Seul un vote de contestation peut sauver l’Espagne des ténèbres

La nouvelle tournure que prend la politique espagnole, et l’aspect inédit de la situation, avec trois forces politiques ménageant une place à l’extrême droite, m’inspire cet article pour le vote de contestation.

Faisant suite à la succession de soubresauts que l’Espagne traverse depuis 2008, le pays chemine aujourd’hui vers un nouveau rendez-vous électoral, déterminé par le rejet par le Parlement de la loi de finances 2019. C’était une loi de finances de caractère social et novateur, mais une loi des finances qui est tombée victime de la conjoncture. Difficile de faire le reproche aux députés catalans, dont Pedro Sánchez a honteusement permis de juger pour sédition les plus hauts représentants, de ne pas avoir voté pour cette loi proposée par le gouvernement socialiste. Le nationalisme catalan a toujours brillé pour son caractère pacifique, et seule l’attitude fermée et manipulatrice du gouvernement de Mariano Rajoy a conduit à l’escalade menant à la déclaration d’indépendance avortée.

L’Espagne a passé des moments très obscurs, celui-ci l’est encore plus. L’émergence de l’extrême droite de Vox, qui a obtenu 12 députés aux élections régionales en Andalousie et permis à la droite de gouverner dans une région historiquement gouvernée par la gauche, a été consternante. Elle vient, qui plus est, grossir les rangs de l’extrême droite déjà existante dans le PP et dans Ciudadanos. Une vague de haine déferle sur l’Espagne, conformée par des personnes qui ne s’écoutent plus les unes aux autres, face à laquelle il n’y a… que Podemos et la Gauche Unie, une perspective épouvantable.

J’ai été sur le point de m’installer en Espagne il y a quelques années, et sur le point de proposer un projet novateur à Alberto Garzón. Je n’allais pas publier son nom, mais comme ce fut le cas avant pour Pablo Iglesias, ses agissements m’y obligent. Il dispose de messages que j’avais envoyé dans la perspective de parler un jour avec lui, moment qui n’est jamais arrivé. Les choses en auraient pu en rester là, mais j’ai l’impression que les mêmes conseillers soviétiques qui en son jour l’ont induit à ne pas me parler, l’induisent maintenant à les utiliser pour faire une campagne qui, à défaut d’honnêteté ou d’une vocation sociale réelle dans la formation, les hisse au pouvoir. Je ne peux pas, en tant que féministe convaincue, permettre que ce type de personne gagne un pourcentage significatif de votes en Espagne. Nous ne serions pas bien loin de Vox, car les instances directives de Izquierda Unida semblent conformées par de personnes aussi sinistres du point de vue humain que Vladimir Poutine et aussi fainéantes que n’importe lequel des condamnés pour corruption du PP.

La Gauche Unie incarnait une gauche sclérosée, fixée dans ses luttes fratricides, son culte anachronique de Karl Marx et un élitisme intellectuel qui ne lui permettait même pas de vulgariser ses écrits pour que quelqu’un de moins cultivé le comprenne, et les comprenne eux par la même occasion. C’était à prévoir, ils ont failli disparaître avec la vague du phénomène Podemos. C’était sans compter sur Pablo Iglesias, qui s’est imposé à temps pour tuer dans l’œuf toute révolution sociale qui aurait pu prospérer. Si la crise de 2008 avait fait beaucoup de dommages dans les milieux populaires, elle avait aussi brisé les rêves de bien de secteurs de la bourgeoisie. Parmi eux, ceux qu’incarnent Pablo Iglesias ou Alberto Garzón : des fils d’avocats, d’enseignants, que tout le monde avait promis à un brillant avenir et qui, par les desseins du capitalisme, se sont crashés contre le bitume. On peut réagir de bien de façons à ce type de crash, ces deux là ont décidé de regagner leur statut social en s’arrangeant avec leur engagement. Et les voici : des dirigeants coupés de leurs votants, des dirigeants capables de fermer les yeux face aux manipulations d’hommes qui semblent tout droit sortir du KGB.

