Les savoirs de la violence structurelle : pour une Non-Violence politique

Mon nouvel essai doit accompagner les actes du colloque « La production du savoir : formes légitimations, enjeux et rapport au monde », son pré-print est disponible d’ores et déjà sur HAL-SHS.

Les différentes matrices de pouvoir qui informent notre monde et génèrent les subordinations de sexe, de race et de classe intègrent toutes à leurs mécanismes de subordination une violence structurelle normalisée que leurs systèmes symboliques rendent légitime. Cette violence relationnelle, qui maintient l’ordre subordonnant lorsqu’elle est exercée à une dose normalisée, peut toujours dépasser cet ordre et se déchaîner sur un individu, ou une catégorie d’individus, jusqu’à leur totale annihilation, que ce soit par sadisme, par volonté de faire un exemple qui maintienne la domination ou pour les besoins de définition identitaire d’un individu pathologique o de définition des limites d’une communauté.

La violence subordonnante est un des éléments fondamentaux du maintien d’un ordre hiérarchique qui assigne les individus par catégories à une identité prédéfinie et cadrée. Une identité qui permet l’exploitation des uns au bénéfice des autres. L’éliminer produira un monde d’individus libres, un monde nuancé où les identités seront surtout le produit d’un parcours de vie et d’une quête spirituelle intérieure. Les rapports sociaux s’en trouveront modifiés, le monde se trouvera relié en réseaux et les clivages permettant l’exercice de cette violence structurelle s’en trouveront partiellement abolis, entre autres celui du public et du privé. Le rapport au vivant s’en trouvera par là-même lui aussi modifié, car la violence relationnelle est une question de nature identitaire et non de paliers. L’environnement, en tant que cadre vivant de vie, fera partie de celui-ci et l’être humain établira avec lui un rapport de symbiose.

L’ordre capitaliste, qui redouble l’ordre patriarcal en transposant ses mécanismes sur les sujets hégémoniques et en invisibilisant toute une autre série d’autres sujets –les femmes et le sujet colonial-, a fait de l’accumulation capitaliste sa principale préoccupation et de l’économie sa loi rectrice. Dans ce cadre, l’économie est devenue une des abstractions totalisantes qui peuplent la bibliothèque borgésienne. Un monde non violent, qui abolira les hiérarchies, ramènera l’économie à un simple outil de gestion du réel, toujours subordonné à l’impératif de la vie. Ce même impératif de la vie et d’une non violence sociale présidera aux relations internationales.

La violence relationnelle n’est jamais entrée en politique, pour la simple et bonne raison qu’elle permet l’agencement du monde dont émane la notion usuelle du politique. Les rapports humains sont politiques. Ils agencent la polis. De ce fait, faire entrer la violence relationnelle en politique est la clé qui subvertira l’ordre du monde pour forger un monde nouveau.

 

Sara Calderon. Les savoirs de la violence structurelle relationnelle, pour une Non Violence politique /. 2019. ⟨halshs-02176388v3

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02176388

 

sphinxmoreau

Gustav Moreau, Le Victorieux Sphinx, 1886.

 

En France nous soutenons le Parti pour la décroissance, en une moindre mesure le NPA :

 

zdecrois

 

znp

 

 

Los saberes de la violencia relacional estructural : para una No-Violencia política

 

Mi nuevo ensayo acompañará las actas del coloquio “La producción del saber : formas, legitimaciones, retos y relación al mundo”, su pré-print ya está disponible en HAL-SHS.

 

Las diferentes matrices del poder que informan nuestro mundo y generan subordinaciones de sexo, de raza y de clase integran a sus mecanismos de subordinación una violencia estructural normalizada que sus sistemas simbólicos hacen legítima. Esa violencia relacional, que mantiene el orden subordinante cuando es ejercida a dosis normalizadas siempre puede excederlo y desencadenarse sobre un individuo o una categoría de individuos, hasta su completo aniquilamiento, ya sea por sadismo, por voluntad ejemplarizante de mantener la dominación o por las necesidades de definición identitaria de un individuo patológico o de definición de los límites de una comunidad.

La violencia subordinante es uno de los elementos fundamentales del mantenimiento de un orden jerárquico que asigna los individuos por categorías a una identidad predefinida y parametrada. Una identidad que permite la explotación de unos en beneficio de otros. Eliminarla producirá individuos libres, un mundo matizado en el que las identidades serán sobre todo producto de un recorrido vital y de una búsqueda espiritual interior. Esto se repercutirá sobre las relaciones sociales, el mundo se estructurará en redes de sociabilidad y las divisiones que permiten el ejercicio de esa violencia estructural se encontrarán parcialmente abolidas, entre ellas la separación de lo público y de lo privado. La relación del ser humano a todo ser vivo también se verá modificada, pues la violencia relacional es más una cuestión de naturaleza identitaria que de umbrales de violencia. El medio ambiente, en tanto que marco vivo de la vida, será parte del conjunto de lo viviente y el ser humano establecerá con él una relación de simbiosis.

El orden capitalista, que redobla el orden patriarcal transponiendo sus mecanismos sobre los sujetos hegemónicos e invisibilizando a toda una serie de otros sujetos –las mujeres y el sujeto colonial-, ha hecho de la acumulación capitalista su principal preocupación y de la economía su ley rectora. En ese marco, la economía se ha convertido en una de las abstracciones totalizantes que pueblan la biblioteca borgesiana. Un mundo no violento, que abolirá las jerarquías, devolverá la economía al estatus de simple herramienta de gestión de lo real, siempre subordinada al imperativo de la vida. Ese mismo imperativo de la vida y de una no violencia social presidirá en las relaciones internacionales.

La violencia relacional nunca ha entrado en política, por la sencilla razón de que va a permitir que se articule el mundo del que emana la noción más usual de lo político. Las relaciones humanas son políticas, informan la polis. Por ese motivo, permitir que entre la violencia relacional en política es la clave que subvertirá el orden del mundo para forjar un mundo nuevo.

 

Sara Calderon. Les savoirs de la violence structurelle relationnelle, pour une Non Violence politique /. 2019. ⟨halshs-02176388v3 (versión española)

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02176388v3/file/NVPolstyCpltV2Esp.pdf

 

En España apoyamos a PACMA y a Iniciativa Feminista :

castellano

 

 

yo-voto-pacma

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.