La Déclaration de Genève, une victoire partielle dans une stratégie d’échelle

Un événement récent est passé presque inaperçu au sein d’une actualité mouvementée, il nous semble pourtant essentiel de ne  pas le minimiser.

En ces temps tumultueux, un malheureux événement est passé pratiquement inaperçu, si ce n’est de la réaction bienvenue et lucide de Paul B. Preciado -bien que je ne partage pas toutes ses perspectives. En effet, le 22 octobre un ensemble de 32 Etats, dont les Etats-Unis, le Brésil, l’Egypte, la Pologne, l’Uganda, l’Arabie Saoudite et la Hongrie, ont signé à Washington la Déclaration du Consensus de Genève lors d’une conférence virtuelle. Il s’agit d’une initiative menée par Mike Pompeo, dont l’objectif évident se situe à mi-chemin entre l’opération de communication et la visée effective de peut-être restreindre plus tard le droit à l’avortement -comme le prouve aux Etats-Unis la récente nomination à la Cours Suprême de la très conservatrice Amy Conney Barrett pour remplacer la défunte juge Ruth Bader Ginsburg.

 

Une déclaration assise du système patriarcal

La Déclaration précise d’elle-même ses propos, faisant pour l’occasion le préoccupant usage du langage désormais bien connu chez les anti-IVG. Elle viserait à « améliorer la santé des femmes et promouvoir l’égalité des chances pour les femmes en politique et dans la société ; préserver la vie humaine ; renforcer la famille en tant qu’unité fondamentale de la société et protéger la souveraineté de la nation dans le contexte de la politique mondiale ». On mesure le cynisme contenu dans l’allusion à « la santé des femmes » dès lors que l’on considère les chiffres fournis par l’OMS : entre 47.000 et 55.000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement mal pratiqué et 5 autres millions en gardent des blessures graves pouvant même entraîner la stérilisation ou des maladies chroniques. Les chiffres sont sans appel et se passent de commentaire. Par ailleurs, on peut également se demander quelle « égalité des chances » est-elle possible dès lors que l’on est obligée de prendre en charge un enfant non désiré, voire de prendre en charge un enfant non désiré en étant adolescente, voire encore de prendre en charge un enfant issu d’un viol, qui plus est dans bien de pays sans aucune aide de l’Etat.

L’allusion au but tout à fait supposé de « préserver la vie humaine » contient le piège rhétorique depuis longtemps identifié par bien d’intellectuels, parmi lesquels Judith Butler -avec ses « vies qui comptent »- ou Elsa Dorlin -avec son étude des possibilités de défense chez les subordonnés. Les vies des femmes ne sont-elles toujours pas des vies en plein XXIe siècle ? Il semblerait que celui-ci est le chemin que les secteurs les plus conservateurs des Etats-Unis souhaitent emprunter… Une femme doit-elle voire réduites ses possibilités de vie, abandonner encore ses études, ses possibilités de développement personnel à la suite d'un esclavage biologique d’autant plus cuisant lorsqu’elle fait face à un viol ou à un manque d’information savamment orchestré par le patriarcat ? Car cela a été dit par Simone Veil elle-même : aucune femme n’a recours de gaîté de cœur à l’avortement. Les femmes du monde entier exigent désormais que les dirigeants de ce monde ne leur fassent plus l’affront de tenter d’occulter l’évidence : les vies des femmes sont aussi des vies ; toutes les vies d’être humain possèdent les mêmes droits à l’épanouissement vital et personnel ; le développement de l’ensemble cellulaire qu’est un fœtus dans les quelques mois qui suivent la conception ne peut pas être considéré prioritaire sur la vie d’un être humain, lui, constitué et en cours de cheminement vital.

