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Billet de blog 4 avril 2020

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Coronavirus

Etant donné que le confinement nous investit tou-te-s du rôle obligé de témoin, je transmets mes impressions…

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La crise sanitaire que nous vivons a agi à la fois comme révélateur de beaucoup de réalités qui, tout en étant présentes, nous demeuraient relativement invisibles, et comme générateur de nouvelles sociabilités susceptibles de conduire, si par la suite elles se développent, à des infléchissements sociaux.

La première des réalités que ce virus a révélées est le dérèglement en lui-même du monde où nous vivons. L’origine probable de la contamination inter-espèces met en lumière les dysfonctionnements auxquels donne déjà lieu l’atteinte portée à l’écosystème. Puis, viennent les conséquences palpables d’années de gestion néo-libérale : très peu de recherche fondamentale -donc peu de savoir produit en dehors de ce qui est attendu par le monde de l’entreprise, peu de savoir, en l’occurrence, concernant les virus- et une immense pénurie de lits et de ressources dans les hôpitaux.
A cela s’ajoute l’ordre réel de priorités de nos dirigeants, qui émerge de façon plus visible en ces temps. Non seulement le gouvernement d’Emmanuel Macron a omis de diverses façons de prévoir la crise, mais les mesures qu’il a prises récemment disent bien à quel point il se soucie surtout d’anticiper la future crise économique. On aurait pu en effet imaginer que le manque de lits soit anticipé par la mobilisation de cliniques privés ou d’autres endroits et que chaque individu du pays reçoive gratuitement, distribués par l’Etat, un lot de masques et de gants de latex ainsi que de gel hydroalcoolique. Non content de ne pas protéger la vie, le gouvernement d’Emmanuel Macron l’attaque dans ses lois pourtant « d’urgence sanitaire » : il est en effet surprenant de constater qu’elles assouplissent le code du travail pour en éliminer certains acquis sociaux, tels que les 35 heures ou la disposition des congés, sans préciser l’échéance. Edward Snowden alertait récemment à propos du danger que les gouvernements profitent de la crise du coronavirus pour s’octroyer de nouveaux pouvoirs de collecte de données. Il est sans doute nécessaire de le prendre au sérieux, à tel point les décisions des uns et des autres montrent déjà que beaucoup d’entre eux entendent bien s’en servir pour en tirer bénéfice : le gouvernement de Macron a donc modifié la législation concernant le travail, aux USA plusieurs états américains ont interdit l’avortement -curieusement considéré non nécessaire-, Viktor Orban s’est doté de pouvoirs exceptionnels… Les décisions de nos dirigeants montrent dramatiquement, en ces moments, leurs priorités. Il est regrettable de constater que peu d’entre eux font le choix de donner à la vie -à nos vies- la priorité, cela n’en fait que plus souhaitable que de nouveaux partis, féministes ou non-violents, émergent partout en Europe, comme cela a été le cas récemment en Italie.
