Femmes et modèles, les « oublis » de l’histoire : le cas de Jeanne de Castille

L’été approchant, et à l’occasion de la parution prochaine d’un de mes articles académiques, qui étudie la réélaboration littéraire du personnage de Jeanne de Castille par Gioconda Belli, je souhaite partager la lecture d’un essai portant sur cette figure historique.

Le billet précédent abordait la question des modèles, qui sous-tend bien des problématiques concernant les femmes, à partir d’un fait d’actualité. Curieusement, les actes d’un colloque auquel j’ai pu assister l’an passé sont publiées ces jours-ci. Mon intervention y abordait cette même question de façon quelque peu tangentielle, à partir de l’étude du roman de l’auteure nicaraguayenne Gioconda Belli. Le roman, intitulé Le parchemin de la séduction, se donnait pour but de réélaborer, au travers de la fiction, l’un des exemples les plus emblématiques de la répression que les femmes ont pu endurer : la reine Jeanne de Castille, qu’une certaine postérité a appelé Jeanne « la Folle ».

Fille des artisans politiques de la première unité de l’Espagne, les Rois Catholiques, Jeanne de Castille a été mariée par eux à l’héritier du trône de Habsbourg, Philippe Le Bel, l’alliance intégrant les plans d’expansion et de stabilisation politique de ses parents. De cette union naîtra l’un des hommes politiques les plus puissants de son temps : Charles Quint. Cependant, l’union a débouché sur des conséquences à plus d’un titre inattendues : la première est que les époux sont tombés éperdument amoureux l’un de l’autre, vivant au début de leur union une romance tout à fait inconvenante à l’époque ; la deuxième est qu’elle  n’a rempli en rien les objectifs politiques auxquels elle était destinée ; la troisième est qu’elle a introduit une dynastie étrangère en Espagne, au lieu d’exporter les Trastamares en Europe. En effet, les Rois Catholiques attendaient de cette union qu’elle les préserve de la France et qu’elle assoie leur rôle en Europe. Cependant, l’union avec Jeanne n’éloigna pas fondamentalement Philippe de la France : toute sa vie durant il maintint avec ses beaux-parents une guerre larvée, et fit entrer, comme on le sait, une dynastie étrangère dans la péninsule.

Si Jeanne aurait dû gouverner la Castille dès 1504, année du décès de sa mère, et l’Aragon dès 1516, moment du décès de son père, il est notoire qu’elle n’eut pas vraiment l’opportunité d’exercer l’autorité royale, dont elle fût pourtant la détentrice officielle jusqu’à sa mort, en 1555. Le motif qu’avance l’historiographie est bien connu : sa folie d’amour supposée, qui l’aurait gagnée jusqu’à aliéner complètement ses capacités à exercer le pouvoir. Cet état justifia un long enfermement de presque cinquante ans dans le château de Tordesillas, où elle vécut dès 1509, presque totalement à la merci d’un obscur personnage, qui en est même arrivé à la torturer, le marquis de Denia.

Les sympathies féministes de Gioconda Belli sont de notoriété publique, elles l’ont accompagnée durant toute sa carrière littéraire. En ce sens, il est peu surprenant qu’un personnage historique réprimé de façon si visible et scandaleuse que le fut Jeanne de Castille ait attiré son attention, de la même façon qu’il est peu surprenant qu’elle ait voulu récupérer, par le biais de la fiction, quelque chose de cette individualité. Ce qui surprend bien plus, c’est que finalement l’auteure n’a pas eu besoin d’avoir recours à un débordement imaginatif pour réélaborer un personnage fictionalisé, susceptible de recouvrer quelque dignité. En effet, une analyse narratologique sommaire montre bien que Belli réélabore le personnage de Jeanne pour qu’il transcende les obstacles qui, durant sa vie, avaient eu raison de la reine par un triple mouvement : en puisant pour se documenter dans l’historiographie la plus récente concernant la reine ; en établissant un parallélisme entre le personnage de la reine et un autre personnage de fiction, Lucia, qui est, lui, confronté à des dilemmes similaires à l’époque contemporaine; en construisant par le biais de correspondances et clins d’œil un suprapersonnage fantasmé, qui lie plusieurs femmes entre elles, en une sorte de filiation. Le premier niveau, qui ne fait que reprendre les nouvelles perspectives ouvertes sur cette reine par l’historiographie la plus récente, altère cependant déjà beaucoup l’image la plus dégradée que l’imaginaire collectif a pu garder d’elle.

