L’expérience espagnole

Billet-parenthèse dans la production, rédigé par une certaine pression de milieux de gauche, avec qui je ne suis pas parvenue à un accord… Les femmes n'ont pas de famille, s'ils veulent en former une, c'est à eux de le prouver, et non le contraire -jusqu'à présent toutes les révolutions ont trahi les femmes, sans exception. Cela est mon opinion, elle coïncide avec celle du féminisme radical.

Il va de soi que ce billet est une parenthèse dans ma production, et qu’il n’aurait d’ailleurs même pas existé si mes agissements n’avaient pas provoqué au-delà des Pyrénées, à ce qui m’est apparu, un certain remous. J’avais dans l’idée, il y a quelque temps, de m’installer en Espagne, à la suite d’une violence subie, pour donner une nouvelle orientation à ma vie. J’avais dans l’idée, aussi, de m’approcher du fait politique sans entrer en représentation, plutôt par la diffusion d’idées, le tout après avoir fini deux ou trois projets universitaires qui me tenaient à cœur et qui sont maintenant sur le point de se conclure. Dans ce but j’avais vécu sur internet et l’expérience de recherche et les perturbations subies par la violence encaissée –qui se résorberont. D’autre part, je m’étais permise, parce qu’il émergeait à l’époque de la mouvance sociale du 15-M, de contacter Garzon, dans le but encore mal défini de faire entrer la perspective de genre en politique. Cela semble à posteriori assez cocasse, car il n’est pas impossible que je l’ai subie, cette perspective de genre.

Je ne toucherai pas le fond du problème, pour la bonne raison que je ne sais pas où il se trouve, je ne sais pas où sont les responsabilités. Ce que je peux toucher, en revanche, c’est la réponse à certains retours improbables qui me sont parvenus, de façon assez numériquement significative pour me pousser à écrire ce billet, sur les réseaux sociaux.

Je n’ai jamais souhaité critiquer l’Espagne, seulement mettre des mots sur certaines réalités à un moment où la liberté d’expression et de pensée me semblait en recul au point de m’inquiéter. La déconstruction des rapports de pouvoir que j’y ai faite est par ailleurs valable pour toute la planète -puisque les sociétés patriarcales y sont majoritaires-, pas que pour l’Espagne. 

Les bruits suivant lesquels j’aurais voulu séduire l’homme que j’ai contacté sont faux. J’aurais voulu discuter avec lui de la possibilité de ce que son parti infléchisse son programme dans une perspective de genre. Evidemment, je n’ai pas donné l’idée d’emblée, car je ne voulais pas voir se multiplier les fausses perspectives de genre, je voulais une vraie perspective de genre, qui dérange, je la veux toujours. Les femmes étant sujettes en permanence au prisme amoureux, il n’est pas impossible que je porte plainte la prochaine fois que quelqu’un s’intéresse de trop près à ma vie privée. J’espère par ailleurs que cela n’a pas eu des répercussions négatives pour lui, c’est un bon politicien.

Je ne souhaite pas en revanche que ma cause soit reprise par son associé politique majeur, Pablo Iglesias, leader de Podemos, surtout si elle l’est sans moi. J’ai déjà expliqué dans un billet précédent pourquoi à mon avis le populisme ne peut en aucun cas se faire le vecteur d’avancées pour le genre : dans la mesure où il a besoin pour exister de refléter le social, en lui tendant un miroir flatteur, qui plus est, il ne peut que prolonger ce social patriarcal, et non le transformer. Par ailleurs, les choix publics et privés d’Iglesias ne me convainquent pas sur sa personne. Côté genre, il a fait le choix de ne pas se prononcer sur la polémique générée par la création d’un syndicat de prostituées. Je vois la prostitution comme une des plus grandes violences faites aux femmes, le stigmate associé facilitant par ailleurs la mise en place de multiples violences secondaires. Je peux accepter l’idée que peut-être certaines femmes s’adonnent à cette activité volontairement, mais il me semble évident qu’il faut au minimum éliminer la traite de personnes de l’équation. Celle-ci augmente systématiquement dans tous les pays ayant légalisé la prostitution ; la création de ce syndicat correspond à une volonté déclarée des proxénètes de la légaliser ; l’Espagne est le premier consommateur européen de prostitution : on voit déjà le drame humain et l’augmentation généralisée des violences que produit la plus grande assimilation des femmes à des objets. C’était un sujet extrêmement brûlant et polémique ; un sujet aussi qui allait heurter beaucoup d’intérêts économiques, il a fait le choix de ne pas se prononcer. Il va nous falloir vraiment autre chose que du populisme pour lutter contre les violences faites aux femmes. Côté privé, on se souvient du scandale généré par l’acquisition d’une villa. Plus que le prix du bien immobilier, qui reste accessible à des corps de métiers tels que les juges ou les médecins, j’avais été très profondément dérangée par le fait qu’il possède une piscine privée, ce qui à mon avis met fortement en doute la sincérité de son engagement écologique. Je ne souhaite pas être représentée par quelqu’un qui a par ailleurs éliminé la pluralité de son parti, mettant en place une structure extrêmement pyramidale et népotique, où tout le monde lui est soumis, cela aussi est tout à fait contraire aux idées découlant logiquement d’une perspective de genre. Il fera ce qu’il voudra, mes idées étant publiées, mais je mets en doute d’ores et déjà tant la sincérité que la capacité de cette personne à aborder ces questions.

