Renouvelant la problématique bien connue de la place de la violence physique dans les cas d’agression sexuelle, les juges de la cour provinciale de Navarre ont rendu hier le jugement du groupe connu comme « La Meute », dans le cas du viol collectif qui a eu lieu durant les festivités de San Firmin en 2016. Le verdict, qui qualifie les faits d’abus sexuel et non d’agression sexuelle, précisément en raison de l’absence prétendue de violence appréciée par les juges, a produit une véritable vague d’indignation dans toute l’Espagne. En effet, il s’ensuit que les prévenus ont été condamnés à neuf ans de prison, contre les 22 sollicités par le parquet, et que le viol ne se trouve pas reconnu, fait qui constitue pour la victime une nouvelle violence, dont l’effet s’ajoute aux dommages psychologiques qu’elle doit confronter maintenant.
Au delà du fait que les mécanismes de sidération et de dissociation ont déjà été amplement étudiés par la psychologie –il est probable qu’ils aient été à l’œuvre dans cette confrontation d’une adolescente de 18 ans avec 5 hommes adultes, parmi lesquels un ancien soldat et un garde civil-, l’actualité a été suffisamment pourvue en Espagne de cas notoires de résistance à des agressions sexuelles ayant mal tourné pour que l’opinion publique puisse ne serait-ce que concevoir l’incompréhension supposée des juges face à la prétendue passivité de la victime. Rappelons en effet qu’en 2008, durant ces mêmes festivités de San Firmin, Nagore Laffage a trouvé la mort aux mains de Diego Yllanez Vizcay, parce qu’elle a résisté à sa tentative de viol. Il a été libéré à peine huit ans plus tard, malgré le fait qu’il avait essayé de camoufler l’homicide à l’époque, et il exerce même actuellement sa profession de psychiatre. Rappelons également que, plus récemment, le cas de Diana Quer, dont le corps a été retrouvé en décembre 2017, illustre aussi dramatiquement cette même problématique du risque évident qu’encourent les victimes de viol qui résistent. Les différentes concentrations citoyennes ont d’ailleurs souligné l’injustice de ce choix, scandant parmi leurs slogans cette affirmation indéniable : « s’ils ne nous tuent pas, on ne nous croit pas ».
Bien que la problématique de l’absence de violence physique émerge sans pertinence dans bien de cas de viol, il est particulièrement inconcevable qu’elle apparaisse dans celui-ci. En le considérant, l’opinion formulée par certains juristes qui voient en ce cas une « opportunité perdue » pour faire avancer la législation afin d’en diminuer les éventuelles perspectives machistes prend en effet tout son sens. Parfois, formuler clairement les faits aide à les concevoir de façon plus nette. Il est possible donc de préciser ici que les juges de ce cas prétendent nous convaincre que les faits s’étant déroulés cette nuit là sont qu’une adolescente moyenne de 18 ans a manifesté, après 20 minutes de conversation avec 5 inconnus, son désir d’entretenir avec eux dans une entrée d’immeuble voisine des rapports sexuels consentis qui comprenaient des pénétrations orales, vaginales et anales, souvent simultanées. Après avoir clairement formulé l’hypothèse émise par le tribunal, il ne fait pas de doute qu’elle présente des coïncidences notoires avec l’un de ces scénarios où une blonde aux seins démesurés finit par pratiquer toutes les positions du kama-sutra avec un plombier qui par hasard se trouvait dans le secteur. Or, précisément en raison de ces coïncidences, la façon dont sont considérés les faits conduit certain-e-s d’entre nous bien plus à se demander quelle sorte de fictions visionnent le soir les magistrats qu’à douter du fait que la victime ait bien été violée.
C’est d’ailleurs plutôt le contraire qui se produit : précisément parce qu’elle traduit de toute évidence les fantaisies sexuelles véhiculées par la pornographique androcentrée, la scène nous semble dire explicitement sa nature. Au cas où elle ne se serait pas suffi à elle-même, il est toutefois possible de signaler que, outre le fait que les cinq agresseurs étaient des adultes, trois d’entre eux avaient un casier judiciaire : Jose Angel Prenda a été condamné à deux ans de prison pour un vol commis en 2009 ; Angel Boza Florido a été condamné à neuf mois, dont il s’est acquitté en travaillant pour la communauté, pour conduite sous l’effet de l’alcool et des drogues ; Alfonso Jesús Cabezuelo, ancien soldat, a été condamné à deux ans de prison en 2015 pour un délit de lésions commis en 2013.
Ceux qui parmi nous ne sont pas des juristes n’ont pas vraiment bien compris les raisons pour lesquelles le tribunal n’a pas accepté en guise de preuve l’échange de whatsapp des condamnés avec leurs amis – bien d’entre nous auraient poursuivi pour non assistance à personne en danger ceux qui ont répondu au message « on se fait une à cinq » qu’illustrait une vidéo. Nous comprenons encore moins à présent une décision qui semble s’avancer de façon dramatique sur le chemin de la partialité.