Plusieurs essais sous-tendent le roman de Belli, entre eux celui de Michael Pradwyn et La reine Jeanne. Gouvernement, pitié, dynastie de Bethany Aram. Je dois dire quant à moi que j’ai dévoré ce dernier en seulement quelques jours, du fait de la transformation radicale que le postulat de départ d’Aram, ses méthodes et ses conclusions font subir au personnage historique de Jeanne de Castille. Aram ne tente pas de trouver la vérité de ce personnage, c’est plutôt le contraire qui se passe : dès le début, elle met en garde le lecteur sur le fait que toutes les traces qui nous restent de ce personnage parviennent médiatisées par la communication politique d’Etat et sont donc passées à travers une réélaboration qui dessert des fins précises. A partir de là, Aram fait un travail d’archive spectaculaire, qu’elle conduit à travers l’Espagne, les Pays-Bas et la France, dans lequel elle réunit les documents qui font allusion à la reine Jeanne, croisant les sources et confrontant les documents aux circonstances.

Aram établit rapidement que Jeanne a dû évoluer dans une double conjoncture très difficile. D’une part, tous les hommes qui l’entouraient –son père Ferdinand, son mari Philippe, son fils Charles- avaient intérêt à ce qu’elle soit déclarée incapable de gouverner, afin de gouverner à sa place. D’autre part, la théorie politique hégémonique à l’époque,  la théorie suivant laquelle il existait une correspondance entre le corps du roi et ses territoires, a aussi joué à son désavantage, car le corps du roi étant en ce cas un corps de femme, cela justifiait la surveillance ininterrompue qui s’acharna sur elle. Finalement, Aram aborde la folie dans son travail suivant les perspectives de Michel Foucault, en tant que construction sociale discursive, et non en tant que condition transhistorique. Elle s’adonne de ce fait à la tâche d’interroger les représentations du mal de Jeanne qui sont restées parmi ses contemporains. Une telle voie de travail, unie au fait qu’il assume l’impossibilité d’affirmer quoi que ce soit comme point de départ, situe l’essai d’Aram au carrefour entre l’enquête policière, l’essai historiographique et un travail de mémoire faisant justice aux minorités dont il est difficile d’interrompre la lecture, une fois que l’on s’est aventuré dans ses pages.

Il est possible de faire allusion ici à l’un des exemples les plus visibles abordés par l’essai de Aram, faisant remarquer néanmoins qu’il est loin d’être le seul. L’enterrement de Philippe le Bel a en effet été rendu célèbre au point d’être l’objet de réélaborations multiples et de devenir le sujet de tableaux durant la période romantique. On se souviendra que Jeanne s’obstina à enterrer son époux à Grenade, à côté de sa mère, Isabelle, et que de ce fait, elle a parcouru la moitié de l’Espagne en compagnie de la dépouille de son mari, portée par un cortège fantasmagorique qui se déplaçait surtout la nuit et qui était essentiellement formé par des hommes. L’enterrement a intégré la légende noire de Jeanne, le romantisme en faisant même l’objet de tableaux, dans sa fascination morbide pour l’amour, la folie et la mort. Le lecteur peine donc à en croire ses yeux lorsqu’il découvre, grâce à l’essai de Aram, que Jeanne pouvait avoir un intérêt on ne peut plus concret –et politique- pour enterrer son mari à Grenade puisque, à cause de la modification inopinée du testament de sa mère, les enfants éventuels d’une deuxième union de son père Ferdinand le Catholique pouvaient hériter du trône de Castille, et donc déplacer ses enfants à elle. Dans ce contexte, enterrer son mari à côté de sa mère Isabelle la Catholique rendait visible, de façon presque inéluctable, le droit de ses enfants à leur héritage. La découverte que la règle des moines chartreux, la confrérie qui accompagnait l’enterrement, stipulait qu’il n’y aurait pas de femmes qui ne soient pas de sang royal en présence des moines, ne fait dès lors que participer à l’effondrement du mythe de complète aberration qui a entouré l’enterrement.