Considérer la famille en tant qu’« unité fondamentale de la société » constitue, comme cela a été aussi signalé depuis longtemps, le choix d’ordre social que fait le patriarcat, il n’a rien d’inéluctable, ni même, d’ailleurs, d’évident. Je l’avais signalé récemment à propos des violences structurelles, le féminisme propose depuis longtemps, et plus aujourd’hui que jamais dans des pays comme l’Espagne, où il a pu beaucoup se développer, l’organisation en réseaux de solidarité, qui peuvent contenir ou non des couples. Instituer la famille comme socle de l’organisation sociale est un choix déterminé par un système de domination -celui des femmes par les hommes- et il s’insère d’ailleurs parfaitement dans ce système, en les privant elles d’autonomie sociale -donc en les livrant pieds et poings liés dans les sociétés les plus traditionnelles à des éventuels hommes violents- et en les assignant à des tâches prédéfinies, le soin des enfants et de la maison, qui peuvent tout aussi bien être occupées par les hommes, comme le prouvent de nombreuses familles dans les pays nordiques. L’organisation en réseaux que propose le féminisme est, elle, plus réaliste d’un point de vue humain, plus souple et plus épanouissante pour tous ses intégrants ; elle apparaît aujourd’hui comme une vraie possibilité d’organisation sociale capable de concurrencer les familles, qui elles sont susceptibles de dérives, comme le prouvent les difficultés qu’il y a encore aujourd’hui à juguler des fléaux tels que les violences conjugales ou l’inceste.

La déclaration de Genève s’attache à présenter comme inéluctables un ensemble de prémisses concernant le privé qui ne sont en fait que des choix parmi d’autres s’offrant au social : les choix que fait le patriarcat. La présentation mensongère effectuée par la Déclaration de Genève se prolonge, en quelque sorte, dans la référence à la protection de « la souveraineté de la nation ». Encore une fois : les femmes n’intègrent-elles pas la nation ? Remarquez, au moins l’affirmation se trouve en cohérence avec le postulat désormais effarant que les vies des femmes ne sont pas des vies… Comme le signale à très juste titre dans son billet Paul B. Preciado, considérer que « la souveraineté de la nation » s’étend à décider sur le corps des femmes implique fatalement de réduire celui-ci au statut de l’usine au XIXe. Soit, cela implique encore de le retourner au statut que Silvia Federici a signalé a été le sien pour permettre l’accumulation capitaliste : celui d’une machine à produire de la force de travail. Pour abonder en leur sens, cela implique fatalement aussi le corollaire de réduire les possibilités humaines des femmes aux possibilités biologiques qui sont celles de l’animal, en laissant aux hommes le monopole de la sphère intellectuelle, existentielle et créative qui fait la spécificité de l’humain, une énième violence faite aux femmes.

 

Un nouvel ordre mondial

Paul B. Preciado l’a signalé dans son billet en parlant de « guerre chaude » : la déclaration de Genève n’apparaît aux observateurs que comme l’énième rouage d’un inquiétant nouvel ordre mondial émergeant insidieusement mais clairement : des pays qui souvent se sont fait la guerre, comme les Etats-Unis et les pays du Moyen Orient, et que seules la dérive autoritaire et l’appât du gain des groupes dirigeants posé comme valeur absolue d’organisation du social réunit, arrivent à se mettre d’accord sur le contenu de cette déclaration. Elle pose en fait une coalition de fascismes possible, mais non moins certaine, qu’il est urgent de désactiver. Une coalition de fascismes se construisant, entre autres, sur l’asservissement des femmes.

Elle rentre d’ailleurs dans le cadre de toute une série de mesures qui ont été prises par le passé et qui s’acheminent visiblement à entériner l’ordre posé par le patriarcat le plus intransigeant. Les Etats-Unis, rappelons-le, ont forcé en avril 2019 l’amputation de la résolution de l’ONU concernant le viol comme arme de guerre d’une partie essentielle, celle concernant la santé sexuelle et reproductive des femmes : c’est le prix auquel ils ont négocié leur vote et que les autres pays se sont résignés à payer. La Pologne vient à peine de suspendre l’arrêt du Tribunal constitutionnel jugeant l’avortement inconstitutionnel en cas de malformation grave du fœtus ou de maladie incurable, et l’interdisant pratiquement par là-même, face à l’ampleur du mouvement social de protestation qu’il a déclenché. L’Arabie Saoudite joue depuis longtemps un jeu incertain avec l’Occident, visant de toute évidence à lui permettre d'intégrer les organismes internationaux, reconnaissant tout d’abord le droit de conduire et le droit vote aux femmes, puis emprisonnant par la suite la plupart des militantes à l’origine de cette victoire. Cela sans compter la permanence encore aujourd’hui d’un système de tutelle anachronique. Il serait possible de citer des mesures et des attitudes alarmantes pour la plupart des pays signataires de cette déclaration.

