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Billet de blog 4 déc. 2022

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Eco-terrorisme ??

A la suite des manifestations citoyennes contre la construction de mégabassines supposées parer aux problèmes de sécheresses, Gérald Darmanin a brandi un nouveau concept, pour le moins contestable, « l’écoterrorisme ». Une façon d’aborder la question qui en dit long sur le rapport du pouvoir à l’urgence climatique.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’activisme écologiste, qui existe depuis les années 60, a connu diverses phases. Confronté à l’urgence climatique et au peu de résultats obtenus par les pouvoirs politiques, un regain de visibilité et d’intensité est dernièrement apparu dans ses actions qui, si elles peuvent outrepasser la loi, semblent néanmoins s’être fixées l’action non-violente comme ligne rouge à ne pas dépasser. Le phénomène s’accompagne d’un rajeunissement de ses protagonistes, souvent âgés de moins de trente ans. Ce nouvel activisme vise à faire parler de soi, pour faire bouger les consciences, puis les comportements et les attitudes. Il met à profit les médias, une des dernières actions très commentées étant l’interruption en juin dernier de la demi-finale hommes de Roland Garros par une militante vêtue d’un t-shirt à la mention « plus que 1028 jours avant qu’il ne soit trop tard pour sauver le climat ». Bien que non-violentes, ces interventions, nombreuses, ont fini dans certains pays, Etats-Unis et Grande-Bretagne en tête, par valoir la mise sous surveillance de certains activistes pour terrorisme.

Dans le contexte hétérogène de ce regain d’activisme, des suites de la terrible sécheresse qui a marqué l’été, puis d’une nouvelle édition, de moins en moins crédible, de la COP, des protestations citoyennes ont eu lieu en France pour s’opposer à la construction de mégabassines pompant dans les nappes sous-terraines, prétendue solution au problème de l’irrigation agricole en cas de sécheresse. Parmi elles, la marche de plusieurs milliers de personnes du 29 et 30 octobre dans les Deux-Sèvres, malgré l’interdiction préfectorale. Bien qu’elle ait enfreint la loi, puisqu’elle n’était pas autorisée, la répression donnée à une marche somme toute pacifique semble d’emblée disproportionnée : les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement, faisant une soixantaine de blessés, dont six ont dû être hospitalisés. Puis, au motif que 61 gendarmes auraient été, eux aussi, blessés lors des affrontements, Gérald Darmanin a introduit le nouveau concept « d’écoterrorisme », relai évident des mesures répressives mises en place dans les pays anglo-saxons. A peine dix jours plus tard, le 9 novembre, dans un exercice de coordination un peu trop bien rodé pour une démocratie qui confronterait une dissension sociétale, Eric Dupond-Moretti répond dans une circulaire, sans le dire explicitement, aux questionnements soulevés par ces protestations. Non seulement il s’agit d’une circulaire éminemment répressive, mais elle est ven outre affectée d’une « langue de bois » également peu compatible avec la démocratie. La première phrase donne le ton : « Si la protection de l’environnement et la préservation de notre patrimoine commun constituent des sujets de préoccupation légitimes, les actions menées en marges de mouvements de contestation de projets d’aménagement du territoire portent atteinte à l’ordre républicain lorsqu’ils prennent forme d’affrontements violents et de jets de projectiles, dirigés de manière systématique à l’encontre des forces de l’ordre ».

L’affirmation qui ouvre la circulaire relève de toute évidence du greenwashing, au vu des mesures dérisoires prises par nos dirigeants, proportionnellement au danger encouru, alors que le temps nécessaire pour le juguler manque presque désormais. Puis, ce qui suit fausse la désignation des faits: ce n’est pas un projet d’aménagement du territoire que les manifestants ont contesté au cours de ces protestations, mais la pertinence de la solution proposée au dramatique, et maintenant récurrent, problème de sécheresse qui a sévi tout l’été. En effet, ces bassines doivent pomper dans des nappes souterraines qui ne sont pas infinies. Les manifestants, eux, jugent plus avisée une étude sérieuse des causes de la diminution de précipitations, qui permette une réflexion collective toute aussi sérieuse à propos des mesures à mettre en place pour y remédier sur le long terme. Finalement, les affrontements violents n’ont pas été initiés par les manifestants, qui marchaient de façon pacifique, mais résultent plutôt de l’interaction entre la répression disproportionnée à un acte finalement propositif, certes en marge de la loi, et la conviction de citoyens acculés par l’incompétence des pouvoirs politiques. Est-que ces affrontements auraient été « violents » si les pouvoirs publics avaient mis en place une commission chargée d’évaluer la faisabilité et l’opérationnalité de solutions proposées par des chercheurs, par exemple ? Rien n’est moins sûr…