Gustav Moreau, "Le sphinx victorieux" (détail), 1886.
En France nous soutenons le Parti pour la Décroissance et le NPA:
Justicia y machismo : la sentencia de “La Manada”
Renovando el ya conocido problema de la violencia física en los casos de agresión sexual, el tribunal de la audiencia provincial de Navarra, dictó ayer sentencia contra el grupo conocido como « La Manada » en el caso de una violación colectiva sucedida durante las festividades de San Fermín en 2016. La sentencia, que opta por categorizar el delito como abuso y no como agresión, precisamente a causa de la pretendida ausencia de violencia apreciada por los jueces, ha causado una auténtica oleada de indignación en toda España. En efecto, los hombres han sido condenados a nueve años de prisión, contra los 22 que solicitaba la fiscalía, y no se reconoce la violación, hecho que se añade como violencia de cara a los estragos psicológicos que ahora le quedan por confrontar a la víctima.
Más allá de que ya han sido ampliamente estudiados por la psicología los mecanismos de sideración y disociación que causa con frecuencia el terror extremo, y que es probable que interviniesen en la confrontación de una niña de 18 años con 5 hombres adultos, dos de los cuales respectivamente guardia civil y soldado, la actualidad ha provisto de suficientes casos notorios de resistencia a una agresión sexual que terminó mal como para que la opinión pública española pueda siquiera concebir la supuesta incomprensión de los jueces frente a la pretendida pasividad de la víctima. Recordemos en efecto que en 2008, en esta misma festividad de San Fermines, Nagore Laffage encontró la muerte a manos de Diego Yllanez Vizcay por resistir a su tentativa de violación, siendo este liberado apenas ocho años después a pesar de que intentó camuflar el homicidio. Yllanez ejerce incluso actualmente su profesión de psiquiatra. Recordemos también que, más recientemente, el caso de Diana Quer, cuyo cuerpo ha sido encontrado en diciembre de 2017, ilustra también dramáticamente esta misma problemática del riesgo evidente que corren las víctimas de violación que se resisten. Las distintas concentraciones ciudadanas han remarcado de hecho la injusticia patente de esta disyuntiva, repitiendo entre sus eslóganes esta afirmación innegable : “si no nos matan, no nos creen”.
Si bien la problemática de la ausencia de violencia física se plantea sin fundamento en muchos casos de violación, resulta particularmente inconcebible que se plantee en este. Cobra por ello especial sentido la valoración que han hecho algunas juristas de enfocar el caso como “oportunidad perdida” de hacer avanzar la legislación hacia un menor enfoque machista. A veces formular claramente las cosas ayuda a verlas con mayor nitidez. Por eso cabe explicitar aquí que los jueces de este caso pretenden convencernos de que lo sucedido esa noche es que una adolescente media de 18 años manifestó, tras 20 minutos de conversación con 5 desconocidos, su deseo de tener con ellos en un portal aledaño relaciones sexuales consentidas que incluían penetraciones orales, vaginales y anales, muchas veces simultáneas. Tras formular claramente la hipótesis de sus señorías, no nos cabe duda de que la escena presenta sin duda coincidencias señeras con uno de esos guiones en los que una rubia de senos desmedidos termina practicando el kama-sutra con un fontanero casual que pasaba por allí, pero precisamente por ello, la valoración que de los sucesos hacen nos lleva a much@s más a preguntarnos qué clase de ficciones visionan por las noches sus señorías que a dudar del hecho de que aquella chica ha sido violada.
Más bien al contrario : precisamente porque a todas luces traduce las fantasías sexuales vehiculadas por la pornografía androcéntrica, la escena nos parece explícita sobre su naturaleza. Cabe no obstante, por si fuera poco, mencionar aquí que, aparte de ser adultos, tres de los cinco agresores tenían antecedentes penales : Jose Angel Prenda fue condenado a dos años de cárcel por un robo cometido en 2009 ; Angel Boza Florido fue condenado a nueve meses que saldó con trabajos para la comunidad por conducir bajo los efectos del alcohol y las drogas ; Alfonso Jesús Cabezuelo, ex soldado, fue condenado a dos años de cárcel en 2015 por un delito de lesiones cometido en 2013.
Los que no somos juristas no entendimos bien por qué el tribunal no aceptó en su momento como prueba el intercambio de whatsapp de los condenados con sus amigos –muchos habríamos imputado por omisión del deber de socorro a los que respondieron al mensaje “follándonos a una entre cinco” que ilustraba un vídeo. Todavía entendemos menos ahora una decisión que sólo parece ahondar y ahondar en el camino de la parcialidad.
En España apoyamos a Iniciativa Feminista y a PACMA:
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