Je l’ai signalé de façon réitérée : nous vivons des temps très durs, probablement une époque charnière devant nous conduire à un ou autre monde possible. La signature de la Déclaration de Genève doit être lue comme une victoire partielle s’insérant dans une stratégie d’échelle. Elle doit nous alerter pour nous faire redoubler d’efforts dans nos quotidiens et de vigilance au moment de nous confronter aux urnes. Un monde où les individus cohabitent en s’épanouissant individuellement par-delà leurs différences est possible, construisons-le dès maintenant, ne laissons pas les forces réactionnaires nous en déposséder.

 

Œuvres et articles citées :

Judith Butler

- Ces corps qui comptent. De la matérialité et des limites discursives du « sexe », traduction de Charlotte Nordmann, Paris, ed. Amsterdam, 2009.

- Vies précaires. Les pouvoirs du deuil et de la violence après le 11 septembre 2001, Paris, ed. Amsterdam, 2005

- Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil, Zones, coll. « Zones », 2010.

Sara Calderon, Les savoirs de la violence structurelle relationnelle : pour une Non-Violence politique — Los saberes de la violencia estructural relacional: por una no-violencia política. 2020. ⟨halshs-02422269⟩

Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, 2017.

Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, traduit de l’anglais (E.U.) par le collectif Sanonevero et Julian Guazzini, ParisMarseille, Entremonde-Senonevero, 2004.

Paul B. Preciado, “La guerre chaude”, Mediapart, 2 novembre 2020, https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/021120/la-guerre-chaude?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66&fbclid=IwAR3gKaetq4oyGCzbPzclb9LleOAqZnnCjI6KQTPNE-3zFStvOxMbe8UNdK4

 

En France nous soutenons le PPD et le NPA:

 

zdecrois
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Gustav Moreau, Le victorieux Sphinx (détail), 1886.

 

 

La declaración de Ginebra, una victoria parcial inserta en una estrategia global

 

Un acontecimiento reciente ha pasado desapercibido quizá por causa de una actualidad muy apretada, me parece sin embargo esencial no minimizarlo.

 

En estos tiempos tumultuosos, un desgraciado acontecimiento ha pasado prácticamente desapercibido. Sólo Paul B. Preciado se ha expresado sobre la cuestión, de forma lúcida y bienvenida -si bien no comparto todas sus perspectivas. En efecto, el 22 de octubre un conjunto de 32 Estados, entre los que se encuentran Estados Unidos, Brasil, Egipto, Polonia, Uganda, Arabia Saudí, Hungría, firmaron en Washington la Declaración del Consenso de Ginebra en una conferencia virtual. Se trata de una iniciativa llevada a cabo por Mike Pompeo, cuyo objetivo se sitúa evidentemente a medio camino entre la operación de comunicación y el verdadero deseo de quizá restringir mas tarde el derecho al aborto -como lo prueba en Estados Unidos el reciente nombramiento en la Corte Suprema de la muy conservadora Amy Conney Barrett para remplazar a la difunta jueza Ruth Bader Ginsburg.

 

Una declaración para asentar el sistema patriarcal

La Declaración precisa sus objetivos, haciendo gala para ello del preocupante uso del lenguaje ya conocido en los oponentes al derecho al aborto. Buscaría “mejorar la salud de las mujeres y promover la igualdad de oportunidades para las mujeres en política y en la sociedad; preservar la vida humana; reforzar la familia en tanto que unidad fundamental de la sociedad y proteger la soberanía de la nación en el contexto de la política mundial”. Puede un@ medir el cinismo contenido en la alusión a la “salud de las mujeres” por poco que considere las cifras proporcionadas por la OMS: entre 47.000 y 55.000 mujeres mueren cada año por causa de un aborto mal practicado y otros 5 millones sufren heridas graves que pueden incluso llevar a la esterilización o a enfermedades crónicas. Las cifras hablan por si solas. Además, puede un@ preguntarse qué “igualdad de oportunidades” es posible cuando se está obligada a ocuparse de un niño no deseado, o incluso a ocuparse de uno no deseado siendo adolescente y hasta de ocuparse de uno fruto de una violación, sobre todo cuando en muchos países no se va a recibir ninguna ayuda del Estado.