La circulaire de Dupond-Moretti réprime pourtant férocement la simple expression citoyenne à propos d’un danger planétaire. Elle appelle le parquet à « une réponse pénale systématique et rapide » et rappelle les actions visées, en dehors des violences sur les forces de l’ordre : la rébellion (deux ans de prison) ; la « participation à un groupement en vue de violences ou de dégradations » (un an de prison) ; la « participation à une manifestation en étant porteur d’une arme » -entendant par là tout projectile, reçu ou envoyé (trois ans de prison et 45.000 euros d’amende) ; la « participation à un attroupement ». Elle encourage les procureurs à requérir des peines complémentaires comme « des interdictions de paraître ou de participer à des manifestations », avec inscription au fichier des personnes recherchées (FPR). Elle recommande enfin d’ouvrir une information judiciaire si les participants n’ont pas été saisis sur les faits. Une telle réponse à une lutte rassemblant 150 organisations -syndicats, associations environnementales, mouvements climat, collectifs citoyens…- et de nombreux élus est extrêmement décevante pour des représentants démocratiquement élus. Ce d’autant plus que l’urgence climatique est désormais absolue. L’été 2022 a été estimé par la Santé publique le plus meurtrier en France depuis 2003 pour cause de canicule : l’excès de décès est évalué à 10.420. Puis, entre le 1er juin et le 17 septembre 17.000 passages aux urgences, 3.000 consultations réalisées par SOS médecins et sept accidents mortels du travail ont également été dus à la chaleur. Au niveau planétaire, les phénomènes climatiques dévastateurs se suivent, touchant avec plus de force, pour l’instant, les pays du Sud global, qui reçoivent ainsi leur énième pénalisation dérivée du passé colonial. Des terribles inondations ont dévasté le Pakistan. Puis, durant la COP27, l’Irak, 5ème pays le plus vulnérable à la crise climatique selon l’Agence des Nations Unies pour l’environnement, a tiré la sonnette d’alarme sur sa situation dramatique. Ancienne Mésopotamie, traversée par l’Euphrate et le Tigre, berceau de la civilisation, où l’agriculture a pu prospérer et la civilisation se développer pour y faire naître l’écriture, l’Irak confronte aujourd’hui une sécheresse chronique. Les vagues de chaleur peuvent dépasser les 50° en été, la Banque Mondiale estimant que le changement climatique pourrait lui coûter 20% de sa ressource en eau d’ici le milieu du siècle, qu’un tiers des terres irriguées deviendraient improductives et que la partie septentrionale pourrait être inhabitable à la fin du siècle.