Je l’ai dit et je le répète : les femmes n’ont, pour l’instant, pas de famille. Il y a des femmes dans la Gauche Unie et dans Podemos, bien sûr, mais comme toute les féministes l’ont dit, à quelques exceptions près (Marina Albiol, Teresa Rodríguez, éventuellement Sol Sanchez, dont j’ai moins suivi la trajectoire) les femmes de ces partis sont « mignonnes ». Très mignonnes. Incroyablement mignonnes. Il va nous falloir plus que ça pour faire face, surtout compte tenue du degré de violence machiste que les hommes de ces formations se permettent d’exercer sur les femmes. Un degré impensable.

Le projet de la Gauche Unie peut tenir de moi. Cela m’est égal, je ne reviendrai pas vers ce parti politique, qu’il se serve ou non de mes réflexions. J’ai un honneur et une éthique. Ce qui m’importe plus c’est de souligner qu’il s’agit de gens dépourvus d’idées et d’éthique, qui n’arrêteront pas l’extrême droite pour la bonne raison qu’ils se comportent comme eux, et qui peuvent, à mon avis, faire des choses assez néfastes s’ils prennent le pouvoir

L’Espagne se trouve en de sérieux problèmes politiques, il y a cependant beaucoup de gens qui sont bons en ce pays. En espérant que les hostilités suscitées par la crise catalane se calment, et qu’émergent de nouvelles forces, il faudra se décanter pour un vote. Le vote socialiste est digne : c’est le champion européen du féminisme, à ce jour non détrôné. Je ne pencherais pas pour ce type de vote cette fois-ci : nous avons sur la tête l’épée de Damoclès que sont les traités commerciaux, et nous savons que la formation y est favorable. Dans la mesure où ils sont le cheval de Troie des pires aspects du néolibéralisme, les traités commerciaux toucheront, en même temps que le reste des droits des travailleurs, aussi les droits des femmes. Ceci pour ne pas faire mention des cadres légaux de la normative agroalimentaire, qui touchent également l’écologie.

Il existe encore un autre choix : le vote de sanction. Un vote destiné à permettre à des forces jusque là minoritaires de monter. Un vote qui cherche à signifier au gros poisson que cela suffit, tout en donnant une opportunité à l’outsider. Il serait judicieux de faire le choix de ce type de vote cette fois-ci. Plusieurs forces peuvent l’incarner, l’une d’elles est le Parti Animaliste, Pacma. Je voudrais signaler par ce billet qu’il constitue une excellente option. Au-delà de la cause précise qu’est la défense des animaux, un parti politique ayant pour vocation de venir à bout de l’intolérable souffrance que sont certaines festivités anciennes ne peut qu’être humaniste. S’il conquiert des places de pouvoir, PACMA ne peut que se préoccuper de l’éducation des enfants ; du soin apporté aux personnes âgées ; de permettre aux femmes d’atteindre de meilleurs horizons professionnels et privés; de défendre l’environnement.

L’espace politique conformé par la Gauche Unie et par Podemos ne sauvera pas l’Espagne de Vox pour la simple et bonne raison qu’ils lui ressemblent beaucoup trop. Notons que, en dehors de Marina Albiol, aucun des dirigeants ne s’est prononcé clairement à propos de l’entorse à la démocratie que constituent les chefs d’accusation choisis pour inculper les dirigeants catalans, et ce alors même que la presse européenne les qualifie de honteux. Garder le silence à ce propos revient à sacrifier son éthique à des fins électoralistes, c’est plutôt mauvais signe.

