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Billet de blog 31 janvier 2026

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Anachronisme et dystopie : la géopolitique de la guerre de Donald Trump

Bien que la montée en arbitrarité et autoritarisme de Donald Trump ait été progressive depuis son premier mandat, elle a atteint dernièrement de tels sommets qu’il ne laisse d’autre choix à la sphère internationale que de réagir et se positionner.

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Février 2026

Depuis les années 1990, après la guerre froide, le monde multipolaire s’est peu à peu configuré. La dislocation de l’URSS et sa perte de vitesse économique ont laissé la place à des puissances de longue date, comme la France ou le Royaume-Uni, mais aussi à des puissances émergentes, comme la Chine, le Japon, l’Inde, l’Iran ou le Brésil. En parallèle à la tension bipolaire qui avait structuré la géopolitique planétaire par le passé, un monde de droits semblait avoir émergé, qui berce la population de la planète de l’illusion que le cauchemar des guerres mondiales a été définitivement écarté. L’ONU était venue remplacer la Société des Nations, dès 1945, pour faire ratifier par tous les états membres les valeurs du maintien de la paix et la sécurité internationale, notamment par la protection des droits de l’Homme, l’aide humanitaire, le développement durable, la garantie du droit international. Sa capacité à le faire devait être assurée par la possibilité de dispenser des sanctions et d’opérer des interventions militaires. Puis, des changements culturels notoires, portés par des mouvements internationaux tels que Mai 68, la mobilisation contre la guerre du Vietnam ou la défense de l’environnement et de la paix, avaient accompagné l’effort institutionnel.

A l’horizon des années 2000, cette douce promesse s’éloigne déjà. La droite entreprend une montée encore vacillante, après l’embourgeoisement progressif de la gauche. Elle croît aujourd’hui avec assurance, un nombre considérable de pays ayant évolué même vers l’extrême-droite. La logique de la guerre s’étend par le monde comme un incendie -l’horrible conflit Israël-Palestine tombant même dans le colonialisme le plus brutal et le génocide-, jusqu’à l’émergence du cauchemar Donald Trump, qui plonge aujourd’hui dans l’inconcevable, avec le kidnapping de Nicolas Maduro et les menaces sur le Groenland. Pour celles et ceux qui étaient déjà terrorifiés par George Bush, nous sommes servis. Donald Trump représente le retour aux aspects les plus belliqueux, conservateurs, colonialistes et autoritaires des Etats-Unis, le retour à ses heures les plus sombres. Son premier mandat lui permet déjà d’affirmer ses tendances liberticides et d’extrême-droite : les droits des femmes et des minorités sont sérieusement entamés, l’arrêt Roe v. Wade, qui protégeait le droit à l’avortement dans tout le pays depuis 1973, perdant son effet en 2022 et laissant le champ libre à chaque Etat pour promulguer sa loi -donc, donnant l’occasion aux plus conservateurs d’interdire l’avortement dans les faits ; les lois sur l’immigration se durcissent ; commence une purge idéologique des milieux académiques … Dans son deuxième mandat, Trump s’acoquine bien avec des improbabilités comme le libertarien Javier Milei, en Argentine, qui, dans la poursuite de son rêve d’un capitalisme dérégulé et un Etat minimal, a même souhaité la vente de bébés et d’organes et dont les politiques catastrophiques ont porté le taux de pauvreté dans le pays à 50%, entre autres.