La alusión al objetivo del todo supuesto de “preservar la vida humana” contiene la consabida trampa retórica ya identificada por muchos intelectuales, entre los cuales Judith Butler -con sus “vidas que cuentan”- o Elsa Dorlin -con su estudio acerca de las posibilidades de defensa que tienen l@s subordinad@s. ¿Siguen las vidas de las mujeres sin ser vidas en pleno siglo XXI? Parece que ese es el camino que los sectores más conservadores de Estados Unidos desean seguir… ¿Una mujer debe ver reducidas sus posibilidades de vida, abandonar los estudios, sus posibilidades de desarrollo personal en aras a una esclavitud biológica tanto más acuciante cuanto que confronte una violación o una falta de información cuidadosamente orquestada por el patriarcado? En efecto, como lo senalaba la propia Simone Veil: ninguna mujer recurre alegremente al aborto. Las mujeres del mundo entero exigen ahora que los dirigentes del mundo no les vuelvan a hacer la afrenta de tratar de ocultar lo evidente: las vidas de las mujeres también son vidas; toda vida de ser humano posee los mismos derechos al desarrollo vital y personal; el desarrollo del conjunto de células que es el feto en los primeros meses que siguen la concepción no puede ser considerado prioritario sobre la vida de un ser humano constituido e inserto en su desarrollo vital.

Enfocar la familia como “unidad fundamental de la sociedad” constituye, como también ha sido señalado desde hace tiempo, el orden social por el que opta el patriarcado: no tiene nada de ineluctable ni de hecho tampoco de evidente. Lo había señalado recientemente cuando hablaba de las violencias estructurales: el feminismo propone desde hace mucho, y mas ahora que nunca en países como España, donde ha podido desarrollarse mucho, organizar lo social en redes de solidaridad, que pueden contener o no parejas. Instituir la familia como base de la organización social es una opción determinada por un sistema de dominación -el de las mujeres por los hombres- que por lo demás se inserta perfectamente en él, al privarlas de autonomía social -librándolas por tanto, atadas de pies y manos en las sociedades más tradicionales, a eventuales hombres violentos- y al asignarlas a tareas predefinidas -el cuidado de los niños y del hogar- que perfectamente pudieran ser ocupadas también por los hombres, como lo prueban numerosas familias de los países nórdicos. La organización en redes que propone el feminismo es más realista desde un punto de vista humano, más flexible y emancipadora para tod@s sus integrantes; aparece hoy como una verdadera alternativa a la organización social basada en las familias, que pueden ser a veces escenario de derivas, como lo prueban las dificultades que todavía hoy se encuentran para yugular lacras como las violencias de género o el incesto.

La declaración de Ginebra pone todo su empeño en presentar como ineluctables un conjunto de premisas que se vinculan a lo privado y que sólo son algunas de las opciones que se ofrecen para organizar lo social: las que ha escogido el patriarcado. La presentación falseada que efectúa la Declaración de Ginebra se prolonga, de algún modo, en la referencia a la protección de “la soberanía de la nación”. Una vez más: ¿no integran las mujeres la nación? Por lo menos la afirmación es coherente con el postulado hoy en día inverosímil de que las vidas de las mujeres no son vidas… Como lo señala con razón Paul B. Preciado, considerar que “la soberanía de la nación” se extiende a poder decidir sobre los cuerpos de las mujeres implica fatalmente reducirlos al estatus que fue el de la fábrica en el siglo XIX. Esto es, implica devolverlos al estatus que Silvia Federici señaló permitió que se efectuara la acumulación capitalista: el de una máquina destinada a producir fuerza de trabajo. Ambas cosas implican fatalmente el corolario de reducir las posibilidades humanas de las mujeres a sus posibilidades biológicas, dejándoles a los hombres el monopolio de la esfera intelectual, existencial y creativa que hace la especificidad del ser humano, una enésima violencia dirigida hacia las mujeres.