Les prochaines élections sont imminentes et j’essaierai quant à moi de convaincre de ce que les électeurs aident PACMA à aller le plus loin possible. Parce qu’ils sont relativement nouveaux. Parce qu’ils sont habités par les préoccupations correctes. Parce qu’ils ne le feront pas mal. Parce que s’ils venaient à se tromper sur certains sujets, leur marge d’erreur reste énorme avant de ne serait-ce qu’arriver au même niveau que les autres. Parce que c’est dans l’ordre des choses que la nouveauté définisse les nouveaux horizons. L’Espagne a besoin de se pourvoir de nouvelles forces, qui émanent des profondeurs des mouvements sociaux qui l’ont parcourue ces dernières années. Celles-ci ne se trouvent ni chez la Gauche Unie ni chez Podemos, car ce sont eux qui ont vidé ces mouvements sociaux de leur substance. La force prodigieuse et la créativité du 15-M n’a pas disparu. Elle dort, ensevelie par la haine de la droite et l’opportunisme des déclassés. PACMA est une option qui peut, peut-être, la réveiller, le parti mérite une opportunité.

 

 

 

Sólo un voto de protesta salvará a España de la oscuridad

 

El nuevo giro de la política española y lo inédito de la situación, con tres fuerzas políticas que dan cabida a la extrema derecha, me mueve a escribir este artículo.

 

Dentro de la carrera de sobresaltos que emprendió desde 2008, España se encamina hoy hacia una nueva cita electoral, determinada por el rechazo del Congreso de los presupuestos preparados para 2019. Eran presupuestos de carácter social y novadores, pero presupuestos que cayeron víctima de la coyuntura. Es difícil culpar a los diputados catalanes, a cuyos máximos representantes Pedro Sánchez está dejando juzgar por un vergonzoso delito de sedición, por no haber querido votar los presupuestos que propone el gobierno socialista. El nacionalismo catalán siempre ha brillado por su carácter pacífico y sólo la actitud cerrada y manipuladora del gobierno de Mariano Rajoy llevó a la escalada que terminó en la fallida declaración de independencia.

España ha pasado momentos muy oscuros y sin embargo éste lo es más. La emergencia de la extrema derecha de Vox, que ha obtenido doce diputados en las elecciones andaluzas permitiendo a la derecha gobernar una región históricamente a la izquierda, ha sido desoladora. Viene además a añadirse a los sectores de extrema derecha que comprenden el PP y Ciudadanos. Se cierne sobre España una oleada de odio conformada por personas que ya no se escuchan entre ellas y frente a esto tenemos … a Podemos e Izquierda Unida, una perspectiva terrible.

Estuve a punto de instalarme en España hace unos años, y a punto de proponer un proyecto novador a Alberto Garzón. No iba a publicar su nombre, pero como antes con Pablo Iglesias, sus actuaciones me obligan a ello. Dispone así de una serie de mensajes que le envié en la perspectiva de hablar algún día con él, momento que nunca llegó. La cosa podía haber quedado ahí, pero me da la impresión de que la misma cúpula soviética que en su día le indujo a no hablar conmigo, le induce ahora a usarlos para hacer una campaña que, a falta de sinceridad o de vocación social en la formación, les aupe al poder. No puedo, en tanto que feminista convencida, permitir que semejantes personas ganen un porcentaje significativo de votos en España. No estaríamos muy lejos de Vox, en este sentido que la cúpula de Izquierda Unida parece compuesta a partes iguales por personas tan humanamente siniestras como Vladimir Putin y tan vagas como cualquier corrupto del PP.

Izquierda Unida encarnaba una izquierda esclerosada, fijada en sus luchas fratricidas, su anacrónico culto a Carlos Marx y un elitismo intelectual que ni siquiera le permitía vulgarizar sus escritos para que alguien menos leído lo entendiese, y de paso los entendiese a ellos. Previsiblemente, casi desaparece con la oleada del fenómeno Podemos. Era sin contar con Pablo Iglesias, que se impuso a tiempo de matar en el huevo toda revolución social que fuese a surgir. Si la crisis de 2008 había hecho mucho daño en las clases populares, también había roto los sueños de muchos sectores de la burguesía. Entre ellos, los que encarnan Pablo Iglesias o Alberto Garzón : hijos de abogados, de profesores, a quien todo el mundo había prometido un futuro brillante y que, merced al capitalismo, se pegaron un tremendo batacazo contra el hormigón. Se puede reaccionar de maneras diversas a ese tipo de batacazo, éstos decidieron recuperar la perdida clase social medrando. Y aquí los tenemos : gente cortada de sus votantes, gente que es capaz de cerrar los ojos ante manipulaciones de hombres que parecen directamente emanados del KGB.