Comme il a été dit, le pouvoir corrosif de l’essai d’Aram vis-à-vis de la « version officielle » concerne pratiquement chaque épisode de la vie de la reine, motif pour lequel, l’on se retrouve rapidement à le lire comme on lirait un thriller ou un Agatha Christie, chose qui, puisqu’il s’agit en réalité d’un essai historique fourni, transforme l’expérience de sa lecture en une expérience qui, dans mon vécu de lectrice, est restée unique.

L’essai d’Aram ne pourra rien affirmer sur Jeanne de Castille, puisqu’il commence bien par affirmer que tout ce qui nous reste de ce personnage est médiatisé par une communication d’Etat qui visait à la maintenir sous tutelle. C’est précisément parce qu’il met bien en relief le vide que constitue de fait Jeanne de Castille, qu’il montre mieux que n’importe quel texte de dénonciation l’expoliation que les femmes ont pu subir dans les cas les plus extrêmes. Jeanne de Castille ne pourra jamais être un modèle, parce que d’ailleurs elle n’est même pas, mais le gouffre qu’elle laisse dans la trame de l’histoire des femmes nous rappellera toujours les conditionnants que les femmes ont dû subir pour ne serait-ce qu’accéder à l’existence.

  

Sara Calderon, « Canon y contracanon en El pergamino de la seducción de Gioconda Belli : la libertad de definirse », actes du 38e congrès international de la Société d’Hispanistes Français « Liberté(s) dans le monde ibérique et ibéroaméricain », université de Tours, 8, 9 et 10 juin 2017. A paraître.

Bethany, Aram, La reina Juana. Gobierno, piedad y dinastía, Madrid, Macial Pons, 2001.

Sara Calderon. Canon y contracanon en El pergamino de la seducción de Gioconda Belli : la libertad de definirse. 2016. hal-01560637

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01560637

Gioconda BELLI, El pergamino de la seducción, Barcelona, Seix Barral, 2014. [2005].

 

 

 

Mujeres y modelos, los « olvidos » de la historia : el caso de Juana de Castilla

 

Puesto que se acerca el verano, con ocasión de la próxima publicación de uno de mis artículos académicos, que estudia la reelaboración literaria del personaje de Juana de Castilla por Gioconda Belli, quiero compartir aquí la lectura de un ensayo que trata sobre esa figura histórica.

 

El artículo anterior abordaba la cuestión de los modelos dentro de las problemáticas que conciernen a las mujeres, a partir de un hecho de actualidad. Curiosamente, se publican en estos días las actas de un coloquio en el que pude participar el curso pasado, y en el que mi intervención abordaba esta misma cuestión de forma algo tangencial, a partir del estudio de una novela de la autora nicaragüense Gioconda Belli. La novela, titulada El pergamino de la seducción, se daba como propósito la reelaboración a través de la ficción de uno de los ejemplos mas señeros de la represión que han podido sufrir las mujeres : la reina Juana de Castilla, vulgarmente conocida como Juana « la Loca ».

Hija de los artífices políticos de la primera unidad de España, los Reyes Católicos, Juana de Castilla fue desposada por estos con el heredero del trono de Habsburgo, Felipe el Hermoso, en unos esponsales que integraban los planes de expansión y estabilización política de sus padres. Es de esta unión de donde nace uno de los hombres políticos más poderosos de esa época : Carlos V. Sin embargo, la unión tuvo consecuencias inesperadas a más de un título : la primera de ellas es que los esposos se enamoraron apasionadamente, protagonizando un sonado romance del todo inconveniente para la época ; la segunda que no cumplió para nada los objetivos políticos a los que se destinaba ; la tercera que trajo una dinastía extranjera al país, en lugar de exportar a los Trastámara. En efecto, con esta unión los Reyes Católicos esperaban preservarse de Francia y afianzar su papel en Europa. Sin embargo, el matrimonio con Juana no alejó fundamentalmente de Francia a Felipe, que mantuvo una guerra larvada con sus suegros más o menos durante toda su vida, y trajo además a la península como se sabe una dinastía extranjera.

