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Billet de blog 14 février 2017

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Sphinx

Des monstres…

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Elle demeurait en silence, pensive, fixant la plaine. Les griffes d’acier posées avec nonchalance sur le sol aride, les ailes repliées, la chevelure au vent. Tant de souvenirs, tant de vie derrière elle, tant de fantasmes se bousculaient dans sa tête… Elle demeurait debout, la poitrine dressée avec insolence, aux lèvres un sourire cruel, dans ses yeux un regard aiguisé. A ses pieds, des douzaines de squelettes encombraient son champ de vision ; elle en baillait. Elle n’avait pas été les chercher, ils venaient seuls, comme des papillons de nuit mystérieusement attirés par la lumière. Elle avait espéré que la blancheur qui couvrait le sol à perte de vue serve d’exemple. En vain. Peut-être à cause de sa relative jeunesse, elle avait omis de considérer que les zombies n’ont pas de cerveau, qu’ils se suivent simplement, comme les jours, ou peut-être comme les blattes, mus par leurs impulsions primaires.

Tuer la lassait, et cependant elle tuait, sans satisfaction, avec ennui même, comme un taureau qui chasse des mouches. On ne naît pas toujours monstre, parfois on le devient. Ils ne comprenaient pas que, même avec cette cicatrice géante qui lui sectionnait le muscle, elle pouvait les écraser, d’un simple regard. Et elle les écrasait, en général en hurlant de rire.

Esfinge

Permanecía en silencio, pensativa, escrutando la llanura. Con las garras de acero negligentemente posadas sobre el suelo agreste, las alas plegadas, la melena despeinada por el viento. Tantos recuerdos, tantas vivencias, tantos fantasmas agolpándose en su memoria… Permanecía, en pie, con una sonrisa cruel, el pecho insolentemente erguido, la mirada afilada. A sus pies, docenas quizá de esqueletos estorbaban su campo visual ; bostezaba a su vista. No los había buscado, venían solos, como polillas misteriosamente atraídas por la luz. Había esperado que la blancura que cubría el suelo hasta donde llegaba la vista sirviera de ejemplo. En vano. Quizá a causa de su relativa juventud había omitido que l@s zombies carecen de cerebro, que simplemente se siguen un@s a otr@s, como los días, o quizá como las cucarachas, movid@s por impulsos primarios.

La cansaba matar, y sin embargo mataba, sin satisfacción, incluso con hastío, como un toro espanta a las moscas. Los monstruos no siempre nacen, a veces se hacen. No entendían que, incluso con aquella gigantesca cicatriz seccionándole el músculo podía aplastarlos, sólo con mirarl@s. Y l@s aplastaba, por lo general entre carcajadas.

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