Sara Calderon (avatar)

Sara Calderon

Enseignante-chercheuse

Abonné·e de Mediapart

175 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 juin 2017

Sara Calderon (avatar)

Sara Calderon

Enseignante-chercheuse

Abonné·e de Mediapart

Echidna

Je clos le blog avant l’été sur une mini série gothique, première fournée. Dans la mythologie grecque, Echidna était femme et serpent à la fois. Malfaisante et dévoratrice, elle aurait donné le jour à des créatures fabuleuses : Chimère, Cerbère, le Sphinx…

Sara Calderon (avatar)

Sara Calderon

Enseignante-chercheuse

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je la vis. Je ne sais si dans ce monde ou dans un autre, je crus la voir. Soudain, parmi les pierres d’une caverne sombre et lointaine, au bord d’un lac silencieux et sous-terrain, jaillit une silhouette inattendue. Elle me tournait le dos. Ses boucles d’or dans la longue chevelure tombant sur ses reins, la peau douce et éthérée de ses bras délicats, la courbe de ses épaules m’étaient familiers et étrangers ; me troublaient et m’inquiétaient tout à la fois. J’entendis un sifflement grave, je crus l’entendre. En un mouvement rapide et soyeux, à peine perceptible, l’apparition fit un tour sur elle-même. Tout à coup je ne pus plus bouger. Sa brève ceinture, ses seins lourds, son visage d’ange duquel se détachaient ces yeux jaunes. Des yeux sauvages, des yeux profonds, des yeux millénaires, des yeux qui recélaient des abîmes, des yeux cruels. Le muscle formidable de la queue la plaça à côté de moi en un seul mouvement rapide. Je sentis tout à coup sa respiration sur mon visage, ses lèvres me frôlant. Tout disparut. Je ne sais pas où je suis.

Equidna

He sufrido un exceso de realidad últimamente, quizá os cuente por qué. Mientras tanto, cierro el blog antes del verano con una mini serie gótica, primera entrega. En la mitología griega, Equidna era mujer y era serpiente. Malvada y devoradora, se le atribuye la maternidad de muchas criaturas fantásticas : Quimera, Cerbero, Esfinge…

La vi. No sé si en este mundo o en otro, creí verla. De pronto entre las piedras de una oscura y remota caverna, al borde del silencioso lago subterráneo, asomó una silueta inesperada. Estaba de espaldas. Los bucles de oro en la larga cabellera que caía sobre su cintura, la piel tersa y etérea de unos brazos delicados, la redondez de los hombros eran familiares y ajenos ; sobrecogedores y desazonadores. Oí un grave silbido, creí oírlo. La aparición se dio la vuelta, en un movimiento sedoso y veloz, apenas perceptible. De pronto no pude moverme. La leve cintura, los pechos rotundos, el rostro angelical en medio del cual destacaban esos ojos amarillos. Ojos salvajes, ojos profundos, ojos milenarios, ojos abismales, ojos crueles. El formidable músculo de la cola la puso a mi lado en un solo y raudo movimiento. Sentí de pronto su respiración sobre el rostro, sus labios tan cerca. Todo desapareció. No sé dónde estoy.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet