Dès qu’elle eut repris des forces, elle se mit à observer les hordes de zombies depuis le sommet. Contre toute attente, le muscle déchiré avait commencé à se former de nouveau, sombre et tortueux, mais se développant en fin de comptes. Même s’il ne serait jamais comme avant, il était encore difficile de dire l’aspect qu’il aurait, et c’était déjà une bonne chose qu’il repousse.
En bas, les zombies trépignaient, tâchaient par tous les moyens de gagner le rocher sur lequel elle se trouvait. D’un coup de griffe, elle arracha la tête de deux de ceux qui se trouvaient en première ligne. Elle écouta les plaintes de ceux qui suivaient, implorant qu’elle reste avec eux. Les jérémiades la lassaient. Elle avait été élevée à la dure et elle n’avait jamais supporté l’incohérence de ceux qui sont incapables d’encaisser sans stridences le mal qu’ils ont fait subir à d’autres. Mais la jouissance sauvage que ces jérémiades réveillaient en elle était au contraire toute nouvelle, elle l’avait découverte grâce à eux. Même si elle la mettait encore mal à l’aise, elle se laissa gagner par l’ivresse encore inconnue du mal, que pouvait-elle faire d’autre ? Elle arracha deux autres têtes et elle ouvrit les ailes. Une impulsion de ses puissantes griffes la jeta dans le vide d'un bond et elle remonta vers le ciel grâce à un courant ascendant. Ses ailes gigantesques couvraient la noirceur de la nuit, le vent sifflait et caressait son corps, en bas les zombies étaient désormais à peine de la taille de fourmis, bientôt ils ne seraient plus visibles. Face à elle s’ouvrait l’horizon, libre et inconnu.
Esfinge II
Apenas recobró algo de fuerzas, comenzó a observar a las hordas de zombies desde las alturas. Sorprendentemente el músculo rasgado volvía a crecer, tortuoso y oscurecido, pero al fin crecía. Aunque nunca sería como antes, aún era difícil predecir qué aspecto tendría, y ya era una buena cosa que creciera.
Abajo, los zombies se afanaban, intentaban por todos los medios trepar a la roca en que estaba encaramada. De un zarpazo, le arranco la cabeza a dos de los que estaban en la avanzadilla. Escuchó los gemidos de los que seguían, implorando que se quedara con ellos. La cansaban los lloriqueos. Había sido educada a la dura y nunca había soportado la falta de entereza de los que no son capaces de encajar sin aspavientos el daño que le infligieron a otros. La novedad es que desde hacía un tiempo semejantes plañideras despertaban en ella por el contrario un gozo salvaje que había descubierto con ellos. Aunque aún la incomodaba, se dejó sumergir por esa nueva voluptuosidad del mal, ¿qué otra cosa podía hacer? Arrancó otras dos cabezas y desplegó las alas. Con un salto de sus poderosas zarpas se lanzó al vacío y remontó hacia el cielo gracias a una corriente ascendente. Sus gigantescas alas cubrían la negrura de la noche, el viento silbaba y acariciaba su cuerpo, abajo los zombies habían adquirido apenas la talla de diminutas hormigas, pronto no los distinguiría. Frente a ella se abría el horizonte, desconocido y libre.