Lo he dicho y lo repito : las mujeres no tienen, de momento, familia. Hay mujeres en Izquierda Unida y en Podemos, claro que si, pero como todas las feministas lo han señalado, salvo contadas excepciones (Marina Albiol, Teresa Rodríguez, eventualmente Sol Sanchez cuya trayectoria he seguido menos) las mujeres de esos partidos políticos son “monas”. Muy monas. Monísimas. Nos va a hacer falta algo más, sobre todo viendo el grado de violencia machista que los hombres de dichas formaciones se permiten ejercer. Un grado inconcebible.

El proyecto de Izquierda Unida puede tener mucho de mi. Me da igual, yo no volvería con ese partido político, le de o no un uso a mis apuntes. Tengo un honor y una ética. Lo que sí me importa más es señalar que son gente sin ideas y sin ética que no va a parar a Vox por la buena razón de que se comportan como ellos y que puede hacer cosas bastante nefastas si llegan al poder.

España está en serios problemas políticos y sin embargo hay en ella mucha gente buena. Esperando a que quizá se calmen los odios de la crisis catalana, y emerjan nuevas fuerzas habrá qué decidirse por un voto. El voto socialista es digno : es el indesbancable campeón europeo del feminismo. Yo no lo escogería esta vez : tenemos sobre la cabeza la espada de Damocles de los tratados comerciales y sabemos que ellos están a favor. Dentro del caballo de Troya de todo lo peor del neoliberalismo que son, los tratados comerciales también tocarán, junto a los del resto de trabajadores, a los derechos de las mujeres. Por no mencionar los marcos legales de la normativa agroalimentaria, que también son, en los hechos, marcos que regulan la ecología.

Tenemos por tanto la otra opción : el voto de protesta. El voto destinado a dar una oportunidad a lo que hasta ahora han sido más o menos fuerzas menores. Un voto que busca significar al pez gordo que ya basta, a la vez que le da una oportunidad a un outsider. Sería saludable optar por éste esta vez. Varias fuerzas pueden encarnar esta opción, una de ellas es el Partido Animalista, Pacma. Quisiera señalar con este artículo que se trata de una excelente opción. Más allá de la causa precisa, que es la defensa de los animales, un partido político que tiene por vocación exterminar el intolerable sufrimiento que son algunas festividades antiguas sólo puede ser humanista. Si conquista plazas de poder, PACMA sólo puede preocuparse por la educación de los niños, los cuidados de las personas mayores, el total desarrollo de las mujeres, la defensa de un ecosistema que permita vivir sanamente.

El espacio político conformado por Izquierda Unida y por Podemos no salvará a España de Vox por la sencilla razón de que se le parece más de lo que se pueda imaginar. Nótese que, salvo Marina Albiol, ninguno de sus dirigentes se ha pronunciado claramente a propósito de lo antidemocrático de los cargos por los que se procesa a los catalanes, cuando toda la prensa europea dice que es una vergüenza. Callarse sobre este tema se llama sacrificar su ética a fines electoralistas, y es un mal signo.

Las próximas elecciones son inminentes y yo pondré todo mi empeño en que PACMA llegue lo más lejos posible. Porque son gente nueva. Porque tienen las preocupaciones correctas. Porque no lo van a hacer mal. Porque si se equivocasen en algo tienen mucho margen de error para siquiera llegar al nivel de los otros. Porque que la novedad dibuje el horizonte de futuro es ley de vida. España necesita extraer fuerzas que emanen de la profundidad de los movimientos sociales que la han recorrido estos años. No están ni en Izquierda Unida ni en Podemos, pues ellos son quienes han vaciado esos movimientos sociales de contenido. La prodigiosa fuerza y creatividad del 15-M no ha desaparecido. Está dormida, sepultada por los odios de la derecha y el oportunismo de los desclasados. PACMA es una opción que quizá pueda despertarla, merece una oportunidad.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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