Quelles sont les actions engagées par nos responsables politiques, au niveau planétaire, face à ce panorama apocalyptique ? Une des réponses est la mise en place, depuis 1995, des COP, Conference of the Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, engageant près de 30.000 participants chaque année, entre les délégations des Etats, la société civile et les médias. Deux autres COP existent aussi depuis 1992, sur la diversité biologique et sur la lutte contre la désertification. Pour lutter contre les problèmes environnementaux résultant de la mondialisation, des décisions doivent être adoptées, par consensus et dans un engagement volontaire, lors de ces sommets mondiaux. Une première remarque est que les COP ont aujourd’hui montré leurs limites. Si elles peuvent être un espace d’échange diplomatique, les réponses qui en émanent sont gouvernées par une logique à court terme qui, comme pour les mégabassines, ne ciblent pas les causes, mais les conséquences des problèmes. En cause, souvent, les intérêts économiques des participants. Un bon exemple est l’accord minimaliste sur lequel débouche la COP27. Bien que le sixième rapport du GIEC ait explicitement désigné la sortie des énergies fossiles comme moyen le plus efficace pour limiter le réchauffement climatique, la combustion du charbon, du pétrole et du gaz engendrant près de 90% des émissions mondiales de CO2, la présidence égyptienne semble avoir produit un texte qui protège les Etats pétro-gaziers et les industries de combustibles fossiles. En Arabie Saoudite, en Russie et en Chine trois entreprises d’Etat consacrées aux énergies fossiles constituent les trois multinationales les plus émettrices du monde. Ainsi, l’accord final de la COP27 ne contemple que la création d’un fonds pour les dégâts irréversibles causés par le réchauffement climatique -largement insuffisant aux besoins réels, par ailleurs- et se contente d’appeler à la « diversification des sources d’énergie », plutôt qu’au remplacement des énergies fossiles par des renouvelables. Puis, il insiste sur l’urgence de réduire de moitié l’émission des gaz à effet de serre d’ici à 2030 pour rester sous la barre de 1’5°C de réchauffement planétaire, alors même que les scientifiques ont alerté sur le fait que, sans réelle mesure immédiate, il existe 50% de possibilités que ce seuil soit dépassé en 9 ans.

Amy Dahan, chercheuse émérite au CNRS, alerte sur le besoin de rendre efficaces des sommets sur le climat aujourd’hui basés sur le consensus et l’engagement volontaire, qui jamais ne remettent en question les règles de la mondialisation économique et financière à l’origine de la catastrophe climatique. Elle fait noter que l’OMC et d’autres accords bilatéraux font, eux, appliquer des règles contraignantes et des sanctions qui protègent l’économie mondialisée. Elle propose donc de rénover les institutions et les règles qui organisent la mondialisation pour créer des mécanismes contraignant les pays à tenir leurs engagements climatiques. Récemment, la France, l’Allemagne, l’Espagne et la Pologne se sont retirées du traité sur la charte de l’énergie, qui avait en fait restreint le déploiement des politiques climatiques, permettant aux industriels de poursuivre les Pays-Bas, qui souhaitaient fermer des centrales au charbon, ou l’Italie, qui voulait interdire des forages pétroliers offshore. Des règles nées de la mondialisation sont donc, pour la première fois, reconnues contraires à la lutte contre le changement climatique. Dahan propose d’aller plus loin et de mettre en place un traité international encourageant et protégeant l’investissement public dans les énergies renouvelables et sanctionnant l’utilisation du charbon. Puis, elle touche à ce qui est sans doute le centre même de la question : il faut modifier les perspectives ; la sobriété ne peut plus être envisagée comme liberticide et punitive, mais doit constituer un autre choix de vie, possédant comme tout choix de vie ses avantages. De même, il n’est plus possible de fonctionner avec l’économie libérale mise en place dans les années 1990, mais il faut créer une nouvelle vision de l’économie, qui prenne en compte les limites planétaires.

S’il est rassurant que des chercheur.e.s disent haut et fort qu’il faut, pour lutter contre le changement climatique, remettre en cause les règles de la mondialisation économique et financière à l’origine de la catastrophe climatique, il ne fait pas de doute que l’expression citoyenne ne doit pas se laisser bâillonner par une censure digne des dictatures et une manipulation de l’opinion visant sans fioritures à protéger les intérêts du capitalisme. Car il faut aussi désormais oser dire, haut et fort, que le capitalisme est un système socio-économique qui a eu un début et qui pourrait avoir une fin. Nous sommes trop nombreu.x.ses à vouloir inventer, de jour en jour, par le dialogue, la coopération et le travail collectif un autre système, reposant sur des valeurs concurrentielles, pour régir l’évolution de l’humanité. Un système qui, bien entendu, se régira par de nouvelles lois, celles-ci n’étant qu’une somme de conventions sur lesquelles une société s’accorde pour réguler sa cohabitation. Point de terrorisme à cela.