Si bien Juana debió haber gobernado Castilla ya desde 1504, fecha en que muere su madre, y Aragón desde 1516, fecha en que muere su padre, sabido es que no tuvo en realidad oportunidad de ejercer la autoridad real, que sin embargo mantuvo a título nominativo hasta su muerte, en 1555. El motivo que tradicionalmente atribuye la historiografía también es sabido : su supuesta locura de amor, que la ganó hasta enajenar del todo sus capacidades de ejercer el poder y que justificó un largo encierro de casi cincuenta años en el castillo de Tordesillas, donde residió ya desde 1509, casi totalmente a la merced de un oscuro personaje que incluso llegaría a torturarla, el marqués de Denia.

Son conocidas las simpatías feministas que desde siempre tiene Gioconda Belli, y que la han acompañado durante toda su carrera literaria. En ese sentido, sorprende poco que un personaje histórico tan visible y escandalosamente reprimido como es Juana de Castilla haya llamado su atención, del mismo modo que sorprende poco que Belli haya querido rescatar, gracias a la ficción, algo de ella. Lo que sorprende más, en realidad, es lo poco que la autora ha tenido que recurrir a la imaginación para reelaborar un personaje ficcionalizado de recobrada dignidad. En efecto, un somero análisis narratológico muestra bien que Belli reelabora el personaje de Juana, para que trascienda los obstáculos que en vida encerraron a la reina, en un triple movimiento : recurriendo para informarse a la historiografía más reciente acerca de la reina ; estableciendo un paralelismo entre el personaje de la reina y otro personaje de ficción, Lucía, que se ve confrontada a dilemas similares en la época actual ; construyendo mediante correspondencias un suprapersonaje fantaseado, que enlaza a varias de las mujeres entre ellas, en una suerte de filiación. Sin embargo, el primer nivel, que no hace sino retomar los nuevos enfoques arrojados por la historiografía sobre la figura de esta reina, trastoca ya mucho la imagen más degradada que ha podido quedar en el acervo colectivo.

Subyacen en la novela de Belli varios textos, entre los cuales un ensayo de Michael Pradwyn y otro de Bethany Aram, La reina Juana. Gobierno, piedad y dinastía. Por mi parte he de decir que devoré este último en tan sólo algunos días por lo radicalmente transformadores que tanto el postulado de partida de Aram, como su método y sus conclusiones resultan para el personaje histórico. Aram no pretende dar con la verdad de la reina Juana. Más bien al contrario, pone en guardia al lector desde el inicio sobre el hecho de que todo lo que queda de ella nos llega pasado por el prisma de una comunicación política de Estado, esto es, de una reelaboración supeditada a unos fines. A partir de aquí, Aram hace un espectacular trabajo de archivo, llevado a través de España, los Países Bajos y Francia, en el que recopila los documentos que sobre Juana quedaron, cruzándolos y confrontándolos a las circunstancias.