 

Un nuevo orden mundial

Paul B. Preciado lo ha señalado en su artículo al hablar de “guerra caliente”: la declaración de Ginebra no es para los observadores sino el enésimo mecanismo de un inquietante nuevo orden mundial que emerge de forma insidiosa pero clara: países que a menudo han estado en guerra entre ellos, como Estados Unidos y los países de Medio Oriente, y que sólo reúne la deriva autoritaria y la codicia de los grupos dirigentes instituida en valor absoluto para organizar lo social, consiguen ponerse de acuerdo sobre el contenido de esa declaración. Esta plantea de hecho una coalición de fascismos posible, pero no por ello menos cierta, que urge desactivar. Una coalición de fascismos que se construiría, entre otras cosas, sobre la servidumbre de las mujeres.

Entra por lo demás en el marco de toda una serie de medidas que ya han sido tomadas y que visiblemente se encaminan a fijar el orden decidido por el patriarcado más intransigente. Estados Unidos, recordémoslo, forzó en abril de 2019 que se amputase la resolución de la ONU a propósito de la violación como arma de guerra de una parte esencial, la referida a la salud sexual y reproductiva de las mujeres: ese es el precio a que negoció su voto que los demás países se resignaron a pagar. Polonia acaba de suspender la decisión del Tribunal Constitucional que declaraba inconstitucional el aborto en caso de malformación grave del feto o de enfermedad incurable, prohibiéndolo casi con ello, al verse confrontada al gigantesco movimiento de protesta que ha desatado. Arabia Saudí juega desde hace tiempo un juego incierto con Occidente que de toda evidencia aspira a permitir la integración del país en los organismos internacionales, pues ha reconocido el derecho a conducir y el derecho a voto de las mujeres sólo para después encarcelar a la mayoría de las militantes que obtuvieron esa victoria. Permanece en el país por lo demás el anacrónico sistema de tutela al que siguen sometidas. Sería posible citar medidas y actitudes alarmantes para la mayoría de los países firmantes de la declaración de Ginebra.

 Lo he señalado de forma reiterada: vivimos tiempos muy duros, probablemente una época de transición hacia uno u otro mundo posibles. La firma de la Declaración de Ginebra debe ser entendida como una victoria parcial inserta en una estrategia global. Debe alertarnos para que aumentemos los esfuerzos en nuestra vida cotidiana y la vigilancia a la hora de confrontar las urnas. Un mundo en el que los individuos cohabiten realizándose individualmente más allá de sus diferencias es posible, construyámoslo desde ahora, no dejemos que las fuerzas reaccionarias nos lo arrebaten.

 

Obras y artículos citados:

Judith Butler

- Ces corps qui comptent. De la matérialité et des limites discursives du « sexe », traduction de Charlotte Nordmann, Paris, ed. Amsterdam, 2009.

- Vies précaires. Les pouvoirs du deuil et de la violence après le 11 septembre 2001, Paris, ed. Amsterdam, 2005

- Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil, Zones, coll. « Zones », 2010.

Sara Calderon, Les savoirs de la violence structurelle relationnelle : pour une Non-Violence politique — Los saberes de la violencia estructural relacional: por una no-violencia política. 2020. ⟨halshs-02422269⟩ (documento anexo para la versión española)  

Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, Paris, La Découverte, 2017.

Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, traduit de l’anglais (E.U.) par le collectif Sanonevero et Julian Guazzini, ParisMarseille, Entremonde-Senonevero, 2004.

Paul B. Preciado, “La guerre chaude”, Mediapart, 2 novembre 2020, https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/021120/la-guerre-chaude?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66&fbclid=IwAR3gKaetq4oyGCzbPzclb9LleOAqZnnCjI6KQTPNE-3zFStvOxMbe8UNdK4

 

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