En Algérie seuls les oligarques savent ce qu'ils veulent

Depuis déjà plusieurs mois, les journaux électroniques et papiers, les blogueurs et autres youtubers sont poussés vers les jeux d'ombre et de simulacres offerts d'en haut par le régime. Pour donner du piquant au spectacle, on arrête puis on libère des personnages curieux, devenus symboles de la liberté de la presse.

Les réseaux sociaux bruissent des analyses aussi informées les une que les autres sur la date de l'élection présidentielle devenu vitale pour notre survie! Les journalistes abreuvés aux "sources" rivalisent en demi-révélations plus évasives les unes que les autres. Dans les clubs de chroniqueurs journalistes on compare les mobiles et modes opératoires des "décideurs" pour trouver enfin le secret de leurs intentions.

Cette agitation politologique aboutit à noyer le poisson. Le blogueur Youcef Elmeddah (HuffPost-Algérie) écrit sous le titre L’art de la confusion:

"Plus que dix sept semaines nous séparent de ces élections présidentielles. Et à ce jour, aucun débat politique, aucune campagne, aucun programme qui puissent permettre aux citoyens d’avoir une idée sur ce que l’avenir leur réserve."

Pendant ce temps,  les principales composantes du système -dans et hors du pouvoir exécutif actuel- s'activent à huis clos autour d'un nouveau deal économique néolibéral, avec la "transition politique" qui va avec, comportant comme moyen du libéralisme austéritaire le resserrement du carcan policier et judiciaire contre le mouvement social.

"L’ère des demi-mesures est révolue », a donné le ton hier Ali Haddad après avoir été plébiscité par les patrons du FCE réunis en congrès. Malgré les apparences, l'oligarque du BTP est fort satisfait de la manifestation de Béjaïa présentée contre l'intervention de l'Etat dans les activités des entreprises. Manifestation organisée par son rival oligarque, l'industriel Issad Rebrab avec lequel il prépare sans doute une nouvelle réunion discrète à la City de Londres...

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