Peut-être que ce type de gouvernement aurait d’ailleurs plus volontiers mis en place un échange et une coopération avec la Chine, pour la recherche et la prévention, ou plus volontiers pris exemple sur les pays ayant le mieux surmonté l’épidémie – la Corée a pratiqué des test sur toute la population. Il aurait à coup sûr, aussi, pris soin des populations plus vulnérabilisés : les SDF, dont la situation n’a été que très tardivement, voire pas, contemplée ; les femmes victimes de violences conjugales, qui se retrouvent enfermées 24 heures sur 24 avec leur bourreau à bout de nerfs ; les migrants…
La crise du coronavirus pose peut-être tout de même les bases d’un monde futur dans les nouvelles sociabilités qu’elle a développées, malgré le confinement. Cette sociabilité s’est épanouie par la culture qui s’est développée des balcons, où tout le monde manifeste à 20 heures son ras-le-bol du gouvernement, son soutien aux soignants… ; où les artistes donnent de leur temps pour les autres ; où divers moyens de communication et d’interaction se développent. Puis, malgré le fait qu’il y ait encore des comportements égoïstes, une grande conscience de ce qui se joue pour les plus exposés s’est aussi développée, beaucoup d’individus restant tout de même conscients que le confinement est, en fait, un luxe. Finalement, les liens familiaux et amicaux se sont resserrés en ce contexte où chacun-e est conscient-e que l’on côtoie tou-te-s la mort. Il est possible d’espérer que la sociabilité ainsi posée et la nouvelle conscience de l’autre, développée dans ce contexte de pénurie et de proximité de la mort, seront des graines qui contribueront à nous porter vers ce monde nouveau où l’être humain, et la vie, seront au centre des préoccupations.
Le coronavirus semble par ailleurs receler de nombreuses conséquences en termes de géopolitique. Tout d’abord la question se pose des dégâts qu’il causera dans les pays émergeants : nous sommes nombreu-x-ses à regarder avec angoisse ses premières évolutions sur le continent africain, en Inde et en Amérique Latine, où la population ne pourra pas respecter le confinement et il est à attendre que l’on manque de masques, de gants, de lits d’hôpital… Nous sommes nombreu-x-se-s à avoir déjà cela sur la conscience.
Il est probable que le coronavirus dépare un nouvel équilibre du monde en termes économiques. La Chine risque de prendre les devants, n’en déplaise à l’Amérique de Trump, dont plusieurs leaders politiques ont déjà annoncé vouloir sacrifier leurs aînés au bon fonctionnement du monde économique, cela pour la simple et bonne raison qu’elle a déjà passé l’épidémie et s’en est somme toutes assez bien tiré. Cela alors même qu’il est très peu probable qu’elle ne fasse pas des ravages, en effet, dans l’Amérique de Trump, déjà si bercée dans les récits de fin du monde et de survie du meilleur. Dans la mesure où l’épidémie atteindra fortement les pays émergeants, il est probable que les actuelles chaînes de production s’en trouvent durablement altérées et que cela mette un terme à la globalisation telle qu’on la connaît, et dont la production est toute délocalisée.
Le coronavirus va entraîner de nombreuses pertes humaines, ce d’autant plus que la protection de la vie n’est une priorité pour pratiquement aucun gouvernement sur la planète, ne le laissons pas faire plus de victimes qu’il n’en fait déjà, ne permettons pas que nos gouvernements en fassent usage pour nous acheminer vers un monde encore plus inhumain.

