Deuxième vague

Avec la deuxième vague du Covid-19 amorcée un peu partout dans le monde, revient le discours sécuritaire qui, s’il n’est pas sans fondement, a été amplement utilisé par beaucoup de gouvernements pour servir leurs intérêts et pour contrôler la population. C’est l’occasion peut-être de coucher sur papier quelques réflexions inspirées de la nouvelle réalité qu’il a façonnée.

Les dispositions que nos différents gouvernements ont prises ont fait polémique, un peu partout. S’il faut reconnaître que le virus a une mortalité élevée, il est pour autant difficile de nier que nos gouvernements occultent mal l’intention généralisée de s’en servir pour accroître le contrôle de la population. Aussi, au-delà de sa dimension politique de potentiel facteur de dérive vers un monde plus autoritaire, le virus se trouve pour le coup investi, me semble-t-il, d’une dimension existentielle. Il nous confronte à ce qui a toujours été là mais que nos civilisations occidentales, privilégiées, avaient fini par déréaliser au point de l’éloigner incroyablement de nos quotidiens : la réalité de la mort.

Partout ailleurs dans le monde, la conscience de la vulnérabilité de l’être humain accompagne l’existence des individus. La cohabitation avec la mort y est, en fait, constante. Des motifs divers fauchent ainsi à la fleur de l’âge régulièrement des personnes : des maladies, les violences faites aux femmes, les états de guerre que l’Occident a posés dans bien de contrées de la planète… Le reste de la planète vivait déjà avec l’idée que la mort se trouve là, pas très loin, qu’elle peut vous visiter de façon relativement aléatoire. Elle vivait avec la conscience de la vulnérabilité de l’être humain.

Pour nous, petits Occidentaux prétentieux, les mirages du développement économique avaient jusque là pas mal réussi à poser la mort comme un horizon lointain, qui ne survient que lors de l’extrême vieillesse, et dans quelques cas d’extrême fatalité. Le covid nous remet en fait, jusqu’à un certain point, au niveau du reste de la planète et nous devons désagréablement nous rappeler de cela : nous sommes vulnérables.

Il n’est pas aisé, pour des générations grandies dans l’idée d’une sécurité vitale faussée, d’accepter la vulnérabilité de l’être humain qui, sans disparaître, avait juste été occultée. Le projet de contrôle des populations de nos gouvernements risque fort d’aboutir, dans un climat de panique. Soyons courageux pour regarder la réalité telle qu’elle est, ne nous laissons pas bercer par les illusions qu’ils ne manqueront pas de tenter de créer, ni par la division qu’ils ne manqueront pas de chercher à imposer.

Oui, nous sommes vulnérables et cela n’est pas une nouveauté, tout au plus le rappel du réel que le reste de la planète n’avait, lui, pas perdu de vue. Ne succombons pas pour autant aux sirènes de l’élite politique, car nous nous trouvons à une époque charnière et, plus que jamais, nous ne pouvons pas y succomber. Le monde d’après se détermine maintenant. Il sera sécuritaire, liberticide et exploitateur ou il sera créatif, épanouissant et inclusif, vital. Il sera comme nous le ferons, maintenant.

Lors de la deuxième vague, retenons la leçon politique si lamentablement donnée par la plupart de nos gouvernements et battons-nous pour un monde qui situe au centre le vivant. Apprenons sur le plan vital ce que nous n’aurions jamais dû oublier : oui, nous sommes vulnérables, et précieux.

 

En France nous soutenons le PPD et le NPA:

 

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Gustav Moreau, Le Sphinx victorieux (1886), détail.

 

 

Segunda ola

 

Con la segunda ola del Covid-19 avanzando un poco por todo el planeta, vuelve el discurso de seguridad que, si no carece de fundamento, también ha sido ampliamente utilizado por muchos gobiernos para servir a sus propios intereses y para controlar a la población. Es la ocasión quizá de plasmar algunas de las reflexiones inspiradas por la realidad que ha formado.

 

Las disposiciones que nuestros diferentes gobiernos han tomado han generado polémicas, un poco por todos lados. Si hay que reconocer que el virus tiene una mortalidad elevada, tampoco se puede negar que nuestros gobiernos ocultan mal la intención generalizada que tienen de utilizarlos para aumentar el control de la población. Por otra parte, más allá de su dimensión política de factor potencial de deriva hacia un mundo más autoritario, el virus se encuentra investido, me parece, por una dimensión existencial. Nos confronta a lo que siempre ha estado aquí pero que nuestras civilizaciones occidentales, privilegiadas, habían terminado por desrealizar hasta el punto de alejarlo increíblemente de nuestra vida cotidiana: la realidad de la muerte.

En todo el mundo la conciencia de la vulnerabilidad del ser humano acompaña a la existencia de los individuos. La cohabitación con la muerte es, en realidad, constante. Diversos motivos se llevan de este modo en la flor de la edad regularmente a personas: enfermedades, violencias machistas, estados de guerra que Occidente ha generado en muchos lugares del planeta… El resto del planeta ya vivía con la idea de que la muerte está ahí, no muy lejos, que puede venir a visitarl@ a un@ de forma relativamente aleatoria.  Vivía con la conciencia de la vulnerabilidad del ser humano.

Para nosotr@s, pequeños occidentales engreídos, los espejismos del desarrollo económico habían logrado hasta ahora bastante bien plantear la muerte como lejano horizonte, que solo sucede en caso de extrema vejez, y en algunos casos de extrema fatalidad. El covid nos devuelve en realidad, hasta cierto punto, a la realidad del resto del planeta y debemos recordar desagradablemente esta circunstancia: somos vulnerables.

No es fácil, para generaciones que han crecido con la idea de una seguridad vital falseada, aceptar la vulnerabilidad del ser humano que, sin desaparecer, había sido sin embargo ocultada. El proyecto de control de las poblaciones que tienen nuestros gobiernos corre riesgo de funcionar, en un clima de pánico. Tengamos la valentía de mirar la realidad de frente y no nos dejemos mecer por las ilusiones que no dejaran de intentar crear, ni por la división que no dejaran de intentar imponer.

Si, somos vulnerables, y no es una novedad, como mucho el recuerdo de una realidad que el resto del planeta no había perdido de vista. No sucumbamos por tanto a las sirenas de la élite política, pues nos encontramos en una época bisagra, menos que nunca podemos sucumbir. El mundo de después se determina ahora. Será autoritario, liberticida y explotador o será creativo, propicio al desarrollo de cada un@ e inclusivo, vital. Será como lo hagamos ahora.

En la segunda ola, tengamos presente la lección política que tan lamentablemente han dado la mayoría de nuestros gobiernos y luchemos por un mundo que sitúe en el centro la vida. Aprendamos en el plano vital lo que jamás debimos olvidar: si, somos vulnerables, y preciosos.

 

En Espania apoyamos a Iniciativa Feminista y a PACMA:

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