Récemment, Donald Trump réalise l’impensable, kidnappant Nicolas Maduro. Certes le régime vénézuélien avait, depuis longtemps, beaucoup déçu, y compris à gauche : Maduro était devenu un fantoche plongé dans des affaires de corruption et se maintenant par la répression, bien loin des promesses de renouvellement de la gauche qu’avait incarné le « virage à gauche » de l’Amérique Latine, entrepris après l’ascension de Hugo Chavez. Pour autant, rien ne saurait justifier des faits aussi grotesques et arbitraires que ceux auxquels nous avons assisté. Enlevé à Caracas, Nicolas Maduro a été transféré de force à New York, puis incarcéré, pour être jugé pour complot et narcoterrorisme. Les déclarations ultérieures de Trump ont été, hélas, dans la ligne de l’événement. Il s’est vanté d’avoir réalisé une opération brillante, qui constitue une démonstration de la force du pays. Pas une seule fois, il a fait allusion à la démocratie. Il a assuré que les Etats-Unis dirigeraient le Venezuela jusqu’à ce qu’il ait effectué sa « transition », mais il a déclaré simultanément souhaiter exploiter ses immenses ressources pétrolières. Les mesures qu’il prend sont incohérentes, erratiques : s’il kidnappe le président, il accepte que la direction du pays soit confiée à sa vice-présidente, Delcy Rodríguez, et refuse même de la confier à la prix Nobel de la paix Corina Machado, opposante de tête de Maduro, au prétexte qu’elle n’aurait pas le soutien suffisant pour diriger le pays. Elle s’est pourtant félicitée sur les réseaux sociaux de l’intervention américaine. L’appareil maduriste reste en place à Caracas, comme le régime d’exception hors du cadre démocratique. Tout en affirmant que Maduro reste le président légitime du Venezuela, Rodriguez assure qu’elle coopérera, ce qui n’empêche pas Donald Trump de la menacer de payer un prix « plus élevé que Maduro » si elle venait à ne pas le faire. Trump énonce directement son intérêt -le pétrole-, sans s’embarrasser d’avancer des preuves quant au maigre et rocambolesque prétexte qu’il arbore -le narcotrafic. Un cap est franchi quant aux interventions déjà insupportables de l’administration Bush. Des chercheurs ont même assimilé la position à celle la doctrine de sécurité Monroe de 1823. Elle a été la clé de la politique étrangère des Etats-Unis et tient en une phrase d’avertissement, destinée aux puissances européennes : « L’Amérique pour les Américains ». Elle met en garde sur le fait que les Amériques ne sont plus ouvertes à la colonisation et que toute intervention européenne sera assimilée à une menace pour la sécurité et la paix. Si la façon dont le premier gouvernement Trump aborde la présence économique grandissante de la Chine sur le continent la remettent déjà au goût du jour, elle resurgit avec plus de force dans ses déclarations explicites sur sa volonté de s’approprier, non seulement le pétrole du Venezuela, mais aussi les minéraux rares du Groenland, dont il convoite par ailleurs sa position stratégique, affirme-t-il.

Le geste de Donald Trump à l’égard du Venezuela est en soi anachronique et dystopique, il laisse à toute la planète une sensation de mauvais rêve. Il évoque tout le passé où les Etats-Unis ont fait sans scrupules ni maquillage la loi sur la planète. L’époque de l’expansion, où ils s’approprient en 1848 la moitié du Mexique, après la guerre américano-mexicaine, puis installent la politique du « Big Stick » de Roosevelt. L’époque de la guerre froide, où ils forment aux méthodes les plus bestiales et endoctrinent à l’anticommunisme les cadres militaires des futures dictatures latino-américaines dans l’Ecole des Amériques, puis le peu de conscience d’Eisenhower. L’époque post 11 septembre 2001, avec les guerres d’Irak puis d’Afghanistan.

L’administration Trump revient tant et si bien vers l’autoritarisme et le conservatisme les plus sinistres, qu’elle bafoue les droits humains fondamentaux sur son propre sol de la façon la plus expéditive et décomplexée. C’est à Minneapolis que les Agents de l’immigration et des douanes (ICE) exécutent purement et simplement deux personnes venues défendre des migrants brutalisés : Renee Good, le 7 janvier, et Alex Pretti, le 24 janvier. Cela se produit, en outre, dans un cadre précis : depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, l’ICE est devenue une milice paramilitaire qui fait régner la terreur aux Etats-Unis, à la suite de la promesse électorale du président d’expulser 1 million de personnes par an. Dotée d’un budget de 85 milliards de dollars, elle est l’agence fédérale la mieux dotée. Hélas, elle se caractérise par un arbitraire qui excède la démocratie. Le site The Trace a dévoilé que, durant le premier mandat de Trump, 23 personnes sont mortes dans 59 fusillades initiées par des agents de l’ICE, sans que cela entraîne des poursuites judiciaires. L’ICE gère un réseau de prisons où sont détenues plus de 70 000 personnes : en 2025, 32 personnes y sont décédées.

