Heptalogue pour une non-violence politique, 3 : une éthique du relationnel

La suite de la série vers une société non violente…

 En son sens premier, le mot éthique se réfère aux actes propres à un groupe, définit un sens commun partagé. En son sens commun, il permet de désigner l’aire de réflexion départageant le bon et le nuisible ; tout en questionnant et se laissant questionner par tout. L’éthique permet ainsi de valoriser les actions. Il est donc possible de se demander quelle serait l’éthique formulée pour une non-violence politique, la réponse est évidente : ce serait une éthique du relationnel.

Les sociétés patriarcales, et à plus forte raison les sociétés capitalistes, sont des sociétés dans lesquelles l’individu vit fragmenté, coupé des autres et du monde, tel une particule déconnectée. Les rapports entre individus sont régis par des paramètres complexes de hiérarchisation qui les déterminent, les régulent et les limitent ainsi que par des divers rapports d’objet. Les rapports au monde sont donnés aussi dans les sociétés capitalistes de façon numériquement significative par les rapports d’objet. La subordination et l’objectification coupent par nature les êtres les uns des autres, réduisant tant leur capacité de compréhension que d’empathie, poussant à l’extrême la perception de l’altérité. De ce fait, elles augmentent les possibilités que surgisse la violence.

Dans des sociétés non violentes c’est la connexion entre individus et avec le monde, et non la fragmentation, qui devrait primer dans la sphère du relationnel. Et par conséquent, des rapports d’égalité entre individus et de symbiose avec le monde. Bien sûr, cette égalité ne peut être pensée en des termes d’identité, mais d’égalité de statut et d’altérité ou de diversité de nature. C’est une empathie complexe qui se met en place dans ce cadre relationnel, appliquée non pas à celui qui est égal mais à celui qui est différent ; une empathie qui ne naît pas de l’identification à ce qui est identique, mais de la reconnaissance et de la connaissance de ce qui est différent. De la même façon, le sujet pourrait se penser dans le monde en tant que symbiote, plus qu’en tant que colon ou que seigneur. Ce serait une façon non destructive de se penser dans le monde, un monde empathique, renouant avec des visions telles que celles qui émanent du bouddhisme ou de l’animisme. En elle, l’individu serait vu comme une part consciente du tout, interdépendant.

Les vertus caractéristiques des individus desdites sociétés seraient le respect, la participation dans la construction collective, la connaissance de l’autre, la solidarité. Une relationnalité à la fois fluctuante et fluide se mettrait en marche, pour structurer une société neuve, partiellement libérée des rapports d’objet et des rapports de hiérarchie. Connecté au monde et aux autres, l’individu aurait une existence plus riche, co-construisant son individualité dans le cadre d’un projet commun qui ne se caractériserait plus pour se constituer en perte mais en construction d’une individualité insérée dans l’ensemble. L’individu serait à la fois un et pluriel ; un et connecté à travers de la relationnalité polymorphe à l’ensemble de la société. Une relationnalité qui excéderait amplement le jusque là connu et décliné en famille et monde du travail, à peine voisinage. Une relationalité donc étendue, à un voisinage enrichi et élargi, un tissu collectif et associatif, susceptible de véhiculer et de construire des expériences humaines infiniment plus porteuses de sens que celles que recèle notre actuel univers, des expériences humaines structurées autour du partage et de la construction collective de diverses individualités connectées entre elles ; des individualités authentiques et co-construites.

 

 

 

Heptálogo para un no-violencia política, 3 : la ética de lo relacional

 

Sigue la serie hacia una sociedad no violenta…

 

En su sentido primero, la ética permite calificar los actos propios a un grupo, define un sentido común compartido. En su sentido común permite por tanto designar el área de reflexión sobre lo bueno y lo nocivo ; cuestionarlo todo y a la vez dejarse cuestionar por todo. La ética permite así valorar las acciones. Cabe preguntarse por tanto como sería una ética formulada para una no-violencia política, la respuesta es obvia : sería una ética de lo relacional.

Las sociedades patriarcales, y a mayor motivo las sociedades capitalistas, son sociedades en las que el individuo vive fragmentado, cortado de los otros y del mundo, como una partícula inconexa. Las relaciones entre individuos están parametradas por complejas pautas de jerarquización que las determinan, las regulan y las limitan así como por diversas relaciones de objeto. Las relaciones al mundo vienen también dadas en las sociedades capitalistas de manera numéricamente significativa por relaciones de objeto. La subordinación y la objetificación cortan por naturaleza a unos seres de otros, reduciendo la capacidad tanto de comprensión como de empatización, al extremar la percepción de la alteridad. Por ello mismo, aumentan las posibilidades de que surja una violencia.  

En sociedades no violentas es la conexión entre individuos y con el mundo la que debería primar en el ámbito de lo relacional, y no la fragmentación. Deberían por tanto primar relaciones de igualdad entre individuos y de simbiosis con el mundo. Claro está, dicha igualdad no puede pensarse en términos de identidad, sino de simultánea igualdad de estatus y alteridad o diversidad de naturaleza. En dicho marco relacional se daría una empatía compleja, aplicada no al igual sino al diferente ; una empatía no nacida de la identificación con lo idéntico, sino del reconocimiento y el conocimiento de lo distinto. Del mismo modo, el sujeto se pensaría en el mundo como simbiosis, más que como colono o como señor. Sería una manera de pensarse en el mundo no destructiva, empática, que entroncaría con visiones como las que emanan del budismo o del animismo. En ella el individuo se vería como parte consciente de un todo, interdependiente.

Las virtudes características de los individuos de dichas sociedades serían el respeto, la participación en la construcción colectiva, el conocimiento del otro, la solidaridad. Una relacionalidad a la vez fluctuante y fluida se pondría en marcha, para estructurar una sociedad nueva, parcialmente liberada de las relaciones de objeto y de las relaciones de jerarquía. Conectado al mundo y a los otros, el individuo tendría una existencia más rica, co-construyendo su individualidad en el marco de un proyecto común que ya no se caracterizaría por constituirse en pérdida sino en construcción de una individualidad inserta dentro del conjunto. El individuo sería uno y plural ; uno y conectado a través de una relacionalidad polimorfa al conjunto de lo social. Una relacionalidad que excedería ampliamente lo hasta ahora conocido y declinado en familia y mundo laboral, apenas vecindario. Una relacionalidad por tanto extendida, a un vecindario enriquecido y ampliado, un tejido colectivo y asociativo, susceptible de vehicular y de construir experiencias humanas infinitamentes más portadoras de sentido que las que recela nuestro actual universo, experiencias humanas estructuradas en torno al compartir y el construir en colectivo diversas individualidades conectadas entre sí ; individualidades auténticas y co-construidas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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