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Gustav Moreau, Le sphinx victorieux (détail), 1886.

En France nous soutenons le PPD et le NPA:

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CORONAVIRUS

Puesto que el confinamiento nos ha obligado a tod@s al papel de testigo, transmito mis impresiones…

La crisis sanitaria que vivimos actúa a la vez como revelador de muchas realidades que aunque presentes, siguen relativamente invisibilizadas, y como generador de nuevas sociabilidades susceptibles de conducir, si se desarrollan después, a producir inflexiones en lo social.
La primera realidad revelada por el virus es el disfuncionamiento del mundo en que vivimos. El origen probable de la contaminación inter-especies muestra los desarreglos a los que ya da lugar el daño que le estamos causando a la naturaleza. Vienen después las consecuencias palpables de años de gestión neoliberal: muy poca investigación fundamental -por tanto, poco saber producido fuera de lo que espera el mundo de la empresa; poco saber, en este caso, que concierna a los virus- y una inmensa penuria de camas y de recursos en los hospitales. Emerge además en estos tiempos de forma más visible el orden real de prioridades de nuestros dirigentes. No sólo el gobierno de Emmanuel Macron ha omitido de diversas maneras prever la crisis, sino que las medidas que realmente ha tomado dicen bien hasta qué punto se preocupa sobre todo de anticipar la futura crisis económica. La falta de camas habría podido por ejemplo ser prevista con la movilización de clínicas privadas o de otros lugares. El Estado habría podido distribuir gratuitamente a cada individuo del país un lote de mascarillas y de guantes de látex, así como gel hidroalcohólico. No contento con no proteger la vida, el gobierno de Emanuel Macron la ataca en sus leyes que son sin embargo de “urgencia sanitaria”: es en efecto sorprendente constatar que modifica el código del trabajo para eliminar algunos de sus rasgos más sociales, como las 35 horas o la disposición de las vacaciones, sin precisar cuando termina la vigencia de esas medidas supuestamente excepcionales. Edward Snowden alertaba recientemente a propósito del peligro de que los gobiernos aprovechen la crisis del coronavirus para otorgarse nuevos poderes de colecta de datos. Sin duda es necesario tomárselo en serio, pues las decisiones de un@s y de otr@s muestran ya que muchos de ell@s pretenden utilizarla en su beneficio: el gobierno de Macron ha modificado así la legislación referida al trabajo, en EEUU varios estados han prohibido el aborto -curiosamente considerado superfluo-, Viktor Orban se ha dotado de poderes excepcionales… Las decisiones de nuestros dirigentes muestran dramáticamente, en estos momentos, sus prioridades. Es una lástima constatar que pocos de ell@s toman la decisión de dar a la vida -a nuestras vidas- la prioridad, ello no hace sino más deseable que nuevos partidos, feministas o no-violentos, emerjan por toda Europa, como ha sido el caso recientemente en Italia.
Ese tipo de gobierno habría puesto quizá en marcha un intercambio y una cooperación con China, para la investigación y la prevención, o más voluntariamente tomado ejemplo sobre los países que mejor han superado la epidemia -Corea ha practicado test sobre toda la población. Desde luego, habría cuidado de las poblaciones mas vulnerables: los vagabundos, cuya situación no ha sido más que tardíamente contemplada; las mujeres víctimas de violencia de género, que se encuentran encerradas todo el día con su maltratador, en una situación en que además éste pierde los nervios; los migrantes…
La crisis del coronavirus sienta sin embargo quizá las bases de un mundo futuro por las nuevas sociabilidades que ha desarrollado, a pesar del confinamiento. Dicha sociabilidad se gesta por la cultura que se ha desarrollado en los balcones, en la que todo el mundo manifiesta a las ocho su hartazgo del gobierno, su apoyo al personal sanitario…; en la que los artistas deleitan a los demás; en la que diversos medios de comunicación y de interacción se desarrollan. Y, a pesar de que todavía existen comportamientos egoístas, se ha desarrollado también una gran conciencia de lo que está en juego para los más expuestos, siendo conscientes muchos individuos de que el confinamiento es, en realidad, un lujo. Finalmente, los vínculos familiares y amistosos se han estrechado en ese contexto en que cada un@ es consciente de que tod@s podemos morir. Es posible esperar que la sociabilidad así esbozada y la nueva conciencia de/l/la otr@, desarrollada en ese contexto de penuria y de proximidad de la muerte, sean las semillas que contribuyan a llevarnos hacia ese mundo en el que el ser humano, y la vida, ocupen el centro de las preocupaciones.
El coronavirus parece por lo demás recelar numerosas consecuencias en términos de geopolítica. En primer lugar, se plantea la cuestión de los destrozos que causará en los países emergentes: somos numeros@s l@s que miramos con angustia sus primeras evoluciones en el continente africano, en India y en América Latina, donde la población no podrá respetar el confinamiento y es predecible que falten máscaras, guantes y camas de hospital… Somos much@s l@s que, desde ya, cargamos ese peso en la conciencia.
Es probable que el coronavirus depare un nuevo equilibrio del mundo en términos económicos. China corre el riesgo de ponerse a la cabeza del pelotón, por más que ello disguste a la América de Trump, en la que varios líderes políticos ya han anunciado la voluntad de sacrificar a sus mayores en aras de la buena marcha de la economía, por el sencillo motivo de que China ya ha pasado la epidemia y finalmente no ha salido de ella demasiado mal parada. Ello aun cuando es muy poco probable que no cause estragos, en efecto, en la América de Trump, de por sí tan nutrida de relatos del fin del mundo y de supervivencia del mas fuerte. En la medida en la que la epidemia va a tocar mucho a los países emergentes, es probable que las actuales cadenas de producción se encuentren durablemente alteradas y que eso le ponga término a la globalización tal y como la conocemos, cuya producción se encuentra deslocalizada.
El coronavirus va a conllevar muchas pérdidas humanas, tanto más por cuanto que la protección de la vida no es una prioridad para prácticamente ningún gobierno en el planeta. No le permitamos que se cobre más víctimas que las que ya se cobra, no permitamos que nuestros gobiernos lo utilicen para encaminarnos hacia un mundo todavía más inhumano.

 En Espania apoyamos a Iniciativa Feminista y a PACMA:

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