Les décès de Renee Good et Alex Pretti sont deux assassinats purs et simples, banalisés et ignorés par l’administration Trump, mais assez perçus par les citoyens et une partie de l’institution pour susciter des réactions fortes. A Minneapolis et New York, de nombreuses personnes bravent le froid glacial pour exprimer dans la rue leur indignation ; même chose en Californie, où des milliers de personnes se réunissent à Los Angeles, San Francisco, San Jose et Oakland. A Minneapolis, un hommage signifié par des bougies placées devant les maisons est rendu à Alex Pretti. Du côté de l’institution, l’Etat du Minnesota saisit la justice pour demander que soient suspendues sur son territoire les opérations de l’ICE, puis pour exiger que les responsables fédéraux donnent accès aux preuves concernant le décès d’Alex Pretti, alors qu’ils avaient refusé de le faire pour celui de Renee Good. La gouverneure du Maine, Janet Mills, tente aussi de faire retirer les agents de l’ICE de son Etat, demandant à s’entretenir avec Trump. La maire de Los Angeles, Karen Bass, soutient officiellement l’action en justice fédérale, réclamant l’arrêt du déploiement d’agents fédéraux par l’administration Trump.

Le gouvernement Trump répond, hélas, aux mouvements sociaux en cohérence avec ce qui est désormais devenu sa logique habituelle : il s’obstine à rejeter la faute sur Renee Good et Alex Pretti et à protéger les forces de l’ICE, pourtant criminelles. Le ministère de la Sécurité intérieure qualifie même Pretti de « terroriste intérieur ». La procureure générale, Pam Bondi, adresse, quant à elle, le 24 janvier une lettre à l’élu démocrate Tim Walz, l’accusant d’être responsable de la situation. Elle exige dans cette lettre que les autorités du Minnesota livrent les dossiers des bénéficiaires des aides sociales, cessent de refuser la coopération avec les autorités fédérales à propos de l’immigration et transmettent les listes électorales au ministère de la justice. 

Trump avance à grand pas sur le chemin du retour à la politique guerrière et à la pensée dite virile -et qui exacerbe, en tout cas, les pires valeurs incarnant la masculinité selon le patriarcat. Elle a surtout accompagné la montée du fascisme par le passé. En faisant cela, il éloigne dangereusement d’autres mondes souhaitables, en mon cas celui de la non-violence politique. Des sociétés qui permettent à l’individu de grandir et s’épanouir, mais respectent la différence et s’organisent en collectivité. Un monde équilibré, respectueux, harmonieux et qui vit en symbiose avec la nature. Il est urgent de combattre Donald Trump et ce qu’il incarne, car il influe déjà notre monde multipolaire, ressuscitant les clivages et banalisant l’agression. Jadis, l’horreur de la deuxième guerre mondiale a poussé l’humanité, portée par une impulsion de « plus jamais ça », à prendre une série de mesures pour la paix et la justice internationales. Retrouvons impérativement cette lucidité, cette conscience, et donc cet état d’esprit, car les ténèbres nous assaillent déjà.

ICE - Le bras armé de Trump - Regarder le documentaire complet | ARTE

Illustration 1

 Gustav Moreau, Le Victorieux Sphinx (détail), 1886. 

Anacronismo y distopía: la geopolítica de la guerra de Donald Trump

Aunque la arbitrariedad y el autoritarismo de Donald Trump hayan ido progresando desde el primer mandato, han alcanzado últimamente tales extremos que no dejan otra opción a la esfera internacional que la de reaccionar y posicionarse.

Febrero de 2026 

Desde los años 1990, tras la guerra fría, se ha ido configurando el mundo multipolar. La dislocación de la URSS y su pérdida de relevancia económica dejan sitio a potencias reconocidas, como Francia o Reino Unido, pero también a otras emergentes, como China, Japón, India, Irán o Brasil. A la par que reina la tensión bipolar que estructura la geopolítica mundial, un mundo de derechos parece haber nacido, creando para la población del planeta la ilusión de que la pesadilla de las guerras mundiales se ha esfumado. La ONU remplaza la Sociedad de las Naciones, desde 1945. Todos los estados miembros ratifican los valores de preservar la paz y la seguridad internacional, protegiendo los derechos humanos, la ayuda humanitaria y el desarrollo sostenible y garantizando el derecho internacional. Asegura su capacidad para llevarlo a cabo el poder dispensar sanciones e intervenir militarmente. Cambios culturales notorios, llevados por movimientos internacionales como mayo del 68, la movilización contra la guerra del Vietnam o la defensa del medio ambiente y la paz, acompañan el esfuerzo institucional.