Illustration 1

 Gustav Moreau, Le Victorieux Sphinx (détail), 1886.

¿¿Ecoterrorismo??

Tras las manifestaciones ciudadanas contra la construcción de macroestanques, que deben supuestamente resolver los problemas derivados de la sequía, Gerald Darmanin ha utilizado un nuevo concepto, cuanto menos cuestionable, el “ecoterrorismo”. Una manera de abordar la cuestión que dice mucho sobre la relación del poder a la urgencia climática.

El activismo ecologista, que existe desde los años 60, ha conocido diversas fases. Confrontado a la urgencia climática y a los pocos resultados obtenidos por los poderes públicos, una nueva visibilidad e intensidad caracteriza actualmente sus acciones que, si pueden infringir la ley, parecen haberse fijado la acción no violenta como límite. El fenómeno se acompaña de un rejuvenecimiento de sus protagonistas, de a menudo menos de treinta años. El nuevo activismo se enfoca a dar que hablar, para concienciar a la sociedad, y engendrar la evolución de comportamientos y actitudes. Aprovecha por ello las coberturas mediáticas. Una de sus ultimas acciones más comentadas es precisamente la interrupción en junio de la semifinal masculina de Roland Garros por una militante vestida con una camiseta que portaba la inscripción “sólo nos quedan 1028 días antes de que sea demasiado tarde para salvar al clima”. Pese a ser no violentas, este tipo de intervenciones, numerosas, ha terminado por generar que en algunos países, entre los cuales Estados Unidos y Gran Bretaña, algunos activistas sean vigilados por “terrorismo”.

En este contexto heterogéneo del renacer de cierto activismo, de las consecuencias de la terrible sequía que ha marcado el verano y de una nueva edición, cada vez menos creíble, de la COP, han tenido lugar en Francia varias protestas ciudadanas para oponerse a la construcción de megaestanques, que van a aspirar aguas subterráneas como supuesta solución al problema de la irrigación agrícola durante las sequías. Entre ellas se encuentra la marcha de varios miles de personas que, a pesar de la prohibición prefectoral, se desarrolló en Deux-Sèvres el 29 y 30 de octubre. Aunque contraria a la ley, ya que no había recibido autorización, la represión dada a una marcha a fin de cuentas pacífica parece desproporcionada: las fuerzas del orden han utilizado gases lacrimógenos y granadas de descarga, provocando unos sesenta heridos, de los cuales seis han tenido que ser hospitalizados. A causa de los 61 gendarmes supuestamente también heridos durante la confrontación, Gérald Darmanin ha esgrimido el nuevo concepto de “ecoterrorismo”, evidentemente derivado de las medidas represivas ya puestas en marcha en los países anglosajones. Apenas diez días más tarde, el 9 de noviembre, en un ejercicio de coordinación quizá demasiado bien rodado para una democracia que se confronte a una disensión social, Eric Dupond-Moretti respondía en una circular, sin explicitarlo, a las preguntas que estos acontecimientos dejaban en suspenso. No sólo se trata de una circular ante todo represiva, sino que la caracteriza un doble lenguaje también poco compatible con la democracia. La primera frase es evocadora: “Si la protección del entorno y la preservación de nuestro patrimonio común son objeto de legitima preocupación, las acciones llevadas a cabo en margen de protestas contra proyectos de organización del territorio infringen el orden republicano cuando llevan a violentos enfrentamientos y a arrojar proyectiles, dirigidos de forma sistemática contra las fuerzas del orden”.