Aram establece rápidamente que Juana tuvo que desenvolverse en una difícil doble coyuntura. Por una parte, todos los hombres que la rodeaban –su padre Fernando, su marido Felipe, su hijo Carlos- tenían en realidad interés en que se la declarase incapaz de gobernar, para gobernar ellos en su lugar. Por otra parte, la teoría política hegemónica en la época, la teoría según la cual había una correspondencia entre el cuerpo del rey y sus territorios, también jugó en su desventaja, ya que al ser en este caso el cuerpo del soberano un cuerpo de mujer, justificó la constante vigilancia que recayó sobre ella. Finalmente, Aram aborda en su trabajo la locura siguiendo las perspectivas desarrolladas por Michel Foucault, como construcción social discursiva, y no como condición transhistórica. Se da por tanto a la tarea de interrogar las representaciones que del mal de Juana quedaron en sus contemporáneos. Semejante vía de trabajo, aunado al hecho de asumir la imposibilidad de afirmar nada como punto de partida, convierten el ensayo de Aram en un cruce entre la pesquisa policiaca, el ensayo historiográfica y un trabajo de memoria que haga justicia a las minorías que apenas se puede soltar, una vez se ha empezado a leer.

Por dar aquí uno de los ejemplos más visibles que aborda el ensayo de Aram, adelantando eso sí que no es el único, podemos mencionar el célebre entierro de Felipe el Hermoso, tan reelaborado y reenunciado que incluso ha sido representado en múltiples cuadros románticos. Se recordará que Juana se obcecó en enterrar a su esposo en Granada, junto a su madre Isabel, y que por ello recorrió media España en compañía de su despojo, con una comitiva fantasmagórica que se desplazaba casi sólo de noche y que estaba compuesta mayoritariamente de hombres. Como se ha dicho, el entierro ha pasado tanto a formar parte de la leyenda de la locura de Juana, que el romanticismo, en su fascinación mórbida por el amor, la locura y la muerte, incluso lo hizo motivo de varios cuadros. No da uno así crédito a sus ojos cuando, por obra y gracia de Aram, descubre que Juana podía tener un interés del todo político por enterrar a Felipe en Granada ya que, a causa de la modificación intempestiva del testamento de su madre, los eventuales hijos de una segunda unión de Fernando el Católico podían optar al trono de Castilla, y desplazar a los hijos de Juana. Enterrar a su marido junto a su madre Isabel la Católica era en este contexto hacer visible, casi de forma ineludible, el derecho de herencia que tenían sus hijos. El descubrimiento de que la regla de los cartujos, cofradía de monjes que acompañaba al entierro de Felipe, estipulaba que no habría mujeres que no fuesen de sangre real en presencia de los monjes, no hace sino participar ya del desmoronamiento de este mito de completo despropósito que rodea al entierro. Como se dijo, el poder corrosivo del ensayo de Aram hacia la “versión oficial” toca prácticamente cada episodio de la vida de la reina, motivo por el cual, se encuentra un@ leyéndolo como un thriller o un Agatha Christie, algo que, en la medida en que se trata de un fornido ensayo histórico, convierte su lectura en una experiencia que, en mis vivencias de lectora, es única a día de hoy.

El ensayo de Aram no va a poder afirmar nada sobre Juana de Castilla, ya que comienza por precisar que todo lo que de ese personaje nos queda está mediatizado por una comunicación de Estado que la necesitaba bajo tutela. Pero precisamente, poniendo de realce el vacío que de hecho es Juana de Castilla muestra quizá mejor que cualquier texto denunciatorio el expolio que en casos extremos han podido sufrir las mujeres. Juana de Castilla no podrá nunca ser un modelo, porque de hecho ni siquiera es, pero el agujero que deja en la trama de la historia femenina nos recordará por siempre los condicionantes que para algo tan sencillo como es acceder a la existencia han podido tener que sufrir las mujeres.

 

 Sara Calderon, « Canon y contracanon en El pergamino de la seducción de Gioconda Belli : la libertad de definirse », actes du 38e congrès international de la Société d’Hispanistes Français « Liberté(s) dans le monde ibérique et ibéroaméricain », université de Tours, 8, 9 et 10 juin 2017. A paraître.

Bethany Aram, La reina Juana. Gobierno, piedad y dinastía, Madrid, Macial Pons, 2001.

Sara Calderon. Canon y contracanon en El pergamino de la seducción de Gioconda Belli : la libertad de definirse. 2016hal-01560637

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01560637

 Gioconda BELLI, El pergamino de la seducción, Barcelona, Seix Barral, 2014. [2005].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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