Ici finit cette parenthèse, j’espère pouvoir reprendre pour un prochain billet mon heptalogue resté en suspens.

 

 

 

 

La experiencia española

 

Artículo paréntesis en la producción, redactado por cierta presión de medios de izquierda con quienes ha quedado ya claro que, por motivos diversos, no hemos de evolucionar juntos. Las mujeres no tienen familia, caso llegado de que quisieran formar una, tendrían que demostrarlo, y no lo contrario -hasta ahora todas las revoluciones han traicionado a las mujeres, sin excepción. Es mi opinión, coincide con la del feminismo radical. 

 

Está quizá de más decir que este articulo constituye un paréntesis en la producción de este blog, y que seguramente ni habría existido si mis actuaciones no hubiesen provocado, al otro lado de los Pirineos, por lo que he visto, cierta agitación. Tenía en mente, hace algún tiempo, instalarme en España para dar una nueva orientación a mi vida, tras haber vivido un episodio de violencia. Tenía en mente, también, acercarme al hecho político sin entrar en representación, más bien a través de la difusión de ideas, todo esto después de haber terminado dos o tres proyectos universitarios que me importaban y que estoy a punto de terminar. Con ese propósito había vivido por internet tanto mi investigación como las perturbaciones provocadas por la violencia encajada –que se resorberán. Por otra parte, me había permitido, puesto que en aquella época emergía de los movimientos sociales del 15-M, contactar con Garzón, con el propósito aun mal definido de hacer entrar la perspectiva de género en política. A posteriori puede resultar irónico, pues no es imposible que haya tenido que sufrir su impacto.

No tocaré el fondo del problema, por la excelente razón de que no sé cual es, no sé donde se encuentran las responsabilidades. Lo que sí puedo abordar, en cambio, es la respuesta a algunas reacciones improbables que han podido llegarme, de forma numéricamente bastante significativa como para empujarme a escribir este artículo, a través de las redes sociales.

Nunca he querido criticar a España, sólo ponerle nombre a ciertas realidades en un momento en que la libertad de expresión y de pensamiento me parecía en retroceso hasta el punto de preocuparme. La deconstrucción de las relaciones de poder que he efectuado son válidas por lo demás para todo el planeta, puesto que las sociedades patriarcales son en él mayoritarias, no sólo para España.

Los ruidos según los cuales habría querido seducir al hombre que contacté son falsos. Habría querido hablar con él de la posibilidad de que su partido adopte una perspectiva de género en su programa. Evidentemente, no di la idea de entrada, pues no quería ver multiplicarse las falsas perspectivas de género, quería una verdadera perspectiva de género, que moleste, la sigo queriendo. Puesto que las mujeres estamos en permanencia sujetas al prisma amoroso, no es imposible que denuncie la próxima vez a toda persona que se interese demasiado de cerca por mi vida privada. Espero por lo demás que esto no haya tenido repercusiones negativas para él, es un buen político.

No deseo sin embargo que mi causa sea llevada por su principal asociado político, Pablo Iglesias, líder de Podemos, sobre todo si pretende hacerlo sin mi. Ya expliqué en un billete anterior por qué en mi opinión el populismo no puede en ningún caso ser el vector de avances en asuntos de género : en la medida en que necesita reflejar lo social para ser, un social mejorado además, lo único que puede hacer es prolongar lo social patriarcal, y no transformarlo. Además, las elecciones publicas y privadas de Iglesias no me convencen sobre su personalidad. Desde el punto de vista del género, ha optado por no pronunciarse sobre la polémica generada por la creación de un sindicato de prostitutas. Veo la prostitución como una de las mayores violencias ejercidas hacia las mujeres, el estigma que le es asociado facilitando además que se instalen violencias secundarias. Puedo aceptar la idea de que quizá algunas mujeres practiquen esta actividad voluntariamente, pero me parece evidente que como mínimo se debe eliminar la trata de la ecuación. Esta aumenta sistemáticamente en todos los países que han legalizado la prostitución ; la creación de ese sindicato corresponde a una voluntad declarada de los proxenetas de legalizarla ; España es el primer consumidor europeo de prostitución : es fácil anticipar tanto el drama humano como el aumento generalizado de violencias siempre producido por la mayor asimilación de las mujeres con objetos. Era un tema extremadamente polarizado y polémico ; un tema también que iba a perturbar muchos intereses económicos, ha optado por no pronunciarse. Vamos a necesitar otra cosa que populismo para luchar contra las violencias estructurales. Desde el punto de vista de las decisiones privadas, se recordará el escándalo generado por la adquisición de su casa. Más que el precio del bien inmueble, que es accesible a cuerpos profesionales como la judicatura o los médicos, me había molestado mucho el hecho de que éste poseyera una piscina privada, lo cual en mi opinión cuestiona mucho la sinceridad del compromiso ecologista de Iglesias. No deseo, además, ser representada por alguien que ha eliminado la pluralidad de su partido, poniendo en marcha una estructura extremadamente piramidal, en la que todo el mundo le es subordinado, pues esto también es contrario a las ideas que emanan del género. Hará lo que estime oportuno, mis ideas están publicadas, pero pongo en duda desde ya mismo tanto su sinceridad como su capacidad para abordar estas cuestiones. 

Aquí se cierra el paréntesis, espero poder retomar en la próxima entrada mi heptálogo interrumpido.

 

 

 

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