Interpellation sur l'obligation vaccinale et la prolongation de l'EUS

Interpellation des Parlementaires sur le texte proposant la vaccination obligatoire et probablement la prolongation de l’état d’urgence sanitaire

La loi sur la vaccination obligatoire déposée le 31 aout est visible ici: http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl20-811.html ainsi que l’exposé des motifs ici :http://www.senat.fr/leg/exposes-des-motifs/ppl20-811-expose.html

Lettre aux parlementaires envoyée Septembre 2021:

Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Vous aurez à vous prononcer très prochainement sur plusieurs textes proposant la vaccination obligatoire et très probablement également la prolongation de l’état d’urgence et du passe sanitaire au-delà du 15 Novembre. Lourdes responsabilités qui reposent sur vos épaules de parlementaire, et qui engageront notre santé et celle de nos enfants bien sûr, mais aussi, de façon moins directe, notre démocratie et nos libertés fondamentales. Il n’est ni réaliste ni raisonnable de prendre de telles décisions sans se donner le temps de l’écoute des divers points de vue, de l’analyse et de la délibération, avant d’arbitrer pour telle ou telle option. L’argumentation de l’urgence ne tient plus depuis longtemps et ne peut justifier une décision parlementaire prise en procédure accélérée.  La défiance envers les institutions, déjà considérable, ne peut que s’accroître, voire se traduire en révolte si – et lorsque – les faits questionneront et invalideront vos choix. Nous vous demandons de porter et de soutenir l’organisation d’un véritable débat, contradictoire et approfondi, associant experts, scientifiques et citoyens, qui éclairerait vos choix tout en réinstaurant la confiance de nos concitoyens. Un tel débat est également proposé par Jacques Testard, Président d’honneur de la fondation Sciences Citoyennes. Source : https://sciences-critiques.fr/covid-19-place-aux-citoyens-eclaires/

Pour illustrer la nécessité de ce débat contradictoire, permettez-nous de revenir sur l’argumentation retenue lors du débat parlementaire de fin Juillet dernier, où il a été affirmé par le gouvernement et par nombre de parlementaires que l’immunité collective était l’objectif recherché de l’encouragement à la vaccination de masse via le passe sanitaire, comme une porte de sortie définitive de la crise du Covid 19. Cette immunité collective serait atteinte lorsque 80 ou 90 % de la population serait vaccinée.

► Pourtant, dès le 18 février, plusieurs membres du Conseil Scientifique, incluant le Prof. Delfraissy, avaient écrit au Lancet pour exprimer leurs doutes sur la possibilité d’atteindre l’immunité collective grâce à la vaccination, du fait des phénomènes observés de baisse rapide de l’efficacité de la vaccination dans le temps, et de « l’échappement immunitaire » lié au fait que le virus Covid mute rapidement. Ils précisent même que ces mutations ont été accélérées par la vaccination de masse. Dès lors, ils reconnaissaient explicitement que les avantages de la vaccination étaient essentiellement individuels (puisqu’elle permet probablement de diminuer les formes graves), mais que la perspective de l’immunité collective risquait d’être de plus en plus lointaine, du fait de la sélection de variants résistants. « If substantial immune evasion occurs, current vaccines are likely to still offer some benefit to individuals. At the population level, however, they could induce viral selection and escape, making the prospect of achieving herd immunity increasingly remote. »

Source: Immune evasion means we need a new COVID-19 social contract (thelancet.com)

► D’autre part, comme le soutenait le Gouvernement devant le juge des référés dès mars 2021, le Gouvernement était conscient que la vaccination n’empêchait pas de de devenir porteur de la maladie du Covid-19 et de la transmettre.