En los 2000, ya se aleja esa dulce promesa. La derecha empieza una progresión todavía vacilante, después del aburguesamiento de la izquierda. Hoy se expande con fuerza, un número considerable de países situándose incluso en la extrema derecha. La lógica de la guerra se extiende por el mundo, como un incendio -el atroz conflicto entre Israel y Palestina hasta incurre en el colonialismo más brutal y el genocidio. Finalmente, emerge la pesadilla Donald Trump, que cae actualmente en lo inconcebible, secuestrando a Nicolás Maduro y amenazando a Groenlandia. Para los que no soportaban a George Bush, otra vuelta de tuerca. Donald Trump representa la vuelta de los aspectos más belicosos, conservadores, colonialistas y autoritarios de Estados Unidos, el regreso a sus horas más oscuras. Durante el primer mandato, afirma ya sus tendencias liberticidas y de extrema derecha: los derechos de las mujeres y de las minorías retroceden seriamente, la sentencia Roe contra Wade, que protegía el derecho al aborto en todo el país desde 1973, perdiendo efecto en 2022 y dejando que cada Estado promulgue su ley - dando la oportunidad a los más conservadores de prohibirlo en los hechos; las leyes sobre la inmigración se hacen más rígidas; comienza una purga ideológica en los medios académicos… Durante el segundo mandato, Trump se muestra conciliador con improbabilidades como el ácrata neoliberal Javier Milei, en Argentina, que, persiguiendo el sueño de un capitalismo no regulado y un Estado al mínimo, incluso ha anhelado la venta de órganos y bebés y cuyas políticas catastróficas han llevado la tasa de pobreza del país al 50%, entre otras cosas.

Recientemente, Donald Trump realiza algo inaudito, secuestrando a Nicolás Maduro. Desde luego, el régimen venezolano había defraudado mucho, incluso a izquierda: Maduro se había convertido en un fantoche sumido en escándalos de corrupción y manteniéndose mediante la represión, lejos de las promesas de renovación de la izquierda que había encarnado el “giro a la izquierda” en América Latina, iniciado con la ascensión de Hugo Chávez. Sin embargo, nada justifica los hechos tan grotescos y arbitrarios que hemos presenciado. Secuestrado en Caracas, Nicolás Maduro ha sido transferido a la fuerza a Nueva York y encarcelado, para ser juzgado por complot y narcoterrorismo. Las declaraciones de Trum, por desgracia, han seguido la línea del acontecimiento. Ha alardeado de haber llevado a cabo una operación brillante, una demostración de la fortaleza del país. Ni una sola vez ha aludido a la democracia. Ha asegurado que los Estados Unidos dirigirán Venezuela hasta que se efectúe la “transición”, pero declara a un tiempo desear explotar sus recursos petrolíferos. Las medidas que adopta son incoherentes, erráticas: aunque secuestra al presidente, acepta que se le confíe la dirección del país a su vicepresidenta, Delcy Rodríguez, e incluso se niega a confiársela a la premio Nobel de la paz Corina Machado, principal oponente de Maduro, bajo pretexto que no goza de suficiente apoyo en el país. Y sin embargo se ha felicitado en las redes sociales de la intervención estadounidense. El aparato madurista se mantiene en Caracas, como el régimen de excepción antidemocrático. A la vez que afirma que Maduro es el legitimo presidente de Venezuela, Rodríguez asegura que cooperará, lo que no impide a Donald Trump amenazarla con pagar un “precio mas alto que Maduro” si no lo hiciera. Trump menciona directamente su interés -el petróleo-, sin preocuparse ni por probar el pobre y descabellado pretexto que esgrime -el narcotráfico. Otra vuelta de tuerca en cuanto a las intervenciones ya insoportables de la administración Bush. Algunos investigadores incluso han asimilado la posición a la de la doctrina Monroe de 1823. Ha sido la clave de una política exterior de Estados Unidos, cabe en una frase de advertencia, destinada a las potencias europeas: “América para los americanos”. Avisa de que Estados Unidos ya no se puede colonizar y que toda intervención europea será asimilada a una amenaza para la seguridad y la paz. Si la forma en que el primer gobierno de Trump aborda la presencia económica creciente de China en el continente la resucita, se afirma con más fuerza en las declaraciones explicitas sobre su intención de apropiarse, no sólo del petróleo de Venezuela, sino también de las tierras raras de Groenlandia, cuya posición estratégica también codicia, afirma.

El gesto de Donald Trump hacia Venezuela es en sí anacrónico y digno de una distopia, deja a todo el planeta con una sensación de pesadilla. Evoca el pasado en que los Estados Unidos han impuesto su dominación sin escrúpulos ni maquillaje por todo el planeta. La época de la expansión, en la que se apropian en 1848 la mitad de México, tras la guerra americano-mexicana, e instalan la política del “Big Stick” de Roosevelt. La época de la guerra fría, en la que forman a los métodos mas bestiales y adoctrinan al anticomunismo a los mandos militares de las futuras dictaduras latinoamericanas en la Escuela de las Américas, y los pocos escrúpulos de Eisenhower. La época post 11 de septiembre de 2001, con la guerra de Irak y de Afganistán.