La afirmación que abre la circular constituye un buen ejemplo de greenwashing, dada la nimiedad de las medidas adoptadas por nuestros dirigentes en proporción al peligro que corremos, cuando además no disponemos prácticamente ya del tiempo necesario para yugularlo. Lo que sigue transforma la designación de los hechos: los manifestantes no cuestionaban con sus protestas la organización del territorio, sino la eficacia de la solución dada a los dramáticos, y ahora recurrentes, problemas engendrados por las sequías. En efecto, dichos estanques artificiales van a absorber aguas subterráneas que no son infinitas. Los manifestantes estiman más pertinente lanzar un estudio serio sobre las causas de la disminución de las precipitaciones, que permita una reflexión colectiva igual de seria sobre las medidas a adoptar para resolverla. Finalmente, los enfrentamientos violentos no han sido iniciados por los manifestantes, que marchaban de forma pacífica, sino que resultan más bien de la interacción entre la represión desproporcionada a un acto finalmente propositivo, aunque desde luego contrario a la ley, y la convicción de ciudadanos acorralados por la incompetencia de los poderes públicos. ¿Habrían sido “violentos” los enfrentamientos si los poderes públicos hubieran designado una comisión para evaluar la factibilidad y la pertinencia de soluciones propuestas por científicos, por ejemplo? Nada resulta menos seguro…

Y sin embargo la circular de Dupond-Moretti reprime ferozmente la simple expresión ciudadana a propósito de un peligro planetario. Recomienda al tribunal “una respuesta penal rápida y sistemática” y recuerda las acciones que, además de las violencias ejercidas sobre las fuerzas del orden, pueden ser castigadas: la rebelión (dos años de cárcel); la “participación a un agrupamiento con miras a realizar violencias o degradaciones” (un año de cárcel); la “participación a una manifestación siendo portador de un arma” -entendiendo como tal todo proyectil, recibido o enviado (tres años de cárcel y 45.000 euros de multa); la “participación a un agrupamiento”. Anima a los fiscales a requerir penas complementarias como “las prohibiciones de comparecer o de participar en manifestaciones”, con inscripción en el fichero de personas buscadas (FPR). Finalmente, recomienda abrir una investigación si los participantes no son sorprendidos in fraganti. Semejante respuesta a una lucha que reúne 150 organizaciones -sindicatos, asociaciones ambientales, movimientos climáticos, colectivos ciudadanos…- y muchos cargos políticos resulta decepcionante para representantes democráticamente electos. Tanto más por cuanto que la urgencia climática es ya absoluta. La Sanidad pública ha estimado que el verano de 2022 ha sido el más letal en Francia desde 2003 por causa del calor: el exceso de fallecimientos se evalúa en 10.420. Además, entre el 1 de junio y el 17 de septiembre, 17.000 urgencias, 3.000 consultas realizadas por SOS médicos y siete accidentes mortales laborales también han sido debidos al calor. A nivel planetario, los fenómenos climáticos devastadores se siguen y tocan con más fuerza, de momento, a los países del Sur global, que reciben de este modo la enésima penalización derivada del pasado colonial. Terribles inundaciones han devastado Pakistán. Durante la COP27, Irak, 5° país más vulnerable a la crisis climática según la Agencia de Naciones Unidas para el medio ambiente, ha alertado sobre su dramática situación. Antigua Mesopotamia, atravesada por el Éufrates y por el Tigris, cuna de la civilización, donde la agricultura pudo prosperar y la civilización desarrollarse para que naciera la escritura, Irak confronta hoy una sequía crónica. Las olas de calor pueden sobrepasar los 50° en verano, el Banco Mundial estima que el cambio climático podría costarle un 20% de sus recursos acuíferos de aquí a mediados de siglo, que un tercio de las tierras irrigadas se volverán improductivas y que la parte septentrional del país podría ser inhabitable para fin de siglo.