Source: Les restrictions de déplacement des personnes vaccinées sont justifiées (conseil-etat.fr)

► Par ailleurs, on savait dès le 17 Juillet, de source officielle israélienne que 90% des nouveaux cas des plus de 50 ans étaient totalement vaccinés, et que 60% des personnes en situation critique ont été vaccinées. L’efficacité du vaccin pour limiter la propagation du virus (sous forme du variant delta) et contre les risques de développer des formes graves était donc « significativement moindre » que ce qui avait été annoncé initialement.

Source : More than 1,000 Israelis test positive for COVID – The Jerusalem Post (jpost.com)

► Dès lors, l’atteinte de l’immunité collective apparaît comme complètement illusoire, puisque les vaccins à ARN messagers disponibles n’empêchent pas la circulation du variant delta du virus. La justification du passe sanitaire est également très discutable d’un point de vue sanitaire, puisque les personnes vaccinées sont autant sinon plus susceptibles de transmettre le variant delta que les non vaccinés testés négatifs.

Source :Herd immunity a ‘mythical’ goal that will never be reached, says Oxford vaccine head (telegraph.co.uk)

► Vous nous objecterez peut-être que ces données n’étaient pas connues à la date du vote du passe sanitaire et de la 7ème prolongation des régimes dérogatoires de gestion de crise sanitaire. Cependant, il y avait déjà de nombreuses informations qui amenaient à douter de la réduction de 95 % des cas graves annoncée par M. Véran, et donc de toute la logique annoncée pour justifier la nécessité d’une vaccination de masse. Pour n’en citer qu’une, le rapport officiel du service de santé britannique du 9 juillet 2021 (Variants of Concern – Technical Briefing n°18), qui ne pouvait être ignoré par M. Véran, indique qu’entre Février et Juin 2021, le variant Delta avait provoqué plus d’hospitalisation et plus de morts chez les vaccinés que chez les non-vaccinés en GB (118 chez les doubles vaccinés, contre 92 chez les non vaccinés). Certes le pourcentage de population vaccinée était plus important que celui des  non-vaccinés, mais ces chiffres  indiquaient déjà  que le taux d’efficacité du vaccin contre les formes graves du delta était bien moindre qu’annoncé.

Source :SARS-CoV-2 variants of concern and variants under investigation (publishing.service.gov.uk)

Ce que nous voulons souligner ici, c’est que vous avez voté la loi du passe sanitaire dans la précipitation, après un débat tronqué, sans vous donner le temps de discuter les amendements, sur la base d’informations incomplètes et d’un modèle qui s’est avéré une fois de plus erroné.

Or, dans un contexte où les informations nouvelles sont produites rapidement, nul ne peut prétendre avoir toute la vérité. La science n’est pas l’apanage de quelques chercheurs prestigieux, mais bien le résultat de la confrontation de points de vue divergents, et le progrès scientifique, depuis Galilée, naît de la controverse et du débat d’idées, n’en déplaise aux censeurs et académies de tous bords, et aux tout puissants lobbys pharmaco-industriels.  Dans la situation actuelle, le processus visant à confronter toutes ces informations et points de vue dans une délibération éclairée, sur la base d’un débat rationnel et contradictoire, mais respectueux, n’en devient que plus nécessaire. Ceci ne peut se faire dans la précipitation.

Nous réitérons donc notre appel pour qu’un véritable débat citoyen contradictoire ait lieu dès maintenant.

Nous demandons que le Parlement refuse de siéger une nouvelle fois en procédure accélérée, dans des conditions et délais qui ne lui permettront pas de mener une enquête et des débats approfondis, lorsqu’il sera appelé à se prononcer sur les nouvelles mesures déjà évoquées par M. Véran ou par certains parlementaires, la prolongation du passe sanitaire ou la vaccination obligatoire.

Le chantage à l’urgence et au gouvernement par la peur n’a que trop duré, de même que l’état d’urgence lui-même, qui est un véritable poison pour la démocratie.  

Refusez une nouvelle prolongation de l’Etat d’Urgence Sanitaire!

Avec nos salutations citoyennes,

Les citoyens en Alerte

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.