La administración Trump regresa hasta tal punto hacia el autoritarismo y el conservatismo más siniestros, que vulnera los derechos humanos fundamentales en su propio territorio de la forma más expeditiva y asumida. Es en Mineápolis donde los Agentes de la inmigración y de aduanas (ICE) ejecutan pura y simplemente a dos personas que habían ido a defender a migrantes brutalizados: Renee Good, el 7 de enero, y Alex Pretti, el 24 de enero. Ello se produce, además, en un marco preciso: desde el retorno de Trump a la Casa blanca, la ICE se ha convertido en una milicia paramilitar que hace reinar el terror en Estados Unidos, como consecuencia de la promesa electoral del presidente de expulsar a 1 millón de personas al año. Dotada de un presupuesto de 85 mil millones de dólares, es la agencia federal mejor dotada. Por desgracia, la caracteriza una arbitrariedad que excede la democracia. La pagina The Trace ha revelado que, durante el primer mandato de Trump, 23 personas murieron en 59 fusiladas de agentes del ICE, sin que ello conllevara encausamientos. La ICE gestiona una red de prisiones en la que se encuentran detenidas mas de 70.000 personas: en 2025, fallecieron 32 personas.

Las muertes de Renee Good y Alex Pretti son dos asesinatos, simple y llanamente, banalizados e ignorados por la administración Trump, pero lo bastante percibidos por la ciudadanía y una parte de la institución como para suscitar reacciones masivas. En Mineápolis y Nueva York, numerosas personas desafían el frío glacial para expresar en la calle su indignación; lo mismo ocurre en California, donde miles de personas se reúnen en Los Ángeles, San Francisco, San José y Oakland. Mineápolis, rinde homenaje a Alex Pretti colocando velas ante las casas. Por parte de la institución, el Estado de Minnesota presenta una denuncia para pedir que se detengan las acciones de la ICE sobre su territorio y exigir que los responsables federales den acceso a las pruebas referidas al fallecimiento de Alex Pretti, pues se habían negado a ello con el de Renee Good. La gobernadora del Maine, Janet Mills, también intenta que se retire a los agentes de ICE de su Estado, solicitando una entrevista con Trump. La alcaldesa de Los Ángeles, Karen Bass, apoya oficialmente la denuncia, reclamando el cese de las intervenciones de los agentes federales del gobierno de Trump.

El gobierno de Trump responde, por desgracia, a los movimientos sociales en línea con lo que se ha convertido en su lógica habitual: se obstina en hacer responsables a Renee Good y Alex Pretti y proteger las fuerzas de la ICE, no obstante criminales. El ministerio de Seguridad interior incluso ha calificado a Pretti de “terrorista interior”. La fiscal general, Pam Bondi, dirige, en cuanto a ella, el 24 de enero una carta al político demócrata Tim Walz, acusándole de ser responsable de la situación. Exige en esa misma carta que las autoridades de Minnesota transmitan los expedientes de los beneficiarios de ayudas sociales, cesen de negarse a cooperar con las autoridades federales en el ámbito de la inmigración y transmitan las listas electorales al ministerio de justicia.

Trump avanza a marchas forzadas sobre el camino de regreso a la política guerrera y supuestamente viril -y que exacerba, en todo caso, los peores valores que encarna la masculinidad según el patriarcado. Ha acompañado sobre todo la progresión del fascismo en el pasado. Al hacerlo, se aleja peligrosamente de otros mundos deseables, en mi caso el de la no-violencia política. Sociedades que permiten al individuo crecer y desarrollarse, pero respetan la diferencia y se organizan en colectivo. Un mundo equilibrado, respetuoso, armonioso y que vive en simbiosis con la naturaleza. Urge combatir a Donald Trump y lo que representa, pues influye ya en nuestro mundo multipolar, resucitando las particiones y banalizando la agresión. Anteriormente, el horror de la segunda guerra mundial había empujado a la humanidad, impulsada por el “nunca más”, a tomar una serie de medidas en favor de la paz y la justicia internacionales. Reanudemos imperativamente con esa lucidez, esa consciencia, y por tanto ese estado de ánimo, pues las tinieblas nos cercan ya.

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