¿Con qué acciones han respondido nuestr@s responsables polític@s, a nivel planetario, a este panorama apocalíptico? Una de ellas ha sido la organización, desde 1995, de las COP, Conference of the Parties de la Convención-marco de las Naciones Unidas sobre los cambios climáticos. Cada año movilizan a más de 30.000 participantes, entre delegaciones de Estados, de la sociedad civil y de los medios. También existen, desde 1992, otras dos COP, sobre la diversidad biológica y sobre la lucha contra la diversificación. Para combatir los problemas medioambientales que resultan de la mundialización, en dichas cumbres se adoptan decisiones, por consenso y compromiso voluntario. Una primera observación es que las COP han mostrado ya sus límites. Si bien pueden resultar un buen espacio de intercambio diplomático, las respuestas que de ellas emanan están informadas por una lógica a corto plazo que, como sucedía con los megaestanques, no apunta a las causas sino a las consecuencias de los problemas. A menudo son los intereses económicos de los participantes los que la motivan. Un buen ejemplo es el acuerdo minimalista en el que desemboca la COP27. Aunque el sexto informe del GIEC ha designado explícitamente la salida de las energías fósiles como medio más eficaz para limitar el calentamiento global, siendo la combustión del carbón, del petróleo y del gas la responsable de cerca del 90% de las emisiones mundiales de CO2, la presidencia egipcia de la COP27 parece haber producido un texto que protege a los Estados productores de gas y de petróleo y a las industrias de combustibles fósiles. En Arabia Saudí, Rusia y China tres empresas de Estado dedicadas a las energías fósiles son tres de las multinacionales más emisoras del mundo. Así, el acuerdo final de la COP27 sólo contempla la creación de un fondo dedicado a los estragos irreversibles provocados por el calentamiento global -por lo demás del todo insuficiente a paliar las necesidades reales- y se contenta con llamar a la “diversificación de las fuentes de energía”, sin hacerlo a remplazar las energías fósiles por renovables. Finalmente, insiste sobre la urgencia de reducir a la mitad las emisiones de gases de efecto invernadero de aquí a 2030, para mantenernos bajo la barra de 1,5° de calentamiento, aun cuando los científicos han declarado que, sin verdaderas medidas inmediatas, existe un 50% de posibilidades de que ese umbral sea sobrepasado en 9 años.

Amy Dahan, investigadora emérita del CNRS, alerta sobre la necesidad de volver por fin eficaces cumbres climáticas hoy basadas sobre el consenso y el compromiso voluntario, del todo ajenas al cuestionamiento de las reglas de la mundialización económica y financiera que origina la catástrofe climática. Señala que la OMC y otros acuerdos bilaterales sí que obligan a aplicar reglas ineludibles y sanciones que protegen la economía mundializada. Propone por tanto renovar las instituciones y las reglas que organizan la mundialización para crear mecanismos que obliguen a los países a cumplir los acuerdos climáticos. Francia, Alemania, España y Polonia se han retirado hace poco del tratado sobre la carta de la energía, que había entorpecido en realidad la puesta en marcha de políticas climáticas, al permitir a la industria denunciar a Países Bajos por cerrar centrales de carbón, o a Italia por prohibir perforaciones petrolíferas offshore. Se reconocen de este modo por primera vez como contrarias a la lucha contra el cambio climático reglas nacidas de la mundialización. Dahan propone ir más lejos, con un tratado internacional que incentive y proteja la inversión pública en energías renovables y sancione la utilización del carbón. Aborda además lo que es sin duda el centro mismo de la cuestión: se necesita modificar las perspectivas; la sobriedad no puede seguir siendo percibida como liberticida y punitiva, sino que debe constituir otro modo de vida, que como todo modo de vida tiene ventajas. Asimismo, no es posible continuar funcionando con la economía liberal puesta en marcha en los años 90, sino que es necesario instalar otra visión de la economía, que tome en cuenta los límites del planeta.

Si resulta tranquilizante que investigador.e.a.s digan alto y fuerte que, para luchar contra el cambio climático, hay que cuestionar las reglas de la mundialización económica y financiera que origina el cambio climático, no cabe duda que la expresión ciudadana no tiene que dejarse silenciar por una censura digna de dictaduras y una manipulación de la opinión sin disimulo encaminada a preservar los intereses del capitalismo. Hay que atreverse hoy a decir, alto y fuerte, que el capitalismo es un sistema socio-económico que tuvo un principio y podría tener un fin. Somos demasiad@s l@s que queremos inventar para regir la evolución de la humanidad, día a día, con el diálogo, la cooperación y el trabajo colectivo, otro sistema, que repose sobre valores alternativos. Un sistema que, por supuesto, se rija por nuevas leyes, ya que éstas no son sino la suma de convenciones sobre las que una sociedad se pone de acuerdo para regular su cohabitación. No hay terrorismo en pedir que se considere su evolución. 

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