parler de « menace de coup d’état militaire » est une manœuvre de diversion pour faire accepter la fumisterie appelée tantôt « Etat civil» et tantôt « continuité »  qui n’est rien d’autre, en l’état actuel du fonctionnement des institutions,  que la raison sociale de la corruption généralisée.(...)

Pour lire le texte intégral la "Réponse au général Ahmed Gaïd Salah" : TSA-Algérie

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